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Téhéran confirme l'arrestation de la chercheuse franco-iranienne

Fariba Adelkhah lors d'une émission réalisée en partenariat avec France Info pour les 40 ans de la révolution islamique.
Fariba Adelkhah lors d'une émission réalisée en partenariat avec France Info pour les 40 ans de la révolution islamique. Capture France 24

Les autorités judiciaires iraniennes ont confirmé, mardi, l'arrestation de la ressortissante franco-iranienne et directrice de recherche à Sciences-Po Fariba Adelkhah, dans un contexte de vives tensions entre Téhéran et les pays occidentaux.

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La chercheuse franco-iranienne de l'Institut des Sciences politiques de Paris, Fariba Adelkhah, a bien été arrêtée en Iran, a confirmé, mardi 16 juillet, l'autorité judiciaire iranienne.

S'exprimant lors d'une conférence de presse à Téhéran, le porte-parole de l'Autorité judiciaire, Gholamhossein Esmaïli, a affirmé que Fariba Adelkhah "fait partie des suspects qui ont été arrêtés récemment", sans donner la moindre information supplémentaire sur son cas. "Étant donné la nature de l'affaire (...) le moment n'est pas encore venu de donner des informations sur son cas", a-t-il ajouté.

Concernant la demande d'accès consulaire à Fabrica Adelkhah adressée par Paris, Gholamhossein Esmaïli a répondu là encore qu'une "décision (serait) prise au moment approprié". L'Iran, qui ne reconnaît pas la double nationalité, n'accorde généralement pas d'accès consulaire aux détenus binationaux.

Le ministère français des Affaires étrangères a fait des démarches en ce sens "auprès des autorités iraniennes pour obtenir de leur part des informations sur la situation et les conditions de l’arrestation de Mme Adelkhah et demander un accès consulaire comme il est prévu dans ces circonstances, préalable nécessaire à sa libération rapide", avait annoncé dans un communiqué le Quai d’Orsay.

"Ce qui s'est passé me préoccupe beaucoup", avait également commenté le président français, Emmanuel Macron. "J'ai exprimé mon désaccord et demandé des clarifications au président (iranien Hassan) Rohani. J'attends des retours et des clarifications", regrettant qu'"aucune explication" n'ait été fournie "de manière valable".

Une arrestation pour espionnage ?

Plusieurs médias en persan basés à l'étranger ont rapporté cette arrestation en affirmant qu'elle remontait à "trois semaines". Selon certains d’entre eux, la chercheuse aurait été arrêtée par les Gardiens de la révolution islamique, une composante de l'armée iranienne, sur des soupçons d'espionnage.

Joint par l’AFP, Jean-François Bayart, confrère et ami de Fariba Adelkhah, a expliqué que son arrestation remonterait au 5 juin et que la chercheuse est depuis détenue à la prison d'Evin, dans le nord de Téhéran. D’après ce professeur à l'Institut des hautes études internationales et du développement (IHEID) à Genève, la chercheuse "a pu recevoir la visite de sa famille et n'est pas maltraitée" malgré la sinistre réputation de ce lieu de détention.

Fariba Adelkhah, qui est âgée de 60 ans, est directrice de recherche à Sciences-Po et est une spécialiste de l'Iran, où elle se trouvait pour des travaux. Docteure en anthropologie de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris, elle collabore à plusieurs revues scientifiques, notamment Iranian Studies et la Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée. Elle est l'auteure de nombreuses publications sur l'Iran et l'Afghanistan.

Elle est arrivée en 1977 en France pour ses études "et pas du tout comme immigrée politique", insiste Jean-François Bayart, qui précise qu'elle "a toute sa famille en Iran ; elle a toujours refusé de condamner le régime de la République islamique, ce qui lui a valu d'être mal comprise de la diaspora et aussi de prendre des coups des deux côtés", insiste-t-il, saluant "une chercheuse libre, indépendante, extrêmement talentueuse, avec son franc-parler".

Un contexte tendu

Cette arrestation survient dans un contexte régional et international explosif, marqué par de fortes tensions entre Washington et Téhéran autour de la question du programme nucléaire iranien.

Déterminée à faire baisser la tension et à préserver l'accord sur le nucléaire de 2015, la France multiplie les contacts et les initiatives. La semaine dernière, Emmanuel Macron a notamment dépêché à Téhéran son conseiller diplomatique, Emmanuel Bonne.

L'Iran a déjà par le passé arrêté et condamné des ressortissants français. En 2010, l'universitaire Clotilde Reiss, qui avait été arrêtée en 2009 puis condamnée à deux peines de cinq ans de prison pour "espionnage", avait finalement vu sa peine commuée en amende et avait pu regagner la France.

Avec AFP et Reuters

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