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Nucléaire iranien : les chefs de la diplomatie européenne tentent de sauver l'accord

La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, à Bruxelles, le 15 juillet 2019.
La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, à Bruxelles, le 15 juillet 2019. John Thys, AFP

Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'Union européenne se sont réunis lundi à Bruxelles, décidés à jouer leur va-tout pour sauver l'accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien.

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Les Européens sont décidés à jouer leur va-tout pour sauver l'accord sur le nucléaire avec l'Iran, mais l'impossibilité de contourner les sanctions américaines leur laisse peu de chances de répondre aux attentes de Téhéran, ont averti leurs ministres des Affaires étrangères, réunis lundi 15 juillet à Bruxelles.

"L'accord n'est pas encore mort" et l'UE veut donner à l'Iran "une possibilité de revenir sur ses mesures en contravention avec ses engagements", a affirmé le chef de la diplomatie britannique, Jeremy Hunt, à son arrivée pour la réunion avec ses homologues de l'Union.

"L'Iran a pris de mauvaises décisions en réaction à la mauvaise décision des États-Unis de se retirer de l'accord et d'imposer des sanctions dont la portée extraterritoriale touche de front les avantages économiques que le pays pouvait retirer de l'accord", a pour sa part soutenu le Français Jean-Yves Le Drian.

"Nous appelons les autorités iraniennes à revenir sur leur décision"

Les Européens déplorent la décision de Téhéran de produire désormais de l'uranium enrichi à au moins 4,5 %, un niveau prohibé par l'accord. "Les mesures iraniennes sont réversibles et nous appelons les autorités iraniennes à revenir sur leur décision", a plaidé la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, à l'issue de la réunion. "L'accord est mal en point, mais j'espère que sa dernière heure n'est pas venue. Il est urgent que l'Iran respecte ses engagements", a-t-elle déclaré.

Mais les autorités iraniennes veulent des actes. Les Européens doivent faire "la preuve de leur volonté politique et de leur capacité" à permettre que l'Iran "bénéficie en pratique" de l'accord, a soutenu le porte-parole iranien des Affaires étrangères, Abbas Moussavi, dans un communiqué.

"Si les Européens et les Américains ne veulent pas agir conformément à leurs engagements, nous aussi, en réduisant nos engagements, nous contrebalancerons cela et reviendrons à la situation d'il y a quatre ans", a averti le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Behrouz Kamalvandi.

Les Européens espèrent convaincre les Iraniens de leur volonté de les aider avec l'utilisation de l'Instex, un mécanisme de troc créé pour contourner les sanctions américaines en évitant d'utiliser le dollar. Les achats iraniens en Europe seront compensés par des achats européens pour un montant équivalent en Iran. "Les premières transactions sont en cours de réalisation", a ainsi annoncé Federica Mogherini. Dix pays de l'UE se sont engagés à utiliser cet instrument et des pays "non membres de l'UE" vont également rejoindre cette initiative, a-t-elle annoncé. Mais deux grands pays de l'UE, l'Italie et la Pologne, manquent pour crédibiliser cet instrument, a déploré un diplomate européen de haut rang.

Macron va parler avec Rohani, Trump et Poutine cette semaine

Le président français Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé lundi qu'il s'entretiendrait par téléphone avec les présidents iranien Hassan Rohani, américain Donald Trump et russe Vladimir Poutine cette semaine dans le cadre de la "médiation" française visant à préserver l'accord de Vienne de 2015 et éviter une escalade dans la région.

"La dynamique que nous avons créée ces dernières semaines, je pense, a évité le pire et des surréactions du côté iranien", a déclaré le chef de l'État français lors d'un déplacement à Belgrade, en Serbie. "Elle a permis de déclencher (...) un langage nouveau du côté européen et elle a permis d'avoir un dialogue constant avec les Américains."

"Donc, dans ces conditions difficiles, nous allons poursuivre notre travail, qui est un travail de médiateur, de négociateur. Je parlerai à sa demande au président Rohani dès mon retour (en France) et j'aurai cette semaine le président Poutine et le président Trump, c'est ce travail que nous allons poursuivre pour éviter toute forme d'escalade dans la région comme toute dégradation de ce que je considère comme déjà un acquis sur le nucléaire avec le JCPOA [l'accord de Vienne]", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

Avec AFP et Reuters

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