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"Évry, l'autre CAN", un documentaire pour "montrer l'ambiance du quartier à travers ce tournoi"

Pendant la CAN Epinezto, tout Évry était rassemblé pour célébrer sa diversité par le football.
Pendant la CAN Epinezto, tout Évry était rassemblé pour célébrer sa diversité par le football. Tristan Baudenaille-Pessotto

Pour imiter la vraie CAN-2019, des habitants d'Évry, en banlieue parisienne, ont organisé leur propre Coupe d'Afrique, surnommée "CAN Epinetzo". Un documentaire sur ce tournoi amateur hors-norme vient de sortir.

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Alors que la CAN-2019 va connaître bientôt son dénouement, deux jeunes journalistes indépendants, Tristan Baudenaille-Pessotto et Thomas Porlon, ont sorti dimanche 14 juillet un documentaire sur sa petite sœur, la "CAN d'Évry".

Intitulé "Évry, l'autre CAN" et disponible sur YouTube, le reportage suit la "CAN Epinetzo", nom issu de deux quartiers de la ville, les Épinettes et les Aunettes. Lors de cette compétition informelle, dix équipes – le Mali, l'Algérie, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, la Tunisie, le Congo, le Maroc, la Guinée, les DOM-TOM et l'équipe du reste du monde – se sont opposées lors de matches au stade Jean-Louis Moulin. Grâce au soutien de personnalités tel que Niska ou encore de Karim Benzema et Didier Drogba, l'évènement a connu un succès foudroyant. Des milliers de personnes ont assisté aux matches et des dizaines de milliers les suivaient en direct sur les réseaux sociaux.

L'un des deux documentaristes, Tristan Baudenaille-Pessoto, revient sur le tournage du documentaire et sur ce que le football et cette CAN représentent pour la vie du quartier.

Comment vous est venue l'idée de ce documentaire sur la CAN d'Évry ?

Tristan Baudenaille-Pessotto : Avec Thomas, on est tombés sur une vidéo sur Twitter. C'était une vidéo d'envahissement de terrain après un but. L'ambiance avait l'air sympa. On se renseigne, on découvre que ça s'appelle la "CAN des quartiers". On s'est dit qu'on tenait un bon sujet.

Cela faisait un moment qu'on voulait se lancer dans le documentaire comme indépendants. Sur un coup de tête, on a donc envoyé un message aux organisateurs et dès le week-end qui a suivi, on s'y est rendu. Pas pour filmer mais en tant que spectateurs. On regarde, on a pris des contacts et on s'est lancé juste pour la fin de la phase de poules du tournoi.

Est-ce que c'était compliqué de filmer le quartier ?

Non mais il faut dire qu'on a directement été présentés aux bonnes personnes. Mais ça aurait pu l'être dans la mesure où il y avait très peu de médias autorisés. Ils font un tri, ils sont un peu méfiants vis-à-vis des médias traditionnels. On a été bien accueillis dès le départ mais on a tout de même dû passer un entretien informel avec ceux qu'ils appellent "les Grands du quartier", les organisateurs de l'évènement. À partir du moment où tu es validé par eux, il n'y a plus de problèmes pour filmer.

Qu'est-ce que vous avez cherché à montrer avec ce documentaire ?

Le cœur du documentaire pour nous, ce n'était pas le football. De toute façon, on n'avait pas les moyens humains et techniques de tout filmer. On voulait montrer le quartier par le prisme du tournoi, démontrer qu'il était le relfet de ses valeurs. Pendant le tournage, on a donc logiquement passé beaucoup plus de temps dans les Épinettes et les Aunettes qu'aux matches. On a tenté de faire ressortir cette ambiance bon enfant, faite d'entraide et de partage. Le football là-dedans, il est secondaire. Même si chaque joueur était ultra-sérieux pendant les parties, ils nous ont répété à plusieurs reprises que le fait d'avoir rassemblé tout Évry et même au-delà, c'est ça leur vraie victoire.

Est-ce que cette CAN a permis d'améliorer le vivre-ensemble à Évry ?

Ils nous l'ont expliqué clairement : avant, à Évry, c'était la guerre des gangs, mais grâce au foot et aussi au rap, les quartiers se sont rapprochés. Le fait que des rappeurs et des footballeurs locaux commencent à percer et qu'ils tissent des liens entre eux a contribué à calmer les dissensions. Il n'y a plus de rivalité car venir d'Évry est devenu une source de fierté. Quand le footballeur Moussa Marega a percé, c'était un gars d'Évry. Quand le rappeur Niska a percé, c'était un gars d'Évry. Et aujourd'hui, le fait que Niska ait autant appuyé le tournoi alors qu'il est ni des Épinettes, ni des Aunettes, ça en est la preuve. Il y a quinze ans, ça aurait impensable.

Après, ce genre de tournoi, ce n'est pas la panacée non plus. Les organisateurs nous ont aussi expliqué qu'un tournoi à cette échelle ça aurait été impossible à faire avec tous les quartiers. Entre les Épinettes et les Aunettes, c'était jouable parce que les gens se connaisent tous entre eux. Les relations sont fluides. Ça aurait été beaucoup plus compliqué à mettre en place avec ceux des Pyramides ou de Champtier, qui sont d'autres quartiers d'Évry. Du moins, pas à cette échelle.

La vraie CAN elle est aussi scrutée de près ?

Pendant que la "CAN Epinezto" se jouait, la vraie CAN, elle, est passée au second plan. Avec le tournoi, ils ont tout oublié ! À partir du moment où des équipes ont commencé à se faire éliminer à Évry, les supporters et les joueurs se sont rabattus sur la vraie CAN. Et maintenant, ils sont comme des fous ! On a reçu des vidéos là des Algériens et des Sénégalais qui célèbrent ensemble leur qualification en finale. C'était vraiment l'esprit du quartier : ensemble, sans casse, bon enfant !

• Le documentaire :

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