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En Somalie, le bilan de l’attaque d'un hôtel de Kismayo s'alourdit

Des forces de sécurité somaliennes dans la ville de Jubbabaland effectuent des contrôles, le 17 août 2015.
Des forces de sécurité somaliennes dans la ville de Jubbabaland effectuent des contrôles, le 17 août 2015. Abdiqani Hassan, Reuters

Au moins 26 personnes sont mortes dans l’attaque d’un hôtel de Kismayo revendiquée par les Shebab. Parmi les victimes, plusieurs étrangers, un ex-ministre de l'administration locale et un député. Le siège s’est terminé, samedi, dans la matinée.

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L’attaque survenue vendredi 12 juillet dans la ville portuaire de Kismayo, dans le sud de la Somalie, a fait au moins 26 morts et près de 60 blessés. Dans l’après-midi, un véhicule piégé a explosé à l'entrée du Medina, un hôtel très fréquenté, selon des sources sécuritaires.

Des hommes armés ont ensuite pénétré dans le bâtiment, où ils ont affronté les forces de sécurité présentes. Les combattants islamistes shebab, qui ont revendiqué l'assaut, ont reproduit là un schéma qu'ils ont l'habitude d'utiliser dans la capitale Mogadiscio.

Le siège s’est terminé samedi dans la matinée. "Les forces de sécurité ont maintenant le contrôle (de l'hôtel), le dernier terroriste a été tué", a déclaré à l'AFP un responsable local de la sécurité, Abdiweli Mohamed. Selon lui, "quatre hommes armés étaient impliqués dans l'attaque et le bilan pourrait s'aggraver".

Étrangers, politiques et journalistes tués

"Parmi les tués, figurent des étrangers : trois Kényans, une Canadienne, un Britannique, deux Américains et trois Tanzaniens. Il y a aussi deux citoyens chinois blessés", a déclaré en conférence de presse Ahmed Madobe, président de la région semi-autonome du Jubaland.

Au moins quatre de ces personnes avaient la double nationalité, selon l’AFP. Ce pourrait aussi être le cas des autres, hormis les deux Chinois.

Un responsable sécuritaire, Abdi Dhuhul, avait confirmé vendredi soir auprès de l'AFP la mort d'un ancien ministre de l'administration locale et d'un député.

Le Syndicat somalien des journalistes (SJS) a, de son côté, annoncé dans un communiqué la mort dans cette attaque de deux journalistes, Mohamed Omar Sahal et Hodan Naleyeh. "C'est une nouvelle triste journée pour les journalistes somaliens", a déploré Abdalle Ahmed Mumin, le secrétaire général du SJS.

Selon le syndicat, ils sont les deux premiers journalistes tués cette année en Somalie. Hodan Naleyeh, dont l'époux aurait également été tué selon un témoin, était récemment rentrée en Somalie après avoir longtemps vécu au Canada.

"Les assaillants portaient des uniformes de la police"

Selon plusieurs sources locales, l'hôtel abritait surtout des hommes d'affaires et des politiciens qui étaient en ville pour la préparation de l'élection du président du Jubbaland, prévue fin août.

L'hôtel a été largement détruit par l'explosion et les éclats de balles. "Le bâtiment entier est en ruines, il y a des corps morts et des blessés qui ont été récupérés à l'intérieur, et les forces de sécurité ont bouclé toute la zone", a expliqué un témoin, Muna Abdirahman.

"Les assaillants portent des uniformes de la police somalienne et on transporte leurs corps morts à l'extérieur en ce moment même", a-t-il ajouté.

Les Shebab, qui ont à plusieurs reprises mené ce type d'opérations à Mogadiscio, ont revendiqué dans un communiqué l'attaque contre les "officiels apostats de l'administration du Jubbaland".

Chassés de Mogadiscio en 2011, les Shebab ont ensuite perdu l'essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, y compris dans la capitale, contre des objectifs gouvernementaux, sécuritaires ou civils.

Avec AFP

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