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Un forage au large de Chypre crispe les relations entre l'UE et la Turquie

Le navire turc Yavuz qui effectue des recherches pour des forages au large de Chypre.
Le navire turc Yavuz qui effectue des recherches pour des forages au large de Chypre. Bulant Kilic, AFP

Le second navire turc de forage arrivé au large de Chypre poursuivra ses travaux d'exploration, a annoncé Ankara, mercredi. La Turquie estime respecter le droit international et s'oppose à toute exploitation des ressources gazières au large de l'île.

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La découverte de gigantesques gisements gaziers ces dernières années au large de Chypre continue d'exacerber les tensions entre Ankara et Nicosie, donc l'Union européenne (UE). En dépit des mises en gardes des Vingt-Huit, la Turquie a annoncé, mercredi 10 juillet, qu'elle poursuivra ses forages au large de l'île méditerranéenne.

Ankara "rejette" les critiques, a affirmé le ministère dans un communiqué, soulignant que l'un de ses navires a déjà commencé ses forages en mai et qu'un deuxième, le "Yavuz", qui se trouve au large de la péninsule chypriote de Karpas, s'apprête lui aussi à lancer ses travaux d'exploration.

Le communiqué ne donne pas de date pour le début de ces travaux, mais le ministre de l'Énergie, Fatih Sönmez, avait annoncé samedi qu'ils commenceraient "d'ici une semaine".

L'UE, pas "un médiateur impartial"

La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, avait auparavant déclaré que l'UE, qui avait menacé la Turquie de sanctions après l'annonce de l'envoi du navire de forage "Yavuz", répondrait "de façon appropriée, en totale solidarité avec Chypre". Mais le ministère turc des Affaires étrangères a estimé que l'UE ne pouvait endosser "un rôle de médiateur impartial" dans ce dossier.

La France avait également appelé la Turquie à respecter "la souveraineté" de Chypre et à ne pas mettre en danger la "stabilité régionale". La Turquie a annoncé de nouvelles opérations de forage en Méditerranée orientale, y compris dans des zones relevant de la zone économique exclusive de la République de Chypre, selon le ministère français des Affaires étrangères.

L'Égypte et les États-Unis se sont aussi dit "préoccupés" par les nouveaux projets de forage turcs.

Des gisements convoités

Ces dernières années, la Nicosie a signé des contrats d'exploration avec des géants des hydrocarbures comme l'Italien ENI, le Français Total ou l'Américain ExxonMobil.

Mais la République de Chypre, reconnue internationalement, n'exerce son autorité que sur les deux tiers sud de l'île, la partie nord étant occupée par la Turquie depuis son invasion en 1974, en réaction à un coup d'État visant à rattacher le pays à la Grèce.

Ankara, qui a accordé des contrats d'exploration à Turkish Petroleum en 2009 et 2012, s'oppose à toute exploration et exploitation de ces ressources gazières qui excluraient la République turque de Chypre du Nord (RTCN), autoproclamée et non reconnue par la communauté internationale.

Avec AFP

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