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Après le deuil national en Tunisie, "les prochaines élections s'annoncent tendues"

Les drapeaux tunisiens sont en berne en signe de deuil national après le décès du président Béji Caïd Essebsi, jeudi 25 juillet.
Les drapeaux tunisiens sont en berne en signe de deuil national après le décès du président Béji Caïd Essebsi, jeudi 25 juillet. Ammar Awad, Reuters

Après la semaine de deuil national en hommage au défunt président tunisien Béji Caïd Essebsi, la campagne pour l'élection présidentielle, avancée au 15 septembre, va reprendre ses droits.

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Après le deuil et l'unité nationale, la Tunisie s'apprête à rentrer en période de turbulences électorales. Conséquence du décès Béji Caïd Essebsi, premier président élu démocratiquement du pays, jeudi 25 juillet, une élection présidentielle anticipée aura lieu le 15 septembre.

"Il y a eu cette ferveur populaire mais désormais, il y a le retour à la réalité politique", relate Lilia Blaise, correspondante de France 24 en Tunisie. "L'avancée de l'élection présidentielle [prévue initialement le 17 novembre, NDLR] change la donne. Tout va se jouer dans les semaines qui viennent."

"La mort du président intervient à seulement quelques mois de la date prévue des élections. La transition était déjà en marche. Les élections s'annoncent tendues en raison du nombre de partis, mais la transition en soi ne risque rien", abonde Youssef Cherif, analyste politique indépendant, au micro de France 24.

Les circonstances de l’investiture de Mohamed Ennaceur comme chef d’État par intérim le 25 juillet ont en effet créé un soulagement général en Tunisie, en raison du flou juridique qui entourait la procédure. Car en vertu de la Constitution adoptée en 2014, seule la Cour constitutionnelle est habilitée à constater la vacance du pouvoir avant de confier l’intérim présidentiel au président de l’ARP. Or cette Cour constitutionnelle n’a toujours pas été formée en raison de divergences entre les partis politiques. L'intérim doit durer 90 jours au maximum.

Quelles règles pour la présidentielle ?

Si l'interim est assuré, plusieurs incertitudes demeurent pour les prochaines élections : " Le fait que la présidentielle ait lieu avant les législatives [toujours prévues pour le 6 octobre, NDLR] va obliger les partis à revoir leurs calculs et leur choix de candidats", explique Youssef Cherif.

"Si les législatives sont maintenues en octobre, il y aurait donc deux campagnes électorales en même temps, il va y avoir énormément de rivalités politiques avec plus de 200 partis existants qui ne peuvent prétendre seuls à une majorité absolue", contextualise Lilia Blaise.

Autre incertitude, et non la moindre, selon quelles modalités aura lieu la future présidentielle ? Mi-juin, la majorité présidentielle a adopté une série d'amendements au code électoral qui pourrait empêcher des candidats extérieurs aux partis établis de se présenter.

>> À lire aussi : À cinq mois de la présidentielle, la Tunisie durcit le code électoral

L'un des amendements exige que les candidats respectent individuellement durant les 12 mois précédant le scrutin les mêmes obligations que les partis : pas de fonds étrangers, ni de dons de sociétés, pas de distribution d'aide, ni de publicité politique, interdiction de l'apologie de la dictature... Des conditions drastiques qui excluraient de facto le magnat des médias Nabil Karoui, favori des sondages, la mécène Olfa Terras-Rambourg ou encore Abir Moussi, qui défend l'héritage du président déchu Ben Ali.

Avant de décéder, Béji Caïd Essebsi avait refusé de promulguer la loi. L’un de ses conseillers les plus proches, Noureddine Ben Ticha, avait alors expliqué que "le chef de l’État est contre l’exclusion".

Selon Le Monde, un des grands enjeux des prochaines semaines, et donc du scrutin, sera de savoir si son successeur, Mohamed Ennaceur, va finalement promulguer cette nouvelle loi électorale ou s’il refusera d’y toucher.

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