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Ebola déclarée "urgence" sanitaire mondiale

Un homme se fait vacciner contre Ebola dans un centre de Goma, en République démocratique du Congo, le 15 juillet 2019.
Un homme se fait vacciner contre Ebola dans un centre de Goma, en République démocratique du Congo, le 15 juillet 2019. Pamela Tulizo, AFP

Malgré une campagne de vaccination et une rapide réaction internationale, l'épidémie d'Ebola continue de se propager en RD Congo. Mercredi, en raison des risques pour les pays frontaliers, l'OMS a élevé le virus au rang d'urgence mondiale.

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Alors que le virus Ebola menace de s'étendre à la grande ville de Goma et aux pays voisins de la République démocratique du Congo (RD Congo), l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a reconnu, mercredi 17 juillet, l'épidémie de fièvre hémorragique comme une "urgence de santé publique de portée internationale".

"Nous avons besoin de travailler ensemble avec la RD Congo pour en finir avec cette épidémie et construire un meilleur système de santé", a appelé le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, demandant à la communauté internationale de "redoubler d'efforts".

Cette décision a reçu un accueil mitigé de la part du ministre congolais de la santé, le Dr Oly Ilunga. Il "espère que cette décision n'est pas le résultat des nombreuses pressions de différents groupes (...) qui voulaient utiliser cette déclaration comme une opportunité pour lever des fonds pour les acteurs humanitaires", écrit-il dans un communiqué.

C'est la quatrième fois que l'OMS active sa procédure d'urgence sanitaire internationale depuis 2009 - dont une fois en 2014 pour la grande épidémie d'Ebola qui a tué 11 000 personnes en Afrique de l'Ouest.

Un changement de méthode plébiscité

Malgré une vaste campagne de vaccination et une rapide réaction internationale, l'épidémie a continué de se propager en RD Congo depuis qu'un nouveau foyer s'y est déclaré l'été dernier. Le virus a infecté plus de 2 500 personnes, dont près de 1 700 ont trouvé la mort. L'instabilité et les violences continuent de perturber la lutte contre le virus dans l'est du pays, ralentissant les campagnes de vaccination et les contrôles médicaux.

Un comité d'experts internationaux - qui conseille l'OMS - avait refusé à trois reprises de déclarer une urgence sanitaire, mais le cas signalé cette semaine à Goma, ville de deux millions d'habitants dans l'est de la RD Congo, a amplifié les inquiétudes.

Après le décès du patient, se pose désormais la question du nombre de contacts qu'il a pu avoir à partir du moment où il a développé les premiers symptômes. La plupart ont été vaccinés, assurent les autorités sanitaires. Mercredi soir, les autorités ougandaises recherchaient des personnes qui ont été en contact avec un cas confirmé d'Ebola originaire de la RD Congo.

Pour Médecins sans frontières (MSF), "nous devons changer de méthode" dans la riposte anti-Ebola. "Dans un contexte où la recherche des contacts n'est pas totalement efficace et où toutes les personnes affectées ne sont pas atteintes, une approche de plus grande envergure est indispensable pour la prévention de l'épidémie", écrit l'ONG dans un communiqué.

Un risque à l'échelle régionale

L'OMS a, par ailleurs, rapporté mercredi quatre incidents en Ouganda, où près de 600 personnes pourraient devoir être vaccinées. Dans un rapport, le comité d'experts, réuni à Genève (Suisse), a dit relever des "signes inquiétants d'une possible extension" de l'épidémie de fièvre hémorragique.

Toutefois le directeur du comité de l'OMS, Robert Steffen, a nuancé la désignation comme "urgence sanitaire" en précisant que l'épidémie demeurait à l'heure actuelle une menace régionale plutôt que mondiale. "Le risque de dissémination d'Ebola dans la région reste élevé, mais il reste faible en dehors", a confirméTedros Adhanom Ghebreyesus, soulignant qu'il n'était pas nécessaire de fermer les frontières, de contrôler les ports ou les aéroports en dehors de la région concernée ou d'arrêter de commercer.

À Genève, les experts ont également exprimé leur "déception au sujet des retards dans le financement" de l'aide. Le Dr Tedros a ajouté que la priorité était d'accélérer la production du vaccin, dont les stocks s'amenuisent.

Avec AFP et Reuters

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