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CAN-2019 - Le Béninois Kiki sur France 24 : "Les générations futures s’en souviendront"

Pour David Kiki, le Bénin doit "rester les pieds sur terre".
Pour David Kiki, le Bénin doit "rester les pieds sur terre". Yann Buxeda, France 24

Au lendemain d’une qualification historique, et alors que se profile un quart de finale de CAN-2019 face au tout puissant Sénégal, le Bénin veut poursuivre son épopée. Des étoiles plein les yeux, le défenseur David Kiki s’est confié à France 24.

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envoyé spécial de France 24 au Caire (Égypte)

Défenseur du Stade brestois et sélectionné pour la CAN-2019 avec le Bénin, David Kiki s'est confié au micro de France 24 sur la prestation historique des Écureuils, qui ont éliminé le Maroc aux tirs au but pour rejoindre leur premier quart de finale en coupe d'Afrique. Un stade de la compétition auquel ils retrouveront le Sénégal, première puissance continentale et favori de la compétition.

France 24 : Le Bénin n’était jamais sorti des poules de la CAN et vous voilà en quart de finale… Avez-vous le sentiment d’avoir réalisé quelque chose d’historique ?

David Kiki : Oui, parce que quelque part, on rentre vraiment dans l’histoire. On est fiers de faire partie de cette génération et de donner tant de joie au peuple du Bénin. Le Maroc, on savait que c’était un prétendant au titre, que ça allait forcément être un match compliqué, mais le mental était là. Il n’y a pas si longtemps, la Zambie avait surpris tout le monde et était allée jusqu’en finale [en 2012, où elle avait même remporté le titre, NDLR]. Nous, on s’est dit… Pourquoi pas le Bénin cette année ? Notre qualification, on ne l’a pas volée, on a vraiment tout donné.

Les scènes de liesse au Bénin ont été particulièrement marquantes. Que ressentez-vous à la vue de ces images ?

Franchement… Ce sont des malades ! Mes frères et mes amis m’envoyaient des vidéos… Cela fait des années que le Bénin n’a pas vécu quelque chose comme ça. Nous sommes en train de réaliser quelque chose d’exceptionnel et c’est une vraie fierté de donner autant de joie à notre peuple, juste en jouant au football. C’est exceptionnel, c’est un truc qui va rester gravé tout au long de notre vie, et les générations futures s’en souviendront aussi…

Vous avez débuté votre carrière de footballeur au Bénin. Vous vous imaginiez, un jour, faire partie de la sélection qui allait pour la première fois goûter aux quarts de finale d’une Coupe d’Afrique ?

Quand on débute le football, comme chaque gamin : on rêve de représenter son pays. Rien que le fait de faire partie de cette équipe me rend heureux. Je ne sais pas comment vous dire… C’est quelque chose d’exceptionnel. Moi, quand j’ai commencé à jouer au football au pays, je disais à mes copains qu’un jour, je ferais partie de l’équipe du Bénin et que j’irai à la CAN. Je ne savais pas vraiment si ça allait arriver et quand… Aujourd’hui, mes copains sont fiers de moi, de nous. Maintenant, ils peuvent dire qu’on a un jeune du quartier, du village, qui a qualifié le Bénin en quarts de finale. C’est une immense fierté.

Place maintenant au quart de finale contre le Sénégal. Après avoir sorti l’un des favoris, vous devez avoir emmagasiné plus de confiance, non ?

Non, Il faut avant tout qu’on reste les pieds sur terre. C’est le Sénégal, on les connaît, ce sont des favoris de la compétition. Nous, on est le Bénin, il ne faut pas qu’on oublie ça… On va aborder ce match-là comme on a abordé tous les matchs. Ce n’est pas parce qu’on a fait sauter le Maroc qu’on va se prendre pour un grand d’Afrique. On a commis un exploit, c’est vrai, mais le combat continue.

Dans les plus fous de vos rêves, qu’est-ce que l’on retrouve ? Un titre de champion d’Afrique ?

(Rires) Bon, là, on est en quarts, le rêve c’est de continuer évidemment notre aventure. On rêve, donc rêvons jusqu’au bout…

Vous jouez maintenant pour le Stade Brestois, qui vous a prêté ces derniers mois au Red Star. Une saison en club et une CAN, on imagine bien que ce n’est pas la même chose…

C’est totalement différent. En club, la saison est longue et tu peux te rattraper si tu te loupes. Avec ton pays, tu n’as pas le droit à l’erreur en fait. Toute ta famille, tout le pays te regarde… Quand c’est un club, c’est une ville… Ce n’est pas la même pression, pas les mêmes émotions. Le club, c’est ce qui nous donne à manger pour qu’on puisse accéder à la sélection. Mas porter le maillot de son pays, ce n’est absolument pas comparable.

Passons au jeu pratiqué en France et lors d’une Coupe d’Afrique des nations. Là aussi, quelques différences, non ?

Oui, en Coupe d’Afrique, il y a beaucoup plus d’engagement. Tu n’as pas le droit à l’erreur, tu dois tout donner. Pas de calcul, tu ne penses pas aux cartons jaunes, aux petites douleurs… Tu y vas et puis c’est tout, tu dois être à 200 %. Pas le droit de tricher. Tous les joueurs qui viennent en sélection sont aptes à jouer. Si tu es a 50 % ou 60 %, mieux vaut ne pas se présenter.

Selon vous, quel est le petit plus du Bénin dans cette compétition ?

L’avantage du Bénin, c’est que nous n’avons pas de grand joueur autour duquel on va faire tourner notre jeu. Nous, on a notre équipe, et c’est l’ensemble du groupe qui donne tout. On compte sur tout le monde, pas sur un joueur qui va faire la différence. Notre force, c’est la cohésion.

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