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Le cyclisme français (re)voit la vie en jaune dans le Tour

Le Français Julian Alaphilippe alors maillot jaune lors de la 19e étape du Tour de France le 26 juillet 2019
Le Français Julian Alaphilippe alors maillot jaune lors de la 19e étape du Tour de France le 26 juillet 2019 AFP/Archives
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Paris (AFP)

Le rêve a pris forme: derrière Julian Alaphilippe et Thibaut Pinot, le cyclisme français a revu la vie en jaune dans le Tour de France jusqu'à trois jours de l'arrivée.

"On a une génération extraordinaire avec Alaphilippe en porte-drapeau, Thibaut Pinot, Romain Bardet", souligne Vincent Lavenu, le manager de l'équipe AG2R La Mondiale. D'où un bilan collectif de très haut niveau à peine affaibli par l'abandon de Pinot, blessé, et le recul d'Alaphilippe à la 5e place du classement général à la veille de l'arrivée.

"Le cyclisme français se porte bien, le travail de fond paye", note Lavenu. "On a progressé", confirme Marc Madiot, son homologue de l'équipe Groupama-FDJ, heureux que, désormais, son groupe rivalise avec les formations les plus fortes du peloton.

Pour la première fois, Pinot a décroché "à la pédale", selon l'expression cycliste, les meilleurs grimpeurs du monde, ses concurrents directs au classement. Par deux fois, le Français s'est affirmé dans les Pyrénées le plus fort dans ce registre-clé. Mais nul ne saura s'il aurait pu rivaliser avec le futur vainqueur, le Colombien Egan Bernal, dominateur par la suite en très haute altitude, dans les Alpes.

"Pinot est né avec du talent, il a travaillé pour devenir un champion", résume Madiot qui évoque le développement de son équipe: "On est passé d'une époque où l'on avait un seul entraîneur, aujourd'hui on en a quatre."

- Alaphilippe, un homme du Tour -

Sans volonté de polémique, Lavenu, qui dirige l'autre formation présente dans l'élite mondiale (WorldTour), rappelle: "On a été tant décrié il y a quelques années, en disant que les Français ne savaient pas s'entraîner, n'avaient pas les bonnes structures."

Titrés régulièrement dans les catégories de jeunes (juniors, espoirs), les "Bleus" échouaient régulièrement au niveau supérieur. Ce temps semble terminé si l'on regarde les performances de David Gaudu, lieutenant très prometteur de Pinot en montagne.

Les plus méfiants des observateurs relèvent en même temps un contexte en grande partie assaini. Présent sur le Tour à Nîmes, l'ancien président de l'UCI (Union cycliste internationale), Pat McQuaid, confiait à l'AFP sa satisfaction. "J'y suis peut-être un peu pour quelque chose", disait-il en faisant référence à la mise en place du passeport biologique à la fin de la décennie 2000.

Reste l'aléa lié à chaque coureur. Romain Bardet, le plus régulier des Français ces dernières années (2e en 2016, 3e en 2017, 6e en 2014 et 2018), a touché ses limites actuelles. Mais il sauvé l'honneur en ramenant pour la première fois le maillot à pois du meilleur grimpeur, "une belle satisfaction" de son propre aveu qui ne l'exonère pas d'une grande remise en question.

"Il y aura un avant et un après", convient Lavenu, encore circonspect sur un changement radical dans la carrière de son chef de file, membre (comme Pinot et Quintana) de la génération 1990.

Pour succéder à Bernard Hinault, le dernier vainqueur français en 1985, les regards -c'est la nouveauté de ce Tour- se portent aussi désormais vers Alaphilippe.

L'électrique puncheur de l'équipe Deceuninck est-il prêt à endosser complètement le rôle ? Samedi soir, il a délivré une première réponse à propos du classement général: "Je ne me vois pas changer tous les plans de ma carrière". Mais, quel que soit le domaine choisi à l'avenir, "Alaf" est à l'évidence un homme du Tour.

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