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La technologie du Flyboard Air peut-elle changer le transport militaire et civil ?

Franky Zapata sur son Flyboard Air lors d'un essai à Saint-Inglevert (Pas-de-Calais), le 24 juillet 2019, avant sa tentative de traversée de la Manche.
Franky Zapata sur son Flyboard Air lors d'un essai à Saint-Inglevert (Pas-de-Calais), le 24 juillet 2019, avant sa tentative de traversée de la Manche. Denis Charlet, AFP

Franky Zapata, créateur d'une planche équipée d'une technologie à propulsion, a marqué les esprits lors du défilé du 14-Juillet. Une technologie qui intéresse l'armée française et qui pourrait aussi peut-être prendre la forme d'une voiture volante.

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Rendez-vous à Sangatte, dans le Pas-de-Calais, jeudi 25 juillet. C'est de cette ville que Franky Zapata va décoller, muni de son Flyboard Air, pour tenter de rallier les côtes anglaises en à peu près 20 minutes. Cent dix ans après le premier survol de la Manche par l'aviateur Louis Blériot, celui qui est surnommé "l'homme volant" compte aussi marquer les esprits avec son engin. Cette planche équipée d'une technologie à propulsion, inventée en 2016, a déjà fait forte impression lors du défilé du 14 juillet dernier.

L'appareil, qui est muni de turboréacteurs permettant de voler jusqu'à 190 km/h, avec une autonomie d'une dizaine de minutes, n'a pas laissé insensible l'armée française. L'histoire était pourtant mal engagée au début : l'innovation de Franky Zapata avait été interdite de vol, en 2011, pour "non respect des règles de vol". Par la suite, son fabricant avait menacé de quitter la France et avait proposé son concept à l'armée américaine, qui avait failli racheter l'entreprise française, passible de poursuites judiciaires en cas de nouveau vol.

Et c'est dans ce contexte de tentative d'obtention d'autorisation de vol que Zapata Industries et l'armée vont se rapprocher. Et après une démonstration du Flyboard Air aux forces spéciales françaises, en novembre 2018, la situation décante. Le ministère des Armées, via la Direction générale de l'armement, investit alors 1,3 million d'euros pour améliorer le Flyboard Air, avec possiblement en tête l'idée d'utiliser dans les années à venir cette technologie à des fins militaires. "L'armée française s'intéresse à tout ce qui peut émerger en termes de nouvelles technologies pour voir quelles applications on peut en ressortir sur le champ de bataille", indique Romain Mielcarek, journaliste indépendant spécialiste des questions de défense, contacté par France 24.

Ici, plusieurs applications militaires de cette technologie semblent envisageables au premier abord, comme l'explique le général de brigade aérienne Jean-Vincent Brisset, directeur de recherche à l'Iris (Institut de relations internationales et stratégiques), contacté par France 24 : "Entre autres utilités, (cet appareil) permet de déplacer rapidement un fantassin avec des équipements sur des courtes distances et dans ce qu'on appelle le 'combat embarqué' – le combat à pied". Le Flyboard pourrait aussi servir dans des situations de "combat urbain". "Il servirait à monter sur ou dans un bâtiment", explique Romain Mielcarek. "Si vous êtes dans une ville, plutôt que de devoir grimper 10 étages par l'escalier avec autant d'angles morts, vous pouvez tout de suite monter très vite à n'importe quel niveau du bâtiment."

"Changer la mobilité, c'est ça le challenge"

Une autre application militaire serait plutôt d'ordre logistique, avec des plateformes qui pourraient être autonomes. "On pourrait se servir de cette technologie pour l'intégrer sur des robots ou des drones pour le transport aérien de matériels un peu plus lourds que ce qu'imagine Amazon aujourd'hui, ainsi que pour le transport de blessés d'une zone de combat vers une zone de sûreté", estime Romain Mielcarek.

Toutes ces applications militaires sont certes de l'ordre du possible, mais aussi hypothétiques. Le Flyboard pose encore plusieurs problèmes techniques actuellement, qui peuvent rendre son utilisation immédiate difficile. "Toutes les qualités ne sont pas encore réunies", explique Jean-Vincent Brisset. "On se retrouve confronté à des problèmes de logistique, de batterie, de stockage ou encore d'approvisionnement en hydrogène." Dans cette perspective militaire, l'entreprise de Franky Zapata a développé un modèle allégé du Flyboard Air, l'EZ-Fly, censé être, entre autres, plus maniable que son prédécesseur, plus rapide et accessible, même aux personnes qui ne sont pas pilotes de formation.

Par ailleurs, l'armée française pourrait bien s'intéresser à la technologie présente dans le Flyboard Air plus qu'à la forme actuelle de l'appareil. "Ce n'est pas forcément le Flyboard Air qui intéresse le plus le Commandement des opérations spéciales, mais d'autres applications encore plus prometteuses, qu'elles soient dronisées (sans pilote) ou pilotées", a précisé le ministère des Armées à Sciences et Avenir.

Mais finalement, les applications militaires ne sont pas l'objectif principal de l'entreprise à l'origine de l'appareil volant. "Ils travaillent majoritairement pour le civil", explique Marie Schuster, journaliste à France 24 à Sangatte. "Et la première application civile qu'ils veulent faire du Flyboard, c'est une voiture volante, le rêve de gamin de Franky Zapata." Ce dernier essaie en effet de développer depuis plusieurs années un véhicule volant avec l'aide des technologies brevetées pour le développement du Flyboard. Mercredi 24 juillet, Franky Zapata a expliqué que développer un véhicule tout droit sorti du film "Retour vers le futur" est "l'objectif numéro 1". "Essayer de changer la mobilité, la façon des humains de se déplacer dans ces dix à vingt prochaines années, c'est ça le challenge."

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