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La BCE prépare au minimum une baisse de taux pour soutenir l'économie

Le siège de la BCE à Francfort le 13 décembre 2018
Le siège de la BCE à Francfort le 13 décembre 2018 AFP/Archives
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Francfort (AFP)

La Banque centrale européenne a ouvert la voie jeudi à une ou plusieurs baisses de ses taux, mettant fin à plusieurs semaines de suspense, tout en laissant présager d'autres mesures, dont un nouveau programme de rachat de dettes pour soutenir plus énergiquement l'économie.

Le président de l'institut, Mario Draghi, avait tenu en juin plusieurs discours très volontaristes face à la conjoncture déprimée, alors que la BCE se contentait jusqu'alors de repousser le moment où elle remonterait ses taux, maintenus à leur plancher historique depuis 2016.

Après leur réunion de jeudi, les gardiens de l'euro sont sortis de l'ambiguïté: pour la première fois depuis avril 2017, ils mentionnent à nouveau explicitement un allègement du coût du crédit et amorcent, comme la Réserve fédérale américaine, une nouvelle phase d'assouplissement.

"Le Conseil des gouverneurs prévoit que les taux d?intérêt directeurs de la BCE resteront à leurs niveaux actuels, ou à des niveaux plus bas, au moins jusqu'à la mi-2020", indique désormais l'institution jeudi dans son communiqué de politique monétaire.

Mais, dans une formule nouvelle, l'institut juge également qu'un "haut degré" d'assouplissement monétaire va rester nécessaire "pendant longtemps" et charge ses services "d'examiner des options" allant d'un nouveau programme de rachats d'obligations à un système de taux dégressifs.

- Se montrer créative -

Dans l'immédiat, le plus probable est que la prochaine décision consistera à abaisser dès septembre le taux "de dépôt": déjà négatif de 0,40%, il revient à taxer les banques pour les liquidités qu'elles choisissent de confier à la banque centrale plutôt que de les prêter aux entreprises et aux ménages.

En un ou deux mouvements à l'automne, ce taux, devenu la référence du marché, pourrait descendre de 20 points de base pour être porté à -0,60% d'ici la fin de l'année, selon les spécialistes.

A l'inverse de la Fed, qui a maintenu ses taux en territoire positif depuis la crise financière, la BCE a amené depuis 2016 son taux de refinancement à zéro et ses marges de man?uvre sont nettement plus réduites, l'obligeant à se montrer créative.

Aussi l'institution a relancé la réflexion, amorcée au printemps, sur un dispositif destiné à compenser les effets des taux négatifs, à partir du moment où ils auraient des effets nuisibles pour l'économie.

Il pourrait concrètement s'agir d'un système de taux négatifs "par paliers" - des taux dégressifs, dont le plus faible ne toucherait qu'une fraction des dépôts - déjà mis en place en Suisse, en Suède ou au Japon, pour alléger la charge d'intérêt pesant pour près de 8 milliards par an sur les dépôts des banques.

- Agir en septembre -

Enfin, la BCE a mentionné de "potentiels nouveaux rachats d'actifs nets", c'est-à-dire une relance de la spectaculaire arme anti-crise utilisée entre mars 2015 et décembre 2018 pour amasser 2.600 milliards d'euros d'obligations publiques et privées.

Si l'institut a cessé fin 2018 d'acheter de nouveaux titres, elle a encore confirmé jeudi qu'elle réinvestirait "aussi longtemps qu'il le faudra" ses portefeuilles de titres à leur échéance.

Pour justifier les décisions du jour, plus énergiques qu'anticipé par les analystes, M. Draghi devrait souligner face à la presse la dégradation des indicateurs macroéconomiques, qui vont tous dans le sens d'une croissance poussive en zone euro au deuxième trimestre.

Outre le ralentissement mondial et l'incertitude sur le Brexit, le bras de fer sino-américain pèse sur l'industrie, et particulièrement sur le secteur manufacturier allemand, locomotive désormais grippée de l'union monétaire.

L'inflation en zone euro s'est, elle, inscrite à 1,3% en juin, contre 1,2% en mai, et devrait se tasser dans les mois à venir en raison de la baisse des prix du pétrole, toujours loin de l'objectif légèrement inférieur à 2% visé par la BCE.

Autre élément de nature à inquiéter, les banques ont resserré les normes de crédit pour les entreprises au deuxième trimestre 2019, et ce pour la première fois depuis 2014, selon une étude trimestrielle de l'institution mardi.

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