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Tour de France : Julian Alaphilippe et Thibault Pinot, ou le rêve d'une victoire tricolore

Thibaut Pinot, ici lors du contre-la-montre individuel à Pau, le 19 juillet 2019, "est incontestablement armé pour la victoire finale", selon Jean-René Godart.
Thibaut Pinot, ici lors du contre-la-montre individuel à Pau, le 19 juillet 2019, "est incontestablement armé pour la victoire finale", selon Jean-René Godart. Jeff Pachoud, AFP

À une semaine de la fin du Tour de France, le maillot jaune est toujours porté par un Français, Julian Alaphilippe. Thibaut Pinot est en embuscade avant les étapes alpines, de quoi rêver d'une victoire française pour la première fois depuis 1985.

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Trente-quatre ans sans victoire française. Les amateurs de la Grande Boucle comptent les années sans succès depuis la dernière victoire de Bernard Hinault, en 1985. Mais l'édition 2019 du Tour de France pourrait bien mettre un terme à cette disette tricolore. À l'entrée de la dernière semaine d'un des trois fameux "grands tours", lundi 22 juillet, le maillot jaune est porté par un Français, Julian Alaphilippe, suivi par le Britannique Geraint Thomas (2e à 1'35), le Néerlandais Steven Kruijswijk (3e à 1'47)… et Thibaut Pinot, un autre Français (4e à 1'50).

Pour la première fois depuis des années, l'issue de la Grande Boucle ne semble pas écrite d'avance, comme l'explique le commentateur sportif Jean-René Godart, contacté par France 24 : "C'est un Tour de France très ouvert cette année, très indécis. Le fait que Christopher Froome [quatre fois vainqueurs de la Grande Boucle entre 2013 et 2017, NDLR] ne prenne pas le départ a changé la donne, et les Français ont aussi vraiment bien préparé pendant des mois ce Tour."

Au premier rang desquels Julian Alaphilippe, le plus en vue sur le podium depuis le début du Tour, avec 11 maillots jaunes glanés sur deux semaines. Mais le cycliste de l'équipe Deceuninck-Quick Step a montré pour la première fois des signes de faiblesse, le 21 juillet, dans la montée du Prat d'Albis. "Tout ce que j'ai fait, je commence à le payer. C'est tout à fait logique", a réagi le principal intéressé après l'étape. "Ce qu'il fait est hors du commun", estime Jean-René Godart. "Il a tendance à repousser quotidiennement ses limites. Mais bon hier [dimanche], je pense qu'il était au point de la rupture." Pas forcément rassurant avant la dernière semaine de compétition où auront lieu les trois étapes dans les Alpes, avant l'arrivée finale à Paris.

"Thibaut Pinot est incontestablement armé pour la victoire finale"

D'autant que Thibaut Pinot semble avoir un profil plus taillé pour la haute montagne que Julian Alaphilippe. Même si le maillot jaune a surpris son monde en traversant les Pyrénées tout en conservant la première place au classement général, son coup de moins bien dimanche n'est pas de bon augure avant le début des Alpes, jeudi 25 juillet, où est programmée l'ascension de deux cols hors catégorie et d'un col de 1re catégorie.

"Julian Alaphilippe a une forte équipe autour de lui mais plutôt faite pour défendre son leader sur des terrains variés, pas spécialement pour supporter une guerre en haute montagne", analyse Jean-René Godart, qui "ne croi(t) pas en sa victoire finale". Pour cette dernière, il considère en revanche que Thibaut Pinot "est incontestablement armé". Et il précise : "Déjà, il est plus fort en haute montagne que Julian Alaphilippe, on l'a encore vu hier (dimanche, NDLR) ; de plus, il s'est vraiment bien préparé pour les trois semaines de ce Tour niveau fraîcheur physique. Et Il arrive en pleine maturité, à 29 ans, entouré d'un manager exceptionnel – Marc Madiot – et de bon coureurs – Gaudu et Reichenbach."

Interrogé lors du deuxième jour de repos par l'AFP, lundi 22 juillet, Thibaut Pinot affirme avoir "appris à ne pas s'enflammer" quant à ses chances de victoire finale. Il explique : "Je ne me sens pas encore le favori, loin de là. (...) Sur les deux derniers jours, j'étais peut-être le plus fort, mais le Tour dure jusqu'à dimanche, il peut se passer beaucoup de choses." Mais le coureur de l'équipe Groupama-FDJ fait une promesse pour les étapes alpines : "Cela dépendra de mes jambes. Si elles sont bonnes, je passerai à l'attaque."

Le coureur français a raison de se montrer prudent avant cette semaine déterminante : lors de la 10e étape, bien placé dans la course au classement général (3e), il s'était retrouvé pris au piège dans un coup de bordure et avait perdu près de deux minutes sur les autres favoris. "Mais cette année va être la bonne, j'y crois vraiment", estime Jean-René Godart, qui se montre "confiant" quant aux chances de victoire de Thibaut Pinot, tout en précisant "ne pas avoir pour habitude de faire des pronostics déraisonnables".

L'ancien commentateur de France Télévisions, qui était déjà au micro lors de la dernière et cinquième victoire de Bernard Hinault sur le Tour de France, pense que "pour la première fois depuis 1985, la dernière victoire française, on va peut-être entendre la Marseillaise en haut des Champs-Élysées dimanche." À condition que Geraint Thomas et Steven Kruijswijk, forts en haute montagne, ne viennent pas perturber cette ambition française de renouer avec la victoire sur la Grande Boucle.

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