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Présidentielle tunisienne : qui est Mounir Baatour, le premier candidat ouvertement gay ?

Mounir Baatour, dans les locaux de la radio LGBT créée par son associations Shams, le 18 décembre 2017, à Tunis.
Mounir Baatour, dans les locaux de la radio LGBT créée par son associations Shams, le 18 décembre 2017, à Tunis. Fethi Belaïd, AFP

Cet avocat de 48 ans, président de la principale association de défense des droits des personnes LGBT, s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle tunisienne du 10 novembre. Un test pour la Tunisie post-révolution.

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C’est une première dans le monde arabe. Mounir Baatour, ouvertement homosexuel et président de l’association Shams qui milite pour la dépénalisation de l'homosexualité en Tunisie, est candidat à l’élection présidentielle tunisienne du 10 novembre 2019.

"Après tant d'années de lutte pour les droits des minorités, j'ai compris que personne ne peut faire le travail mieux que moi", a-t-il déclaré à l’agence de presse Belga.

Cet avocat de 48 ans, également président du parti Libéral Tunisien, fait campagne sur les thèmes qui lui sont chers tels que "l’égalité réelle femme-homme", mais aussi la "défense des minorités" et la "reconnaissance des droits des Amazighs et des personnes LGBTI+".

"Notre programme vise à démocratiser le pouvoir en renforçant le poids du Parlement et en donnant plus de poids aux institutions locales. Sur le plan économique, notre programme vise la croissance de la production et du secteur réel, la création d’emplois et le nettoyage d’une économie artificiellement gonflée et extrêmement dépendante de l’investissement étranger”, a-t-il également annoncé sur sa page Facebook.

"Libérer la Tunisie des vieux partis"

L'article 230 du Code pénal tunisien condamne l'homosexualité à "trois ans d'emprisonnement". Mounir Baatour, lui-même a été emprisonné trois mois en 2013 et les activités de l’association Shams dont il est le président et co-fondateur ont été plusieurs fois suspendues.

"Mon but est de libérer la Tunisie des vieux partis et de la gouvernance traditionnelle qui ont apporté à la Tunisie ses troubles", a déclaré le candidat progressiste au site Raseef 22. Dans le viseur du candidat : le parti islamiste Ennhada. Selon lui, avant "l'arrivée des islamistes au pouvoir – la troïka en 2011, l'alliance entre Nidaa Tounes et Ennahdha en 2014", les persécutions envers les homosexuels en Tunisie étaient moins courantes qu'aujourd'hui.

Reconnu à l’étranger pour son combat pour la défense des droits des homosexuels (il a notamment reçu en 2018 le prix Idaho en France), Mounir Baatour a déjà pu rassembler plus que les 10 000 signatures nécessaires.

Sa candidature a également provoqué des réactions négatives. Parfois insulté et accusé de faire "honte" à la Tunisie sur les réseaux sociaux, Mounir Baatour est menacé dans son activité professionnel. Certains avocats tunisiens ont réclamé sa radiation du barreau, au motif qu’il "porterait gravement atteinte à l’image du barreau", raconte sur Twitter le Conseil national du barreau.

Mounir Baatour dénote aussi dans le paysage politique tunisien par sa position sur Israël. "Il y a deux ans, il a exprimé tout son soutien à l’instauration des relations normalisées avec Israël et a dit qu’il serait heureux de visiter ce pays s’il en avait l’occasion", rappelle le quotidien israélien Haaretz.

Depuis, le président de Shams aurait changé de position, conditionnant la normalisation des relations entre la Tunisie et Israël à la reconnaissance des droits des Palestiniens et à l’instauration d’un accord de paix dans lequel Tunis serait médiateur.

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