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CAN-2019 : quand les Fennecs redonnent du rêve aux manifestants algériens

Les supporters algériens dans les tribunes du stade Al-Salam, au Caire, lors du match contre la Tanzanie, le 1er juillet 2019.
Les supporters algériens dans les tribunes du stade Al-Salam, au Caire, lors du match contre la Tanzanie, le 1er juillet 2019. Javier Soriano / AFP

En Algérie, le parcours sans faute des Fennecs à la CAN-2019 sonne comme un clin d’œil à la mobilisation sans faille contre le "système" depuis le 22 février. D’aucuns y voient le signe d'une fierté retrouvée.

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Si depuis des mois les Algériens vivent au rythme des manifestations contre "le système", il est une passion qui leur fait investir la rue encore plus spontanément ces derniers temps : le football. Depuis le début de la CAN-2019 en Égypte, le parcours exemplaire des Fennecs dans la compétition reine du continent a remis du baume au cœur à bien des Algériens. Les Verts, éliminés au premier tour lors de l’édition précédente, seule équipe à ne pas avoir encore encaissé de but, font désormais figure de favoris de cette édition.

À chaque victoire, c'est comme un seul homme que les Algériens, supporters ou non, déferlent dans les rues d'Alger et d'ailleurs pour laisser exploser leur joie. Klaxons, youyou, chants... jusqu'au bout de la nuit, ils célèbrent ceux qui leur donne une autre source de fierté. Des scènes de liesse populaire qui ont inondé les réseaux sociaux à l'issue de chaque victoire.

 

Pour certains supporters, il ne fait d'ailleurs aucun doute que la sélection algérienne de football "tire sa force de celle du Hirak" [mouvement de contestation, NDLR] affirme Seif Eddine, étudiant en sociologie qui défile chaque semaine contre le pouvoir.  

"Le Hirak m'a rendu fier d'être Algérien", poursuit-il, pour mieux relever qu'il en est désormais de même du parcours des Fennecs.  "Comme le peuple, la peur a quitté les Verts, ça leur permet de jouer plus sereinement", clame Khalil Zendagui, étudiant en droit à Biskra (400 km au sud-est d'Alger). 

Les chants de supporters omniprésents lors des manifestations

Depuis le 22 février, date du début de la contestation contre le cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika, puis pour le départ du "système", les chants de supporters entonnés d'ordinaire dans les stades ont pris possession de la rue. La casa del Mouradia, chant des tribunes de supporteurs de l’Union sportive de la médina d’Alger (USMA), l’un des plus importants clubs de football du pays, est d'ailleurs devenu l'un des hymnes des marches pacifiques du vendredi.  

"Les Verts nous ont offert de la fraîcheur et de la joie en ces journées de canicule et de doute face à la crise du pays", dit Asma Brahimi, une autre étudiante.  "Le temps des matches, on peut oublier la crise politique", abonde Ahmed Benbrahim, un enseignant à la retraite.

"Nos Fennecs se frayent un petit chemin comme le peuple depuis le 22 février. (...) Et, comme le Hirak, cette équipe est porteuse d'énormes promesses", résume Messaoud Saidane. "Mais le plus dur reste à faire", enchaîne aussitôt ce "mordu de foot".

Yacine Benahmed estime lui aussi qu'il convient pour l'Algérie - dont le dernier titre continental remonte à l'avant guerre civile (1990)- de rester sur ses gardes. Mais, cette fois, au moins, "le pouvoir ne pourra pas récupérer la victoire des Fennecs, car les supporteurs de football forment le cœur battant du Hirak".

AFP

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