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La capitaine du Sea-Watch Carola Rackete devant la justice italienne

L'autidion doit se dérouler à 10 heures, jeudi 18 juillet, devant un juge d'Agrigente, le chef-lieu sicilien de Lampedusa.
L'autidion doit se dérouler à 10 heures, jeudi 18 juillet, devant un juge d'Agrigente, le chef-lieu sicilien de Lampedusa. Guglielmo Mangiapane, Reuters

Arrêtée le 29 juin pour avoir fait débarquer, à Lampedusa, 40 migrants secourus par le Sea-Watch 3, Carola Rackete doit s'expliquer jeudi devant les procureurs italiens. Le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, la qualifie de "criminelle".

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Héroïne pour beaucoup et "criminelle" pour d'autres. Carola Rackete, la jeune capitaine du Sea-Watch 3, est poursuivie pour avoir accosté de force afin de faire débarquer des migrants à Lampedusa. Elle doit s'expliquer, jeudi 18 juillet, à 10 heures, devant un juge d'Agrigente, le chef-lieu sicilien dont dépend Lampedusa, et devant les procureurs italiens qui la soupçonnent d'aide à l'immigration clandestine.

"Si c’était à refaire, je le referais", martèle l'Allemande de 31 ans depuis son arrestation le 29 juin, après avoir bravé l'interdiction de pénétrer dans les eaux italiennes et avoir fait accoster à Lampedusa plus de 40 migrants bloqués à bord. "Je suis prête à aller en prison pour cela et à me défendre devant les tribunaux s'il le faut parce que ce que nous faisons est juste", disait-elle à l'époque.

"Ce n'était pas un acte de violence, seulement de désobéissance"

Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, a alors tonné contre "cette emmerdeuse de capitaine du Sea-Watch qui fait de la politique sur la peau des immigrés, payée par on ne sait qui".

"Les menottes !", "Honte !", "J'espère que tu vas te faire violer par ces nègres", ont crié des habitants de l'île quand les policiers l'ont arrêtée, comme un résumé des remarques sexistes et souvent violentes qu'elle suscite sur les réseaux sociaux, tandis que Matteo Salvini s'emportait contre cette "criminelle". Elle a porté plainte pour diffamation. "Ce n'était pas un acte de violence, seulement de désobéissance", a-t-elle assuré en présentant ses excuses aux policiers.

Trois jours après son arrestation, une juge a invalidé cette décision, estimant que l'accusation de violence envers un navire de guerre n'était pas constituée et que la jeune femme avait agi pour sauver des vies. Le parquet d'Agrigente s'est pourvu en cassation cette semaine contre cette décision, dans l'espoir d'obtenir une jurisprudence établie.

Quelques jours après le Sea-Watch 3, le voilier Alex a accosté de force à Lampedusa, et le cas risque de se reproduire.

Sea-Watch 3 sous séquestre

En attendant, le Sea-Watch 3 reste sous séquestre dans le port sicilien de Licata et Carola Rackete, libre de ses mouvements, est toujours visée par deux enquêtes, pour résistance à un officier en pénétrant de force dans les eaux italiennes et pour aide à l'immigration clandestine. C'est essentiellement dans cette seconde enquête qu'elle doit être entendue jeudi.

Elle devra expliquer pourquoi son équipage a secouru les migrants sans attendre les garde-côtes libyens en charge des opérations dans cette zone et pourquoi elle a fait route vers un port italien et non pas le port libyen proposé par les autorités de Tripoli, un port tunisien plus proche ou encore un port néerlandais, pavillon de son bateau.

Depuis près de deux ans, ces enquêtes sont quasi-systématiques pour les navires humanitaires débarquant des migrants en Italie.

Avec AFP

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