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Washington exclut la Turquie d'un programme d'avions de combat

Un avion de combat F-35 survole la Maison Blanche à Washington (États-Unis), le 12 juin 2019.
Un avion de combat F-35 survole la Maison Blanche à Washington (États-Unis), le 12 juin 2019. Eric Baradat, AFP

Le processus d'exclusion de la Turquie au programme américain d'avions furtifs F-35 a débuté mercredi, en raison de sa décision d'acheter des systèmes de défense anti-aérienne russes S-400. Ankara a immédiatement critiqué une décision "injuste".

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Après les menaces de sanctions, les États-Unis sont passés aux actes pour condamner l'achat par la Turquie des systèmes de défense anti-aérienne russes S-400. La participation d'Ankara au programme de développement de l'avion de combat américain F-35 a été suspendue et le processus d'exclusion a débuté, a annoncé la Maison Blanche dans un communiqué mercredi 17 juillet. Ce programme "ne peut pas coexister avec une plateforme de collecte de renseignements russe qui va être utilisée pour percer ses capacités de pointe", justifie-t-elle.

Les États-Unis ont fait de "nombreuses" propositions pour vendre leur propre système de missiles Patriot à la Turquie, a défendu la porte-parole de la présidence, Stephanie Grisham. Mais Ankara a préféré l'offre russe et, malgré les inquiétudes exprimées par Washington, les premières pièces des missiles S-400 ont été livrées, vendredi, sur la base aérienne militaire de Mürted, au nord-ouest de la capitale turque.

La Turquie est un État clé de l'Otan et son choix de s'équiper de missiles russes aura "un impact négatif" sur son "interopérabilité" avec les autres membres de l'alliance, a estimé Mme Grisham.

Ankara a immédiatement critiqué une décision "injuste", "unilatérale", qui "ne respecte pas l'esprit de l'alliance" atlantique. Elle "n'est pas non plus basée sur des raisons légitimes", a estimé le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué. "Nous invitons les États-Unis à retirer cette erreur qui préparera la voie à des dommages irréparables dans nos relations stratégiques."

Ankara, un allié clé pour Washington

L'achat des missiles russes s'inscrit dans un réchauffement des relations entre la Russie et la Turquie. La veille, le président Donald Trump avait lui-même insisté sur ses "bonnes relations" avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, se gardant bien de critiquer cet achat. "Ils sont dans une situation très compliquée", avait-il justifié.

C'est pourquoi Washington a affirmé qu'il "continuera à coopérer" avec Ankara, a ajouté la porte-parole. "Les États-Unis accordent toujours une grande valeur à la relation stratégique avec la Turquie" qui "ne se limite pas au F-35". Un haut responsable du ministère de la Défense, David Trachtenberg, explique que les États-Unis poursuivront les exercices militaires avec la Turquie, notamment ceux prévus prochainement en Géorgie, en Allemagne et en Ukraine.

Washington est soucieux de préserver cet allié clé de l'alliance atlantique mais craint que les opérateurs russes qui formeront les militaires turcs aux S-400 ne percent les secrets technologiques du F-35, un bijou de technologie censé échapper aux radars les plus sensibles.

Une perte financière pour la Turquie

Le Congrès américain a pressé à plusieurs reprises l'exécutif d'imposer des sanctions contre les responsables turcs impliqués dans l'accord avec Moscou. Le Pentagone avait alors donné jusqu'au 31 juillet à Ankara pour renoncer aux missiles russes, sous peine d'être exclu du programme F-35, auquel la Turquie participe depuis son lancement et dont elle veut acquérir 100 exemplaires. Concrètement, cette exclusion devrait entraîner l'expulsion des pilotes turcs s'entraînant actuellement aux États-Unis sur le F-35 et l'annulation de la livraison des quatre appareils déjà achetés par la Turquie mais encore sur le sol américain.

De plus, le personnel turc du consortium international qui fabrique le F-35 sera remplacé et les contrats de sous-traitance attribués à des entreprises turques annulés. Celles-ci fournissent actuellement 937 pièces détachées du F-35, dont 400 qu'elles sont les seules à produire.

"La Turquie va certainement, et c'est regrettable, perdre des emplois et des opportunités économiques à cause de sa décision", a déclaré Ellen Lord, ministre adjointe à la Défense chargée des acquisitions, lors d'un point de presse organisé après l'annonce de la Maison Blanche. La Turquie aurait pu, selon des estimations, gagner 9 milliards de dollars (8 milliards d'euros) pour sa participation au programme.

Avec AFP et Reuters

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