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Mondiaux-2019: Mignon, un retour avant tout pour le plaisir

Le Français Clément Mignon à Rennes le 21 avril 2019
Le Français Clément Mignon à Rennes le 21 avril 2019 AFP/Archives
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Gwangju (Corée du Sud) (AFP)

Sa retraite n'a duré que quatre mois. Revenu en début d'année sur sa décision d'arrêter sa carrière, Clément Mignon, en lice sur 100 m mercredi et jeudi aux Championnats du monde de natation, surfe sur une nouvelle approche résolument tournée vers le plaisir. Avec succès pour l'instant.

En 2016, Mignon est le sprinter tricolore qui monte : aux sélections olympiques, il tutoie la barre des 48 secondes sur 100 m (48.01, resté son record personnel depuis), puis aux Championnats d'Europe, à deux mois des Jeux de Rio, il est médaillé de bronze sur la distance reine.

C'est après la saison olympique que les choses se compliquent. L'année suivante, il passe à côté de la qualification pour les Mondiaux-2017. En 2018, il s'invite "ric-rac" avec le relais aux Championnats d'Europe à Glasgow, mais le coeur n'y est plus. Au point qu'à la rentrée, le vice-champion olympique du 4x100 m dit stop, à 25 ans seulement.

"Pendant le stage de préparation à Chartres, je voyais tout le monde qui s'affûtait, et moi, au milieu, je ne savais même pas ce que je faisais là, se souvient Mignon. On a vu ce que ça a donné à Glasgow, c'était dégueulasse ! J'étais dans le dur, je ne me sentais vraiment pas à ma place. Ça me faisait mal de me rendre compte que je n'avais plus du tout le niveau, et plus l'envie, qui s'était dissoute au fur et à mesure des claques que je prenais à chaque compétition."

- "Trop parfait" -

"J'ai fini par broyer du noir, ça m'a détruit petit à petit. Je suis arrivé à Chartres et à Glasgow à bout. Je voulais juste finir cette saison et me barrer", poursuit-il.

La rentrée, dans une école d'informatique à Montpellier, sonne le début de sa "nouvelle vie". Mais, rapidement, germe dans sa tête l'idée de replonger. "Au début, je l'ai laissée de côté, j'ai continué à aller à l'école. Mi-novembre, j'avais pris ma décision, j'ai arrêté les cours. Et le 1er janvier, j'étais de retour dans l'eau" à Marseille, déroule-t-il.

De retour, mais avec un état d'esprit foncièrement différent. Moins strict et guidé par un leitmotiv, qu'il répète à l'envi : "prendre du plaisir".

"J'essaie d'être le plus parfait (possible) pendant les séances dans l'eau. Mais quand je n'y suis pas, je me permets de faire ce que je veux, je vois des amis, je sors, je m'éclate, assume Mignon. Je m'aère vraiment. Et je n'ai plus ce regret que j'avais auparavant, d'avoir cette vie de sportif de haut niveau qui m'obligeait à être trop parfait."

"Je me limitais beaucoup trop les saisons passées en pensant que ça m'aiderait dans la performance. En fait, ça m'a desservi plus qu'autre chose. Je me suis libéré de tous les tracas, toutes les petites choses qui pouvaient nuire jusqu'au plaisir de s'entraîner chaque jour", poursuit-il.

- Moins de prise de tête -

"Il a switché : il est passé d'une pratique forcée à une pratique où il se prend moins la tête, où il est moins scolaire. Aujourd'hui, il pratique son sport comme il le souhaite, il est heureux, c'est la clé de la réussite", résume Julien Jacquier, qui l'entraîne depuis son retour début 2019.

Dans l'eau, la recette porte ses fruits beaucoup plus rapidement que l'espérait Mignon, qui avait fait des JO-2020 son objectif.

Mi-avril aux Championnats de France, avec un peu plus de trois mois de travail derrière lui seulement, le sprinter marseillais se qualifie pour les Mondiaux-2019 sur 100 m en nageant à un niveau qu'il n'avait plus atteint depuis 2016 (48.49). Et sur 50 m, il passe pour la première fois sous les 22 secondes (21.93).

"Je suis assez optimiste pour ces championnats. Non seulement il n'a pas grand-chose à perdre mais ça peut être un déclic supplémentaire pour lui donner envie pour l'année prochaine", considérait Jacquier avant la semaine de compétition coréenne.

Ses deux 100 m nagés en position de premier relayeur en séries et finale du 4x100 m messieurs dimanche vont dans son sens : en 48 sec 26 et 48 sec 25, il a signé les deuxième et troisième aller-retour les plus rapides de sa carrière.

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