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Perpétuité attendue pour "El Chapo", baron de la drogue mexicain

El Chapo lors de son extradition aux États-Unis en janvier 2017.
El Chapo lors de son extradition aux États-Unis en janvier 2017. US Department of justice, AFP

Il a été le baron de la drogue le plus puissant au monde, et devrait être condamné à la perpétuité aux États-Unis. À quelques jours de l'énoncé de sa peine à New York, Joaquin Guzman, dit "El Chapo" n'est plus que l'ombre de lui-même.

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Pas de suspense pour le narcotrafiquant mexicain Joaquin Guzman, alias El Chapo: il devrait être condamné mercredi 17 juillet à New York à la prison à vie, marquant la fin d'un feuilleton de plus de quarante ans.

Les textes sont formels. Le juge fédéral Brian Cogan, qui a présidé le procès fleuve d'El Chapo entre novembre 2018 et février 2019, doit prononcer la réclusion à perpétuité, rendue automatique par les chefs dont il a été reconnu coupable le 12 février.

Considéré comme le narcotrafiquant le plus puissant depuis la fin du règne du Colombien Pablo Escobar, en 1993, Joaquin Guzman, aujourd'hui âgé de 62 ans, a acheminé aux États-Unis au moins 1 200 tonnes de cocaïne sur un quart de siècle.

"Les preuves accablantes présentées lors du procès ont montré que [Joaquin Guzman] était le chef impitoyable et sanguinaire du cartel de Sinaloa", qu'il a codirigé entre 1989 et 2014, a écrit le bureau du procureur fédéral de Brooklyn Richard Donoghue, dans son réquisitoire avant le prononcé de la peine.

Durant le procès, l'accusation a montré que le Mexicain avait ordonné l'assassinat ou mis lui-même à mort au moins 26 personnes – parfois après les avoir torturées –, qui étaient informateurs, trafiquants issus d'organisations rivales, policiers, collaborateurs voire même des membres de sa propre famille.

Depuis son extradition le 19 janvier 2017, "El Chapo" – "Le Courtaud", un surnom dû à sa petite taille, environ 1,60 m – a perdu de son aura : isolé dans sa cellule 23 heures sur 24, après deux évasions au Mexique, il ne peut voir que ses avocats et ses jumelles de 7 ans. Même sa femme est interdite de visite.

Vendeur d'oranges

La chute est rude pour celui qui dirigea vingt-cinq ans durant l'un des cartels les plus puissants de la planète, ancien héros de la culture narco et des "narcocorridos", ces ballades mexicaines avec guitares et trompettes qui racontent les chefs de cartels.

Ses évasions ont alimenté sa légende et lui ont valu une notoriété internationale, jusqu'à son arrestation en 2016 qui a mis fin à des décennies de traque par les autorités.

Joaquin Guzman est l'un de ces narcotrafiquants partis de rien : né le 4 avril 1957 dans une famille pauvre d'un village des montagnes de Sinaloa, au nord-ouest du Mexique, il travaille dès l'enfance en vendant oranges, caramels et boissons gazeuses.

Comme il le racontera à l'acteur Sean Penn lors d'un entretien, en octobre 2015 – censé rester secret mais qui contribuera à son arrestation –, il se met, adolescent, à cultiver marijuana et pavot, faute d'alternatives.

En 1989, Guzman fonde avec trois associés le cartel de Sinaloa, dont il fera en quelques années un empire aux ramifications européennes et asiatiques.

"Je fournis plus d'héroïne, de méthamphétamine, de cocaïne et de marijuana que n'importe qui dans le monde. J'ai des flottes de sous-marins, d'avions, de camions et de bateaux", se vantait-il dans cette interview controversée à Sean Penn, publiée dans le magazine Rolling Stone.

La fortune amassée par le cartel lui vaudra de figurer un temps sur la liste du magazine Forbes des hommes les plus riches du monde, avant d'en sortir en 2013 en raison des dépenses nécessaires à sa protection.

Évasions à répétition

El Chapo a aussi mené une lutte ultra-violente contre ses rivaux, une guerre entre cartels qui ravage aujourd'hui encore le Mexique.

En 1993, il est arrêté au Guatemala. Détenu dans une prison de haute sécurité mexicaine, il soudoie ses gardes et s'échappe en 2001, caché dans un bac à linge sale.

Les autorités mexicaines mettront treize ans à le rattraper, en février 2014, dans la station balnéaire de Mazatlan, où il se cachait avec sa femme Emma Coronel, une reine de beauté de trente-deux ans sa cadette, et leurs jumelles, nées aux États-Unis.

En juillet 2015, rebelote : Guzman s'évade par un tunnel de 1,5 kilomètre débouchant sous la douche de sa cellule et équipé de rails. Cette nouvelle cavale sera brève : il est arrêté en janvier 2016 à Los Mochis, sur la côte pacifique, dans son fief de Sinaloa.

Outre ses jumelles, il a d'autres enfants, dont au moins deux fils que les autorités américaines ont accusés de jouer un rôle "important" dans son cartel. Un autre fils, Edgar, a été abattu en 2008.

Avec AFP

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