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En Espagne, les députés refusent de reconduire Pedro Sanchez à la tête du gouvernement

Pedro Sanchez s'exprime devant le Congrès espagnol à Madrid, le 25 juillet 2019.
Pedro Sanchez s'exprime devant le Congrès espagnol à Madrid, le 25 juillet 2019. Ooscar del Pozo, AFP

Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a échoué jeudi à obtenir la confiance de la Chambre des députés pour rester au pouvoir, faute d'être parvenu à un accord de coalition avec la gauche radicale de Podemos.

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Situation politique troublée en Espagne. Le socialiste Pedro Sanchez ne va pas être reconduit à la tête du gouvernement après l'échec, jeudi 25 juillet, d'un accord avec la gauche radicale de Podemos. Ce vote rapproche le pays de nouvelles élections anticipées, qui seraient les quatrièmes en quatre ans.

Avec 124 voix pour, celles de son parti et d'un député régionaliste, 155 contre et 67  abstentions, le socialiste n'a pas obtenu la majorité simple qui lui suffisait pour être réinvesti.

Arrivé au pouvoir il y a un an à la faveur d'une motion de censure, Pedro Sanchez devient le premier candidat à échouer à deux reprises à se faire élire chef du gouvernement. Il avait déjà échoué en 2016, la gauche radicale de Podemos refusant de soutenir son accord avec les libéraux de Ciudadanos, ce qui avait provoqué de nouvelles élections remportées par la droite.

Pedro Sanchez peut retenter sa chance jusqu'au 23 septembre

Après d'âpres négociations en vue de former le premier gouvernement de coalition depuis les années 1930, socialistes et Podemos se sont rejetés la faute de leur échec. "C'est la deuxième fois que vous allez empêcher que l'Espagne ait un gouvernement de gauche", a lancé à Podemos la chef du groupe socialiste à la Chambre, Adriana Lastra.

Vainqueur des législatives d'avril avec seulement 123 sièges sur 350, le chef du gouvernement sortant avait absolument besoin d'alliances pour rester au pouvoir. Mais Podemos, à qui les socialistes ont reproché de n'avoir discuté que de portefeuilles ministériels et pas d'un programme, s'est finalement abstenu alors que ses votes étaient indispensables pour investir Pedro Sanchez.

Pedro Sanchez, qui continue a expédier les affaires courantes, a maintenant jusqu'au 23 septembre pour retenter sa chance, faute de quoi les Espagnols devraient retourner aux urnes en novembre. La vice-présidente du gouvernement Carmen Calvo a cependant rappelé qu'après le vote de jeudi, Pedro Sanchez ne serait plus candidat à former un gouvernement. Il faudrait en effet que le roi lui confie à nouveau formellement cette tâche.

"Il faut un gouvernement cohérent"

Devant la chambre, Pablo Iglesias lui a tendu à nouveau la main : "Soyons capables de faire ce que vous n'avez pas été capables de faire pendant trois longs mois : négocier un gouvernement avec respect pour votre partenaire", a-t-il réclamé aux socialistes.

Mais le candidat ne cache pas sa méfiance. "J'aspire (...) à diriger le gouvernement de l'Espagne, mais pas à n'importe quel prix ni avec n'importe quel gouvernement", a dit Pedro Sanchez. "Vous ne comprenez toujours pas, M. Iglesias, qu'il faut un gouvernement cohérent et en cohésion. Pas deux gouvernements en un", lui a lancé le socialiste.

Lors de six jours de tractations houleuses, reproches publics et fuites de documents dans la presse se sont multipliés. Les socialistes ont accusé Podemos d'avoir exigé de contrôler "plus de la moitié des dépenses publiques" et "toutes les recettes". Podemos évoquait publiquement des propositions "humiliantes" les cantonnant à un "rôle de figuration".

D'autres difficultés se profilent pour un éventuel accord avant la date limite en septembre. Socialistes et Podemos ont en effet besoin de l'assentiment de partis régionaux, dont les indépendantistes catalans, pour former une majorité.

Avec AFP

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