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L'ambassadeur britannique aux États-Unis démissionne après la controverse avec Trump

Malgré le soutien de Theresa May, l'ambassadeur britannique aux États-Unis Kim Darroch a annoncé sa démission
Malgré le soutien de Theresa May, l'ambassadeur britannique aux États-Unis Kim Darroch a annoncé sa démission Paul Morigi, AFP

Au cœur d'une tempête diplomatique, l'ambassadeur britannique aux États-Unis Kim Darroch a démissionné mercredi. En cause : la fuite de câbles diplomatiques dans lesquels il qualifie l'administration Trump d'"unique dans son dysfonctionnement".

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Il était au centre d'une tempête diplomatique entre Londres et Washington. L'ambassadeur britannique aux États-Unis Kim Darroch a finalement annoncé sa démission, mercredi 10 juillet, après la fuite de câbles diplomatiques peu flatteurs dans lequels il qualifie le locataire de la Maison Blanche d'"instable" et d'"incompétent" et son administration d'"unique dans son dysfonctionnement".

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"Depuis la fuite de documents officiels provenant de cette ambassade, il y a eu beaucoup de spéculations sur mon poste et la durée de mon mandat d'ambassadeur. Je veux mettre fin à cette spéculation. La situation actuelle m'empêche de remplir mon rôle comme je le souhaiterais", a expliqué Kim Darroch dans une lettre adressée à Simon McDonald, chef des services diplomatiques britanniques.

Nommément visé dans les notes de Kim Darroch, Donald Trump a prévenu lundi, puis mardi qu'il ne travaillerait plus avec lui. "Dans ces circonstances, la voie responsable à suivre est de permettre la nomination d'un nouvel ambassadeur", a conclu le diplomate.

L'éclairage de notre correspondant à Washington, Matthieu Mabin

Theresa May regrette sa démission

Theresa May a déploré la démission du diplomate : "C'est très regrettable qu'il ait jugé nécessaire de quitter son poste d'ambassadeur à Washington", a-t-elle déclaré mercredi lors de la séance hebdomadaire de questions au Parlement. "Un bon gouvernement dépend de la capacité des fonctionnaires à donner des conseils francs et complets. Je veux que tous nos fonctionnaires aient la confiance nécessaire pour le faire."

Cette annonce a également provoqué un certain émoi au Royaume-Uni quant aux conséquences négatives qu'elle aura sur la fonction diplomatique.

"Si le Royaume-Uni ne peut pas protéger les communications diplomatiques et que cela coûte leur carrière aux gens alors que tout ce qu'ils font, c'est exécuter les souhaits du gouvernement, nous allons voir la qualité de nos émissaires se dégrader, leur influence diminuer et cela affaiblira notre pays", a dénoncé Tom Tugendhat, président de la commission parlementaire des Affaires étrangères.

Kim Darroch, 65 ans, est l'un des diplomates britanniques les plus expérimentés avec une carrière longue de 42 ans. Il était arrivé en poste à Washington en janvier 2016, avant la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine. Auparavant, il avait notamment servi comme représentant permanent du Royaume-Uni à Bruxelles de 2007 à 2011 et est perçu comme un europhile.

"Imbécile prétentieux"

Kim Darroch était au centre d'un contentieux entre Londres et Washington depuis la divulgation ce week-end de câbles diplomatiques dans lesquels il juge notamment la présidence américaine "inepte" et "dysfonctionnelle".

Piqué au vif, le milliardaire s'est déchaîné contre l'ambassadeur. "L'étrange ambassadeur que le Royaume-Uni a refilé aux États-Unis n'est pas une personne qui nous emballe, un type très stupide", a-t-il tweeté, réitérant par ailleurs ses attaques contre la Première ministre britannique au moment où le Royaume-Uni se prépare – dans la douleur – à l'après-Brexit.

La Première ministre britannique Theresa May, qui quittera ses fonctions à la fin du mois, avait pourtant renouvelé son soutien mardi à Kim Darroch.

Avec AFP

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