Accéder au contenu principal

En Libye, des missiles "hors d'usage" de l'armée française aux mains des forces pro-Haftar

Un soldat américain tire un missile antichar de type Javelin lors d'un exercice près de Várpalota, en Hongrie, le 5 juin 2019.
Un soldat américain tire un missile antichar de type Javelin lors d'un exercice près de Várpalota, en Hongrie, le 5 juin 2019. LaShic Patterson / armée américaine / AFP

Des missiles américains, achetés par l'armée française, ont été retrouvés en Libye aux mains des forces du maréchal Haftar. Le ministère français des Armées, qui a confirmé l'information, a précisé, mercredi, que ces munitions étaient hors d'usage.

Publicité

Paris n’a jamais cédé ou vendu des munitions à "quiconque en Libye", a souligné, mercredi 10 juillet, le ministère français des Armées, après avoir déclaré que des missiles américains Javelin retrouvés le mois dernier en Libye aux mains des forces du maréchal Haftar appartenaient à l'armée française.

Le New York Times avait révélé dans son édition de mardi que quatre missiles antichar Javelin, achetés par la France aux États-Unis, avaient été saisis en juin dans un camp de combattants pro-Haftar à Gharyan, ville située à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Tripoli, dont l’homme fort de l’Est libyen avait fait une base arrière dans son projet de conquête de la capitale.

Ces missiles "appartiennent effectivement aux armées françaises, qui les avaient achetés aux États-Unis. Nous l’avons confirmé à nos partenaires américains", a déclaré le ministère des Armées.

>> À lire aussi : "Malgré l’embargo de l’ONU, les armes continuent d’affluer en Libye"

Le ministère précise que ces armes étaient destinées à "l’autoprotection d’un détachement français déployé à des fins de renseignement en matière de contre-terrorisme".

"Endommagées et hors d’usage, ces munitions étaient temporairement stockées dans un dépôt en vue de leur destruction. Elles n’ont pas été transférées à des forces locales", indique le ministère sans pour autant expliquer comment elles ont fini à Gharyan. Ni pourquoi ces munitions, stockées dans un pays en guerre, n'ont pas été rapidement détruites.

"Il n’a jamais été question ni de vendre, ni de céder, ni de prêter ou de transférer ces munitions à quiconque en Libye", précise encore le ministère.

Les États-Unis ont lancé une enquête

Washington a lancé une enquête pour comprendre comment ces missiles américains étaient arrivés dans un pays théoriquement soumis à un strict embargo sur les armes depuis 2011.

Les armes saisies avaient initialement été soupçonnées d'appartenir aux Émirats, qui avaient fermement démenti.

Selon le New York Times, le département d'État américain a récemment conclu que les missiles Javelin "avaient été originellement vendus à la France", en se fondant notamment sur "leurs numéros de série". Paris avait acheté aux États-Unis quelque 260 missiles Javelin en 2010, selon l'Agence de coopération de sécurité et de défense du Pentagone citée par le NYT.

La France a reconnu avoir apporté du renseignement au maréchal Haftar dans la lutte antijihadistes dans l'est et le sud du pays, mais a réfuté tout soutien militaire dans son offensive contre Tripoli.

En dépit de l'embargo, des livraisons d'armements sont signalées de tous côtés depuis trois mois en Libye, faisant peser la menace d'une guerre par procuration entre puissances régionales. Fayez al-Sarraj est notamment soutenu par la Turquie et le Qatar. Khalifa Haftar bénéficie, lui, du soutien de l'Égypte et des Émirats arabes unis et d'un appui, au moins politique, des États-Unis et de la Russie.

Avec Reuters

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.