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Un chercheur guinéen tué à Rouen, son agresseur interpellé

La victime, Mamoudou Barry, est décédée après avoir été agressée, vendredi 19 juillet à Rouen.
La victime, Mamoudou Barry, est décédée après avoir été agressée, vendredi 19 juillet à Rouen. Capture d'écran France 24

Trois jours après l'agression mortelle d'un jeune universitaire guinéen près de Rouen, qui présente un caractère présumé raciste, un suspect de nationalité turque, ayant des antécédents psychiatriques, a été placé en garde à vue, lundi.

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L’affaire a suscité beaucoup d’émoi jusqu'en Guinée. Un jeune universitaire guinéen a été mortellement agressé près de Rouen, vendredi 19 juillet, par un homme de nationalité turque qui présente des antécédents psychiatriques. L’homme, né en 1990, "sous curatelle renforcée", a été interpellé et placé en garde à vue lundi matin.

"C'est un petit voyou connu pour des délits mineurs, comme de stupéfiants", a indiqué à l'AFP une source policière. "Il a été identifié sur la base de l'exploitation de vidéos et de témoignages", a ajouté cette source, précisant que le suspect était originaire de Canteleu, dans la banlieue de Rouen, où s'est déroulée l'agression, mais n'y habite plus.

De même source, le suspect portait "un maillot du club turc de Galatasaray", un club de football d'Istanbul, au moment des faits qui ont eu lieu vendredi vers 20 h 20, peu avant la finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) entre l'Algérie et le Sénégal.

"Il s'agit d'un crime raciste, sans aucun doute, mais rien ne permet d'établir que c'est en lien avec la finale de la CAN", a assuré l'avocat de la famille, Me Jonas Haddad. "Rien ne permet de dire aussi qu'il a été agressé par un supporteur algérien", avait-il dit lundi matin à l'AFP, alors que certaines personnalités et associations pointaient du doigt la communauté algérienne.

Marche blanche vendredi à Rouen

Vendredi soir, Mamoudou Barry, enseignant-chercheur à l'université de Rouen-Normandie, a été invectivé par son agresseur, à la hauteur de l'arrêt de bus Provence à Canteleu, alors qu'il rentrait chez lui en voiture avec son épouse, selon des proches de la victime et l'avocat.

"L'agresseur les a pointés du doigt et a dit : 'Vous les sales noirs, on va vous niquer ce soir'", a expliqué Kalil Aissata Kéita, enseignant chercheur à l'université de Rouen, lui aussi Guinéen et "ami proche" de la victime.

Mamoudou Barry serait descendu de sa voiture pour demander des explications. L'agresseur "l'a frappé à coups de poings et de bouteilles", puis, "la victime est mal tombée, il a perdu beaucoup de sang. Quelqu'un a tenté de lui faire un massage cardiaque", a expliqué Me Haddad. Transporté au CHU de Rouen, l’universitaire, père d'une petite fille, est mort samedi. Une marche blanche doit être organisée vendredi à Rouen, a précisé l'avocat.

Mamoudou Barry, âgé de 31 ans, avait soutenu une thèse de droit le 27 juin à Rouen sur les "politiques fiscales et douanières en matière d'investissements étrangers en Afrique francophone", selon le site de l'université.

Un parfum de racisme

Cette agression mortelle avait suscité dimanche une cascade de réactions politiques, de droite comme de gauche. Éric Ciotti (LR) avait dénoncé un "crime barbare", Olivier Faure (PS) voyant dans l'agression "le racisme à en pleurer".

Lundi, le président guinéen, Alpha Condé, s'est déclaré "très touché". "Le gouvernement guinéen suit de très près l'évolution des enquêtes diligentées par les autorités françaises", indique un communiqué de la présidence, en précisant que le chef de l'État "s'entretiendra avec l'ambassadeur de France en Guinée pour la suite à donner".

L'ex-Premier ministre guinéen et opposant Sidya Touré s'est lui aussi dit "très peiné par la mort du jeune enseignant Mamoudou Barry dans des conditions aussi tragiques". Le président sénégalais Macky Sall a condamné sur Twitter un "crime odieux".

Dans un communiqué, SOS Racisme a demandé que "toute la lumière" soit faite, estimant qu'"il flotte sur cet acte criminel un parfum de racisme sur lequel les services enquêteurs doivent rapidement se prononcer".

Avec AFP

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