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Un pétrolier britannique retenu en Iran après avoir été arraisonné dans le détroit d’Ormuz

Des soldats iraniens et un pétrolier dans le détroit d'Ormuz, le 30 avril 2019.
Des soldats iraniens et un pétrolier dans le détroit d'Ormuz, le 30 avril 2019. Atta Kenare, AFP

L'Iran s'est emparé, vendredi, de deux pétroliers, dont un britannique, dans le détroit d'Ormuz. L'un est ancré, samedi, au port de Bandar Abbas avec 23 membres d'équipage à son bord tandis que, plus tôt, l'autre tanker a été relâché.

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Londres a convoqué au ministère des Affaires étrangères, samedi 20 juillet, le chargé d'affaires iranien au Royaume-Uni, à la suite de la saisie par Téhéran d'un pétrolier battant pavillon britannique, a indiqué le Foreign Office.

La veille, les Gardiens de la révolution iraniens avaient annoncé avoir "confisqué" un pétrolier britannique, le Stena Impero, dans le détroit d'Ormuz. Ce dernier était toujours ancré, samedi 20 juillet, au port de Bandar Abbas, dans le sud de l'Iran. Les autorités portuaires ont indiqué qu'une enquête avait été ouverte après la collision de ce tanker avec un bateau de pêche.

Allah-Morad Afifipoor, directeur général de l'organisation portuaire et maritime de la province de Hormozgan où est situé le port, a affirmé que le Stena Impero était "entré en collision avec un bateau de pêche sur sa route. Et conformément à la loi, après un accident, il est nécessaire d'enquêter sur les causes".

"Inacceptable"

Les 23 membres d'équipage sont tous à bord, a-t-il précisé. Dix-huit, dont le capitaine, sont de nationalité indienne et les cinq autres sont de nationalité philippine, lettone ou russe.

Le propriétaire britannique du deuxième pétrolier arraisonné, le Mesdar, battant pavillon libérien, avait indiqué que des hommes armés étaient montés à bord mais que le navire avait été relâché et que tous les membres de l'équipage étaient sains et saufs.

Jeremy Hunt, le chef de la diplomatie britannique, a estimé que la saisie du pétrolier était "inacceptable" et son arraisonnement trahissait "des signes inquiétants indiquant que l'Iran pourrait choisir une voie dangereuse de comportement illégal et déstabilisant".

Samedi, la France a appelé les autorités iraniennes à libérer le bâtiment "dans les meilleurs délais", selon un communiqué du Quai d'Orsay. L'Allemagne a également exhorté l'Iran à relâcher "sans délai" le pétrolier britannique.

Des forces américaines déployées sur le sol saoudien

Le propriétaire suédois du pétrolier battant pavillon britannique a confirmé avoir perdu le contact avec ce navire après une "attaque" dans le détroit d'Ormuz. "Notre navire, le Stena Impero, a été approché par de petits aéronefs et un hélicoptère non identifiés en transitant par le détroit d'Ormuz dans les eaux internationales", a déclaré la compagnie Stena Bulk dans un communiqué. "Nous sommes actuellement incapables de contacter le navire, qui fait route vers le Nord en direction de l'Iran", a-t-elle ajouté.

Northern Marine Management, affréteur du Stena Impero, s'est également dit incapable de joindre son équipage composé de 23 marins.

Par le détroit d'Ormuz transite le tiers du pétrole acheminé par voie maritime sur la planète. Les États-Unis ont dénoncé une "surenchère de la violence" et l'Arabie saoudite a annoncé que pour la première fois depuis 2003 et la fin de la guerre contre l'Irak, des forces américaines allaient prendre position sur son sol.

"Le roi Salman [...] a donné son accord pour accueillir des forces américaines, afin d'accroître le niveau mutuel de coopération pour défendre la sécurité de la région et sa stabilité, et garantir la paix", a indiqué un porte-parole du ministère saoudien de la Défense, cité par l'agence de presse officielle SPA.

Cela "aura un effet dissuasif supplémentaire et renforcera notre capacité à défendre nos troupes et nos intérêts dans la région face à des menaces émergentes et crédibles", a indiqué dans un communiqué le commandement central des forces américaines. Ce dernier a par ailleurs fait savoir que des "patrouilles" surveillaient depuis l'espace aérien international la situation dans le détroit stratégique d'Ormuz.

Des représailles vis-à-vis du Royaume-Uni annoncées par l’ayatollah Khamenei

L'annonce de la saisie du Stena Impero est survenue quelques heures après que la Cour suprême de Gibraltar a décidé de prolonger pour 30 jours l'immobilisation du pétrolier iranien Grace 1.

Le navire avait été arraisonné le 4 juillet par les autorités de Gibraltar, territoire situé à l'extrême sud de l'Espagne, qui le soupçonnaient de livrer du brut à la Syrie en violation des sanctions de l'Union européenne contre Damas.

Téhéran nie cette accusation et dénonce un acte de "piraterie" envers le navire chargé de 2,1 millions de barils de brut.

Mardi, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, avait déclaré que l'Iran ne laisserait "pas cette malveillance sans réponse". "Nous y répondrons au moment et à l'endroit opportuns", avait-t-il ajouté sans plus de précision.

Washington a dénoncé vendredi soir la "surenchère de la violence" de l’Iran. "C'est la seconde fois en un peu plus d'une semaine seulement que le Royaume-Uni est pris pour cible par la surenchère de la violence du régime iranien", a indiqué Garett Marquis, porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, dans un communiqué.

Le président américain Donald Trump a assuré de son côté que les États-Unis avaient été "informés" des événements dans le Golfe et qu'ils "échangeront" et "travailleront avec le Royaume-Uni" à ce sujet.

Avec AFP

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