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Enquête russe : le procureur Mueller réaffirme que son rapport n'exonère pas Trump

L'ex-conseiller spécial Robert Mueller prête serment au Congrès à Washington, le 24 juillet.
L'ex-conseiller spécial Robert Mueller prête serment au Congrès à Washington, le 24 juillet. Jonathan Ernst, Reuters

Le procureur spécial Robert Mueller a témoigné mercredi devant les représentants américains sur son enquête sur l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016. Il a redit qu'il n'avait pas totalement blanchi Donald Trump.

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L'ancien conseiller spécial Robert Mueller, qui a enquêté pendant près de deux ans sur les soupçons d'ingérence de la Russie dans la présidentielle américaine de 2016, a témoigné mercredi 24 juillet devant la Chambre des représentants. Chambre où les démocrates sont divisés sur l'opportunité d'engager une procédure de destitution contre Donald Trump.

Lors de son audition, l'ex-patron du FBI en charge de l'enquête russe, a déclaré que son rapport n'avait pas totalement exonéré l'actuel président, notamment des soupçons d'entrave à la justice, contrairement aux affirmations de l'intéressé.

Juste avant son témoignage très attendu, Donald Trump avait encore assuré avoir été totalement exonéré par l'ancien chef de la police fédérale (FBI). "PAS DE COLLUSION, PAS D'OBSTRUCTION", avait-il tweeté en lettres capitales.

Une voix tremblante

"Est-ce votre conclusion ?", a demandé l'opposition démocrate dès le début de l'audition de Robert Mueller devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants. "Non", a répondu, laconique, le procureur spécial.

"Les conclusions indiquent que le président n'a pas été disculpé des actes qu'il était accusé d'avoir commis", a-t-il déclaré, visiblement mal à l'aise dans cet exercice périlleux.

Robert Mueller, qui aurait voulu éviter ce témoignage, s'est exprimé d'une voix légèrement tremblante, faisant répéter plusieurs questions et demandant des conseils à un collaborateur.

D'emblée, il a prévenu qu'il ne répondrait pas à toutes les questions. Avant l'audition, il avait fait savoir qu'il ne souhaitait pas aller au-delà du contenu de son rapport d'enquête remis en mars, dont les ambiguïtés ont laissé la porte ouverte à des interprétations divergentes.

Dans ce pavé de plus de 400 pages, le procureur spécial décrit les efforts russes pour aider Donald Trump en 2016, mais ajoute ne pas avoir rassemblé de preuves d'une collusion entre Moscou et son équipe de campagne, malgré des contacts répétés.

Robert Mueller, qui s'est déjà exprimé en public sur l'enquête qu'il a menée pendant 22 mois, a prévu de faire une déclaration liminaire avant de répondre aux questions des représentants.

Les démocrates espèrent que l'ancien procureur spécial sera en mesure de fournir des précisions sur les soupçons d'ingérence russe dans la campagne présidentielle, qui auarit pu favoriser Donald Trump, candidat considéré comme plus favorable aux intérêts russes.

Les questions devraient également porter sur l'acceptation par l'équipe de campagne de Trump de l'aide proposée par des intermédiaires russes et sur les éventuels efforts déployés par le président pour empêcher une enquête, ce qui pourrait constituer une tentative d'entrave à la justice.

"La plupart des Américains n'ont pas lu [le rapport]. Ils vont donc regarder Mueller exposer l'affaire", a justifié le représentant démocrate Eric Swalweel, qui siège dans les deux commissions.

La question de l’impeachment

L'audition de Robert Mueller sera également l'occasion pour le camp démocrate de répondre à l'embarrassante question de l'"impeachment" qui divise le parti. L'aile la plus libérale souhaite une procédure de destitution dans un contexte de tension accrue, alimentée par Donald Trump dans la perspective de la présidentielle de 2020.

Les récentes remarques adressées par le président à quatre élues démocrates issues des minorités raciales ont contribué à dégrader un peu plus les relations déjà très mauvaises entre la Maison Blanche et la Chambre des représentants.

Selon une enquête de Reuters, 89 représentants démocrates seraient favorables à l'engagement de cette procédure, qui aurait toutefois peu de chance d'aboutir, les républicains étant majoritaires au Sénat, la chambre compétente pour juger le chef de l'État.

"Nous espérons que le témoignage de Mueller marquera un tournant", a déclaré la représentante démocrate Sheila Jackson Lee, membre de la Commission des affaires judiciaires.

Pour l'instant, la présidente de la chambre Nancy Pelosi s'oppose à engager un tel bras de fer politique, préférant l'option soutenue par les modérés : battre le président sortant lors de la prochaine élection.

Les représentants risquent "d’être déçus"

Les représentants pourraient être déçus par la prestation de l'ancien officier des Marines, connu pour la brièveté de ses réponses - parfois un simple mot - et pour son style jugé taciturne. "Écoutons et voyons où les faits vont nous conduire", a dit Nancy Pelosi.

"Je pense que [les démocrates] vont être déçus comme ils l'ont été après la publication du rapport", a estimé le représentant républicain Tom Cole. Le rapport estime que l'enquête n'a pas permis de rassembler de preuves suffisantes démontrant une collusion entre l'équipe de campagne de Trump et la Russie. Le rapport ne fournit pas non plus de conclusion définitive sur une éventuelle obstruction de justice commise par le président américain. Le texte ne propose pourtant pas d'exonérer Donald Trump de toute infraction.

Malgré la persistance de ce doute, le ministre de la Justice William Barr, nommé par Donald Trump, s'est empressé de blanchir le chef de l'État de toute tentative d'obstruction de la procédure judiciaire. "Il est important pour [Mueller] de dire que l'enquête n'a pas exonéré le président", a expliqué la représentante démocrate Val Demings qui siège dans les deux commissions.

Avec Reuters

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