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Téhéran continue de réduire ses engagements sur le nucléaire et blâme les Européens

Drapeau iranien devant le siège de l'AIEA à Vienne en Autriche.
Drapeau iranien devant le siège de l'AIEA à Vienne en Autriche. Reuters (Archive)

L'Iran a annoncé, lundi, avoir dépassé la limite d'enrichissement d'uranium qui lui était imposé selon l'accord conclu en 2015 avec les grandes puissances. Téhéran accuse les Européens ne pas agir pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien.

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Téhéran franchit une nouvelle étape en s’éloignant encore un peu plus du seuil d’uranium enrichi autorisé par l’accord de Vienne. L’Iran a annoncé produire depuis lundi 8 juillet de l'uranium enrichi à plus de 4,5 %, selon le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi, cité par l'agence semi-officielle Isna.

La veille, le pays avait commencé l’enrichissement de son combustible à un degré supérieur à la limite de 3,67 % imposée par l'accord sur le nucléaire iranien de 2015. Une information confirmée par l'AIEA, après une vérification effectuée lundi par les inspecteurs de l'agence internationale de l'énergie atomique en déplacement à Téhéran.

Se disant très "préoccupée" par les dernières annonces iraniennes, l'Union européenne a de son côté exhorté "fortement l'Iran à cesser (...) ses activités qui sont contraires aux engagements pris dans le cadre" de l'accord de Vienne, et à "revenir" aux termes de ce pacte.

Dans des communiqués distincts, Londres et Berlin ont appelé dimanche Téhéran à revenir sur sa décision, Paris faisant part de sa "grande inquiétude" et demandant à l'Iran de cesser toute activité "non conforme" à l'accord.

L'Iran veut montrer "aux Européens que leur passivité a un coût"

D'après Ali Akbar Velayati, conseiller du guide suprême iranien, les besoins du pays pour ses "activités [nucléaires] pacifiques", à savoir l'alimentation en combustible de sa seule centrale électrique atomique correspondent à de l'uranium enrichi à 5 %.Un discours qui se veut rassurant, mais les autorités iraniennes n’en oublient pas moins de montrer que l’option militaire n’est pas exclue, donnant le tempo de cette course contre la montre.

"Pour l'instant, nous n'avons pas besoin de 20 % [taux d’enrichissement de l’uranium] mais si nous le voulions, nous le ferions", a ainsi déclaré Behrouz Kamalvandi. Sachant que pour la fabrication d'une bombe atomique, il faut de l'uranium enrichi à 90 %, mais qu’au-delà des 20 % l’enrichissement d’uranium devient beaucoup plus rapide.

"L'Iran a changé de stratégie, après avoir attendu la réponse des Européens pendant un an [ à la suite du retrait en mai 2018 des États-Unis de l'accord de Vienne et de l'imposition de sanctions américaines], Téhéran veut signifier aux Américains que leur politique a un coût, et aux Européens que leur passivité a un coût", analyse sur France 24 Thierry Coville, chercheur à l'Iris et spécialiste de l'Iran.

En riposte au retrait américain, Téhéran avait, dès le 8 mai, prévenu les états signataires restant dans l’accord de Vienne (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) qu'il commençait à s'affranchir de certains engagements pris. L’idée était de les inciter à l'aider à contourner les sanctions américaines qui le plongent dans une grave crise économique, mais cela n’a pas fonctionné.

Le conseiller diplomatique de Macron en Iran dès mardi

Dimanche, le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, s’en est donc pris en dernier recours aux Européens, à qui il a fait porter la responsabilité de la survie de l'accord de Vienne. Il a affirmé qu'eux seuls avaient les moyens de faire en sorte que l'Iran annule ses mesures, s'ils agissent "en conformité" avec le texte.

Lundi, le porte-parole des Affaires étrangères, Abbas Moussavi a accusé à son tour Paris, Londres et Berlin. Si ces trois capitales "devaient se comporter de manière étrange et inattendue alors nous sauterions toutes les étapes suivantes [du plan de réduction des engagements annoncé en mai] et nous mettrions en œuvre la dernière", a-t-il dit, sans préciser la nature de cette ultime "étape".

En coulisses toutefois, les échanges diplomatiques s’accélèrent. Le conseiller diplomatique du président français Emmanuel Bonne, qui s'était rendu en Iran en juin, se rendra à Téhéran mardi et mercredi pour œuvrer à une "désescalade", selon l'Élysée. À cette même fin, le chef d'État français s'est entretenu lundi par téléphone avec son homologue américain Donald Trump.

Le cas échéant, la commission de résolution des différends de l’accord de Vienne pourrait se réunir, après la rédaction d’un rapport par l’AEIA et la réunion d’une commission conjointe.

Avec AFP

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