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Aux États-Unis, l'angoisse de l'expulsion pour des milliers de sans-papiers

Un agent des douanes et de la protection aux frontières vérifie des documents de réfugiés à El Paso, à l afrontière avec le Mexique, le 16 mai 2019..
Un agent des douanes et de la protection aux frontières vérifie des documents de réfugiés à El Paso, à l afrontière avec le Mexique, le 16 mai 2019.. Paul Ratje / AFP

Les arrestations d'étrangers en situation irrégulière en vue de leur expulsion ont débuté, dimanche, dans dix villes des États-Unis. Cette opération, considérée par Donald Trump comme une "obligation", devrait viser des centaines de familles.

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Les dizaines de manifestations dans tout le pays et les appels à la retenue n'y auront rien fait. Tôt dimanche 14 juillet, des agents de l'immigration (ICE) sont attendus dans les rues d'au moins dix grandes villes américaines pour arrêter quelque 2 000 personnes en situation irrégulière.

Le spectre de cette vague d'interpellations s'annonce beaucoup plus réduit que les "millions" prédits par Donald Trump en juin à l'aube d'une opération finalement repoussée. mais l'inquiétude, elle, est la même chez tous ceux susceptibles d'être visés.

D'autant que, selon plusieurs médias, les autorités de l'immigration comptent également expulser des clandestins arrêtés pendant une descente mais qui ne figuraient pas initialement sur la liste des individus recherchés.

"Cette incertitude, cette peur, font des ravages, c'est incontestable", a déclaré la maire démocrate de Chicago, Lori Lightfoot, sur CNN. "Cela traumatise les gens."

"Beaucoup de maires les réclament", a au contraire assuré vendredi Donald Trump au sujet de ces coups de filet. "La plupart. Vous savez pourquoi ? Parce qu'ils ne veulent pas de crimes dans leurs villes et leurs États".

"Un coup politique"

Certains édiles, au relais d'associations de défense des droits de l'Homme, ont publiquement rappelé leurs droits aux personnes en situation irrégulière et les ont invitées à les exercer, le cas échéant.

"Si vous craignez d'être expulsé, restez chez vous dimanche, ou déplacez vous en groupes", a prévenu la maire d'Atlanta, Keisha Bottoms, sur la chaîne CNN. "Si quelqu'un frappe à votre porte, n'ouvrez pas, s'il vous plaît, à moins qu'il n'ait un mandat."

"C'est un coup politique pour convaincre beaucoup de gens qu'aux États-Unis, les problèmes viennent des immigrés", a estimé, sur la chaîne MNSBC, Bill de Blasio, le maire de New York, qui redoute, comme d'autres responsables, que ce climat incite les clandestins à ne plus interagir avec la police ordinaire, compliquant ainsi sa tâche.

Beaucoup s'inquiètent d'un nouvel afflux de clandestins arrêtés par les autorités alors que les centres de rétention sont déjà surchargés.

Les États-Unis sont, en effet, confrontés depuis plus d'un an à une crise migratoire à leur frontière avec le Mexique, franchie chaque mois par des milliers de Centraméricains qui fuient la violence et la misère dans leur pays.

Le nombre de clandestins arrêtés au mois de juin – plus de 100 000 – a baissé de 28 % par rapport à mai, mais la situation à la frontière reste "critique", a indiqué cette semaine le ministère de la Sécurité intérieure.

Vendredi et samedi, des dizaines de manifestations ont été organisées dans tout le pays pour réclamer la fermeture des centres de rétention situés à la frontière et s'opposer aux descentes prévues dimanche.

Avec AFP

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