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En France, la "première route solaire du monde" est un échec

La première route solaire du monde, le 22 décembre 2016 à Tourouver, dans l'Orne
La première route solaire du monde, le 22 décembre 2016 à Tourouver, dans l'Orne AFP/Archives
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Rennes (AFP)

Inaugurée en grande pompe fin 2016 comme "la première route solaire au monde", une artère d'un kilomètre recouverte de panneaux photovoltaïques, dans un village du nord-ouest de la France, est un "échec", ont reconnu mercredi les autorités locales.

"Au fil du temps, on s'est rendu compte que sur un plan économique, financier, en termes de production d'électricité, c'était un échec", a déclaré Alain Pelleray, directeur de cabinet du président du conseil départemental de l'Orne, où est située cette petite route qui traverse Tourouvre, village de 1.500 habitants.

Selon lui, de décembre 2016 à mars 2019, il y a eu une production de 229 MWh, alors que la production prévisionnelle tablait sur 642 MWh. "Concrètement, on comptait récupérer, de 2017 à début 2019, 22.000 euros et on en a récupéré 8.000 pour la vente d'électricité à EDF", opérateur français d'électricité, a-t-il ajouté.

En décembre 2016, Ségolène Royal, alors ministre de l'Environnement, avait inauguré devant de nombreuses caméras cette "première route solaire au monde", financée par l'État à hauteur de 5 millions d'euros hors taxes. Mme Royal avait également annoncé un déploiement national de cette technologie.

Mais les panneaux solaires collés, sur lesquels les voitures roulent, "faisaient du bruit" et ont été sujets à une "usure rapide", ce qui a entraîné une limitation de la vitesse à 70 km/h sur la chaussée, a expliqué M. Pelleray.

Ainsi, la route "va être déconstruite" d'ici la fin de l'année et la société Colas (filale du groupe Bouygues) va remettre "des panneaux de nouvelle génération qui, parait-il, doivent fonctionner dans de meilleures conditions", cette fois-ci sur une portion réduite, longue de 400 m.

"On n'a aucun regret, le département n'a engagé aucune dépense et nous sommes dans de la recherche appliquée. Et, en termes de notoriété, c'est bingo, on a des Coréens, des Chinois qui viennent, touristes et industriels", a plaidé M. Pelleray.

Suite à un article du journal Le Monde daté du 23 juillet, qui qualifie la route de "fiasco", Ségolène Royal s'est défendue sur Twitter. "Encouragez les entreprises qui innovent avec courage au lieu de les dénigrer. Comme pour toutes les inventions, il faut un prototype qui est fait pour tester et pour trouver des améliorations. D'autant que des parkings solaires fonctionnent bien. Parlez de toutes les réussites", a écrit Mme Royal au sujet de ce projet baptisé Wattway.

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