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Des militaires birmans sanctionnés par Washington pour "nettoyage ethnique"

Le chef de l'armée birmane, Min Aung Hlaing, durant une cérémonie marquant le 71e anniversaire du Jour des martyrs, à Rangoun le 19 juillet 2018.
Le chef de l'armée birmane, Min Aung Hlaing, durant une cérémonie marquant le 71e anniversaire du Jour des martyrs, à Rangoun le 19 juillet 2018. Ye Aung Thu, AFP

Le chef de l'armée birmane et trois autres hauts gradés sont désormais interdits d'entrée aux États-Unis. Au travers de ces sanctions, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo dénonce "la grave impunité dont bénéficient les militaires".

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"Le gouvernement américain est le premier à agir publiquement à l'encontre des plus hauts responsables de l'armée birmane", a annoncé le chef de la diplomatie Mike Pompeo, mardi 16 juillet. Les États-Unis ont imposé des sanctions au commandant en chef de l'armée birmane, Min Aung Hlaing, et à trois autres hauts gradés pour leur responsabilité dans le "nettoyage ethnique" de la minorité Rohingya (musulmans apatrides).

Ces sanctions - interdiction de voyager aux États-Unis notamment - concernent également les parents proches de ces officiers. Ce sont les plus sévères imposées par Washington en réaction aux massacres de Rohingya en Birmanie.

Dans un communiqué, le chef du département d'État américain accuse également le gouvernement birman de "ne pas avoir pris de mesures pour que les responsables de violations et abus des droits de l'homme rendent des comptes".

Il cite la libération en mai par le commandant Min Aung Hlaing, "après seulement quelques mois de prison", de soldats reconnus coupables d'exécutions extrajudiciaires comme "exemple flagrant de la grave impunité dont bénéficient les militaires et la haute hiérarchie". "Des informations continuent de parvenir selon lesquelles l'armée birmane commet des violations et abus."

L'ONU parle de "génocide", Washington évoque un "nettoyage ethnique"

L'armée birmane a lancé une vaste campagne de répression contre les Rohingya dans l'ouest de la Birmanie à l'automne 2017, provoquant la fuite de plus de 700 000 Rohingya au Bangladesh. Des experts mandatés par les Nations unies (ONU) ont estimé que les militaires birmans ont commis massacres et viols collectifs avec une "intention génocidaire". Ils ont recommandé dans un rapport en août 2018 la mise à l'écart de Min Aung Hlaing et demandé au Conseil de sécurité d'imposer des sanctions contre la Birmanie.

Washington n'est pour l'heure pas allé jusqu'à qualifier de "génocide" les exactions imputées à l'armée birmane. Mike Pompeo, qui parle lui de "nettoyage ethnique", dénonce la clémence envers Min Aung Hlaing. Un traitement qu'il met en parallèle avec celui réservé aux deux journalistes de l'agence de presse Reuters, emprisonnés pendant plus de 500 jours pour avoir enquêté sur ce massacre.

Avec AFP et Reuters

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