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Au Venezuela, Maduro appelle au dialogue, Guaido à la mobilisation

Un partisan de Juan Guaido attache un drapeau lors d'un rassemblement contre le président Nicolas Maduro le jour de la fête de l'indépendance, le 5 juillet 2019, à Caracas.
Un partisan de Juan Guaido attache un drapeau lors d'un rassemblement contre le président Nicolas Maduro le jour de la fête de l'indépendance, le 5 juillet 2019, à Caracas. Manaure Quintero, Reuters

À l'occasion de la fête nationale vénézuélienne, le président Nicolas Maduro a lancé vendredi un nouvel appel au dialogue avec l'opposition, tandis que son rival Juan Guaido a tenté de son côté de regalvaniser ses partisans.

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Une exhortation à "la rue" pour l'un, un appel à l'armée pour l'autre : vendredi 5 juillet, la fête nationale vénézuélienne a été pour le chef de l'opposition Juan Guaido l'occasion de tenter de regalvaniser ses sympathisants, et pour le président Nicolas Maduro une tribune pour vanter son "attachement" à l'armée.

"Ne vous rendez pas ! Nous allons y arriver ! N'ayez aucun doute, nous allons réussir", a lancé Juan Guaido à des sympathisants venus manifester contre le président socialiste, à l'occasion de l'anniversaire de la Déclaration d'indépendance de 1811.

Mais s'ils étaient quelques milliers à manifester contre le "dictateur" Nicolas Maduro vendredi, ils étaient bien plus nombreux dans les rues de la capitale en début d'année à soutenir Juan Guaido, juste après que celui-ci s'était autoproclamé président par intérim.

Face à cette affluence en baisse, l'opposant de centre droit a demandé à ses partisans d'avoir "confiance" dans ses efforts pour déloger Nicolas Maduro du pouvoir. "S'il y a des doutes ? Oui, il y en a. C'est naturel (...), nous écoutons et acceptons les critiques, mais je vous demande d'avoir confiance en nous", a-t-il dit, juché sur une camionnette. "Nous allons continuer à occuper la rue et à mobiliser tout le Venezuela", s'est encore exclamé le président du Parlement.

Pas de nouveau dialogue pour Juan Guaïdo

Pour l'opposant de centre droit, qui bénéficie du soutien d'une cinquantaine de pays dont les États-Unis, le président chaviste est un "usurpateur" qui a obtenu un nouveau mandat grâce à la présidentielle "frauduleuse" de 2018.

Juan Guaido, qui a tenté en vain de susciter un soulèvement armé le 30 avril, s'est aussi engagé sur la voie du dialogue. Deux rounds de pourparlers ont eu lieu en mai à Oslo entre les délégués de l'opposition et ceux du camp présidentiel, sans résultat tangible.

Cette semaine, il a exclu un nouveau dialogue après le décès du capitaine de corvette Rafael Acosta Arevalo. Le militaire, en détention pour avoir participé à une "tentative de coup d'État" déjouée, selon le gouvernement chaviste, est mort samedi 29 juin "après avoir été torturé", selon Juan Guaido.

L'armée "à l'avant-garde"

Dans son discours de vendredi, Juan Guaido a précisé "ne pas avoir peur" du dialogue si ce dernier permet de concrétiser les trois objectifs qu'il lui a assignés : le départ de Nicolas Maduro, la mise en place d'un "gouvernement de transition" et l'organisation d'"élections libres".

Peu de temps auparavant, à l'autre bout de Caracas, Nicolas Maduro a lui-même évoqué le dialogue et a répété son "appel" à un nouveau round, à l'issue du défilé militaire de la fête nationale. Mais il a aussi appelé l'armée, clé de voûte du système politique vénézuélien, à se placer à "l'avant-garde morale, spirituelle, idéologique, physique et matérielle", en disant son "attachement à la famille militaire".

Au plan international, le président vénézuélien est très critiqué en raison de la situation des droits de l'Homme dans le pays.

En présentant un rapport vendredi, la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Michelle Bachelet a dénoncé l'"érosion de l'État de droit" au Venezuela.

Mme Bachelet a toutefois estimé qu'il fallait "donner une opportunité" au gouvernement de mener des réformes, sans fixer de "date butoir".

Nombre "extrêmement élevé" d'exécutions extrajudiciaires

Elle a souligné le "nouvel engagement" de Caracas à la suite de la libération de 62 détenus quelques jours après sa visite et a évoqué la libération de 22 autres personnes, dont le journaliste Braulio Jatar et la juge Lourdes Afiuni.

À Caracas, le Tribunal suprême de justice a confirmé la révision des mesures de détention contre le journaliste et la juge, mais leur libération n'est pas encore effective.

Dans son rapport rendu public jeudi, Michelle Bachelet, qui s'est rendue à Caracas en juin, dénonce aussi un nombre "extrêmement élevé" d'exécutions extrajudiciaires présumées au Venezuela.

Avec AFP

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