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Soudan : une enquête implique des paramilitaires dans la répression du sit-in du 3 juin

Des manifestants brûlent des pneus à Khartoum le 27 juillet 2019 pour protester contre les conclusions de l'enquête sur la répression de l'armée contre le sit-in de manifestants en juin.
Des manifestants brûlent des pneus à Khartoum le 27 juillet 2019 pour protester contre les conclusions de l'enquête sur la répression de l'armée contre le sit-in de manifestants en juin. Ashraf Shazly, AFP

Une enquête officielle pointe la responsabilité des paramilitaires de l'armée soudanaise dans la répression brutale d'un sit-in de manifestants en juin à Khartoum, qui avait fait des dizaines de morts et provoqué un tollé international.

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Des paramilitaires isssus des Forces de soutien rapide (RSF) de l'armée soudanaise seraient impliqués dans la répression violente d'un sit-in de manifestants en juin à Khartoum. Ce sont les conclusions d'une enquête officielle du Conseill militaire de transition, rendues publiques samedi 27 juillet lors d'une conférence de presse sur le drame qui avait fait plusieurs dizaine de morts.

Farah al-Rahmane Saïd, à la tête de la commission d'enquête, a affirmé que le Conseil militaire avait ordonné aux RSF d'évacuer un secteur appelé "Colombia", situé non loin du sit-in. Mais, a-t-il ajouté, un général des RSF a ordonné à un colonel de disperser le sit-in : "Ils ont désobéi". Ils ont demandé aux membres des RSF de se rendre "jusqu'au sit-in et leur ont donné l'ordre de descendre de leurs véhicules et de chasser les manifestants".

Épicentre de la protestation

Ce sit-in, installé devant le QG de l'armée depuis le 6 avril, a été l'épicentre du mouvement de protestation déclenché en décembre 2018 au Soudan, initialement contre le triplement du prix du pain, avant de se transformer en contestation contre le régime d'Omar el-Béchir, déchu et arrêté par l'armée le 11 avril.

Le 3 juin, des hommes armés en tenue militaire ont lancé un raid contre ce campement de la contestation qui réclamait un pouvoir civil, frappant et tirant sur les manifestants. 127 manifestants ont été tués et des centaines blessés, selon un comité de médecins proche de la contestation. Mais la commission d'enquête évalue à 87 le nombre de personnes tuées.

Manifestants et ONG ont accusé les Forces de soutien rapide. Mais le numéro deux du Conseil militaire au pouvoir, Mohammed Hamdan Daglo, également commandant des RSF, a nié toute responsabilité de ses forces, considérées comme un avatar des milices arabes Janjawid qui avaient terrorisé le Darfour (ouest) en conflit.

Une commission d'enquête sur la dispersion du sit-in a été ensuite annoncée par le Conseil militaire de transition, qui a succédé à Omar el-Béchir.

Rejet de l'enquête

"Il est clair pour la commission que le général a ordonné au colonel d'envoyer des forces anti-émeutes des RSF" contre le sit-in, a affirmé Farah al-Rahmane Saïd. Le Conseil militaire avait affirmé avoir seulement demandé aux forces de sécurité d'intervenir à "Colombia" pour chasser des éléments "criminels". Des forces "ont désobéi aux ordres et pénétré la zone du sit-in".

"Elles ont enlevé les barricades, fait usage de gaz lacrymogène et tiré à l'aveuglette, faisant des morts et des blessés parmi les manifestants et brûlant des tentes", a-t-il souligné, en faisant état de "17 morts" ce jour-là, un chiffre très inférieur à celui du comité des médecins.

L'Association des professionnels soudanais (SPA), un des principaux membres du mouvement de contestation, a rejeté les résultats de l'enquête. "Nous voulions une enquête indépendante. Nous refusons les résultats de l'enquête" officielle, a dit Ismaïl al-Taj de SPA.

En soirée, des manifestants ont brûlé des pneus à Khartoum pour protester surtout contre le bilan donné par la commission d'enquête, ont indiqué des témoins en faisant état de tirs de gaz lacrymogènes dans un quartier contre des manifestants.

Avec AFP

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