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Emmanuel Macron "préoccupé" par la détention à Téhéran d'une chercheuse franco-iranienne

Fariba Adelkhah lors d'une émission réalisée en partenariat avec France Info pour les 40 ans de la révolution islamique.
Fariba Adelkhah lors d'une émission réalisée en partenariat avec France Info pour les 40 ans de la révolution islamique. Capture France 24

Après l'arrestation en Iran de Fariba Adelkhah, ressortissante franco-iranienne et directrice de recherche à Sciences-Po, Paris réclame à Téhéran des explications ainsi qu'un accès consulaire. Le président Emmanuel Macron se dit très préoccupé.

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Une chercheuse franco-iranienne de l'Institut des Sciences politiques de Paris, Fariba Adelkhah, a été arrêtée en Iran, a annoncé le ministère français des Affaires étrangères lundi 15 juillet, sans préciser la date de cette arrestation.

"Les autorités françaises ont dans ce contexte effectué des démarches auprès des autorités iraniennes pour obtenir de leur part des informations sur la situation et les conditions de l’arrestation de Mme Adelkhah et demander un accès consulaire comme il est prévu dans ces circonstances, préalable nécessaire à sa libération rapide", peut-on lire dans un communiqué du Quai d’Orsay qui ajoute n’avoir reçu "aucune réponse satisfaisante" à ses demandes.

"La France appelle les autorités iraniennes à faire toute la lumière sur la situation de Mme Adelkhah et leur réitère ses demandes, en particulier celle d’une autorisation sans délais pour un accès consulaire", précise le ministère des Affaires étrangères.

"J'attends les retours et les clarifications sur ce sujet mais il est évident que la France protège ses ressortissants et y est extrêmement attachée", a-t-il ajouté. "Aucune explication à ce stade ne m'a été fournie permettant d'expliquer de manière valable quelque incarcération que ce soit et donc le dialogue sur ce sujet se poursuivra."

Une arrestation pour espionnage ?

Plusieurs médias en persan basés à l'étranger ont rapporté cette arrestation en affirmant qu'elle remontait à "trois semaines". Selon certains d’entre eux, la chercheuse aurait été arrêtée par les Gardiens de la révolution islamique, une composante de l'armée iranienne, sur des soupçons d'espionnage. Interrogé lundi matin lors d'un point presse, le porte-parole du gouvernement iranien Ali Rabiei a déclaré avoir entendu parler de cette arrestation mais ne pas avoir plus d'information à ce sujet.

Joint par l’AFP, Jean-François Bayart, confrère et ami de Fariba Adelkhah, a expliqué que son arrestation remonterait au 5 juin et que la chercheuse est depuis détenue à la prison d'Evin, dans le nord de Téhéran. D’après ce professeur à l'Institut des hautes études internationales et du développement (IHEID) à Genève, la chercheuse "a pu recevoir la visite de sa famille et n'est pas maltraitée" malgré la sinistre réputation de ce lieu de détention.

Fariba Adelkhah, qui est âgée de 60 ans, est directrice de recherche à Sciences Po et est une spécialiste de l'Iran, où elle se trouvait pour des travaux. Docteure en anthropologie de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris, elle collabore à plusieurs revues scientifiques, notamment Iranian Studies et la Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée. Elle est l'auteure de nombreuses publications sur l'Iran et l'Afghanistan.

Elle est arrivée en 1977 en France pour ses études "et pas du tout comme immigrée politique", insiste Jean-François Bayart, qui précise qu'elle "a toute sa famille en Iran ; elle a toujours refusé de condamner le régime de la République islamique, ce qui lui a valu d'être mal comprise de la diaspora et aussi de prendre des coups des deux côtés", insiste-t-il, saluant "une chercheuse libre, indépendante, extrêmement talentueuse, avec son franc-parler".

Un contexte tendu

Cette arrestation survient dans un contexte régional et international explosif, marqué par de fortes tensions entre Washington et Téhéran autour de la question du programme nucléaire iranien.

Déterminée à faire baisser la tension et à préserver l'accord sur le nucléaire de 2015, la France multiplie les contacts et les initiatives. La semaine dernière, Emmanuel Macron a notamment dépêché à Téhéran son conseiller diplomatique, Emmanuel Bonne.

L'Iran a déjà par le passé arrêté et condamné des ressortissants français. En 2010, l'universitaire Clotilde Reiss, qui avait été arrêtée en 2009 puis condamnée à deux peines de cinq ans de prison pour "espionnage", avait finalement vu sa peine commuée en amende et avait pu regagner la France.

Avec AFP et Reuters

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