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L'Iran annonce l'enrichissement de son uranium à un niveau prohibé

De hauts responsables iraniens ont donné une conférence de presse pour annoncer la reprise de l'enrichissement d'uranium, le 7 juillet 2019 à Téhéran.
De hauts responsables iraniens ont donné une conférence de presse pour annoncer la reprise de l'enrichissement d'uranium, le 7 juillet 2019 à Téhéran. Hamed Malekpour, Tasnim news, AFP

L'Iran a annoncé dimanche la reprise de l'enrichissement de son uranium à un niveau supérieur à celui prévu par l'accord sur son programme nucléaire conclu en 2015. La France s'inquiète d'une escalade des tensions entre Washington et Téhéran.

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Téhéran a fini par mettre sa menace à exécution. L’Iran a annoncé dans la matinée du dimanche 7 juillet qu'il allait à nouveau réduire son engagement dans l'accord sur ses activités nucléaires conclu en 2015 avec les grandes puissances, en commençant "dans quelques heures" à enrichir l'uranium à un taux plus élevé que la limite de 3,67 % fixée par l'accord.

"Dans quelques heures", le temps de régler quelques détails techniques, l'Iran reprendra l'enrichissement de l'uranium à un taux supérieur à 3,67 %, a déclaré Behrouz Kamalvandi, porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), sans préciser le nouveau taux auquel l'Iran comptait désormais enrichir.

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Les responsables iraniens, qui ont donné une conférence de presse, ont assorti cette annonce d'un ultimatum donnant soixante jours à leurs partenaires pour aider l'Iran à contourner le blocus américain, notamment en vendant son pétrole, sous peine de voir Téhéran renoncer à deux autres de ses engagements.

Pour les Iraniens, il s'agit de créer un électrochoc : si l'accord sur le nucléaire est bon, comme l'affirment les Européens, il doit être bon pour tout le monde et les autres parties doivent faire ce qu'il faut pour le sauver.

Le degré de 5 % d'enrichissement de l'uranium que l'Iran aspirerait à atteindre reste encore nettement en deçà des 20 % d'avant la conclusion de l'accord de 2015, et bien en dessous aussi des quelque 90 % qui conviennent pour une arme nucléaire.

Téhéran avait annoncé le 8 mai son intention de ne plus respecter deux engagements pris aux termes de l'accord nucléaire, limitant ses réserves d'uranium enrichi et d'eau lourde, en réaction au retrait américain du pacte et au rétablissement de sanctions contre Téhéran par Washington.

Macron engage des consultations avec les autorités iraniennes

Quelques heures avant l'annonce iranienne, samedi, le président français Emmanuel Macron s'est entretenu plus d'une heure au téléphone avec son homologue iranien. Il a fait part à Hassan Rohani de sa "forte préoccupation face au risque d'affaiblissement de l'accord nucléaire" iranien et des "conséquences qui s'ensuivraient nécessairement".

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Emmanuel Macron a dit vouloir "explorer d'ici au 15 juillet les conditions d'une reprise du dialogue avec toutes les parties". Les deux dirigeants se sont mis d’accord sur cette date.

À cette fin, "au cours des prochains jours", Emmanuel Macron "poursuivra ses consultations, avec les autorités iraniennes et les partenaires internationaux concernés, pour que s'engage la nécessaire désescalade des tensions", notamment entre Téhéran et Washington, a précisé la présidence française dans un communiqué.

L'AEIA se prononcera après une inspection

En réaction à l'annonce iranienne, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a promis dimanche soir à l'Iran "plus d'isolement et de sanctions".

"Le dernier développement du programme nucléaire iranien conduira à plus d'isolement et de sanctions. Les nations devraient revenir à l'ancienne politique qui interdisait l'enrichissement pour le programme nucléaire iranien. Le régime iranien, équipé d'armes nucléaires, constituerait une menace encore plus grande pour le monde", a tweeté le secrétaire d'État américain.

Plus tôt dans la journée, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exhorté  les puissances européennes à imposer de "dures sanctions" à Téhéran. "C'est une mesure très, très dangereuse", a déclaré le chef de l'État hébreux.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a diéclaré dimanche attendre le rapport de ses inspecteurs en Iran qui doivent vérifier que Téhéran aura bien enrichi de l'uranium à un niveau de pureté supérieur à celui autorisé par le cadre de l'accord nucléaire de 2015.

Avec AFP et Reuters

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