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Une mutinerie dans une prison dans le nord du Brésil fait plus de cinquante morts

Un mur improvisé sépare deux factions de gangs, dans une prison de Natal, dans l'État du Rio Grande do Norte, le 23 janvier 2017.
Un mur improvisé sépare deux factions de gangs, dans une prison de Natal, dans l'État du Rio Grande do Norte, le 23 janvier 2017. Nacho Doce, Reuters

Des affrontements dans une prison du nord du Brésil ont fait au moins 57 morts parmi les détenus lundi, dont 16 ont été décapités. Les autorités soupçonnent que des disputes entre factions criminelles rivales soient à l’origine du drame.

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Au moins 57 détenus ont été tués lundi 29 juillet, dont 16 par décapitation, lors d'un affrontement dans une prison du nord du Brésil. Selon les autorités locales, des disputes entre gangs rivaux pour le contrôle du centre de détention seraient à l’origine du drame.

Le nouveau massacre qui endeuille le système pénitentiaire a eu lieu au Centre de redressement régional d’Altamira, dans l’État du Pará. En pleine forêt amazonienne, il s’agit d’une région stratégique où des factions criminelles rivales se disputent le trafic de cocaïne.

La mutinerie, qui a débuté vers 7 heures locales (10 h GMT) s'est terminée en fin de matinée avec la reprise du contrôle par les autorités.

"C'est un affrontement entre membres de factions rivales", a expliqué à l'AFP une porte-parole du Système pénitentiaire du Pará (Susipe), sans préciser quelles factions étaient concernées. "Deux gardiens avaient été pris en otages, mais ils ont déjà été libérés".

Des morts asphyxiés

Des détenus issus d'une section de la prison réservée aux membres d'une faction criminelle ont fait irruption dans une autre zone où se trouvaient des prisonniers appartenant à un gang rival, avant d'y mettre le feu. "Il est probable que de nombreux détenus soient morts asphyxiés", a souligné la porte-parole du Susipe.

Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montre six têtes de prisonniers entassées contre un mur. Un détenu apparaît ensuite dans le champ et fait rouler l'une d'elles avec son pied. Sur une autre vidéo, on peut voir des corps calcinés sur un toit d'où s'échappe une épaisse fumée noire, tandis que des prisonniers armés de machettes arpentent les lieux.

D'après les autorités pénitentiaires, la prison d'Altamira, d'une capacité d'environ 163 détenus, en comptait 343, un exemple classique de surpopulation des prisons brésiliennes.

Le ministère de la Justice a indiqué dans un communiqué que des places avaient été rendues disponibles dans des prisons fédérales de haute sécurité pour que les "leaders impliqués dans la mutinerie" y soient transférés. Le ministre Sergio Moro a "déploré les morts" et annoncé "une intensification du travail des services de renseignement" pour éviter que de tels drames se reproduisent.

Deuxième mutinerie la plus mortelle de 2019

Il s’agit de la deuxième mutinerie la plus mortelle de l’année, selon le quotidien Folha de São Paulo. En mai, 55 détenus avaient été tués en deux jours lors d’affrontements entre factions criminelles dans plusieurs prisons de l’État voisin d’Amazonie (Nord).

En septembre 2018, sept prisonniers avaient trouvé la mort lors d'une mutinerie dans cette même prison d'Altamira. La mutinerie avait été attribuée cette fois-ci à une tentative d'évasion.

Début 2017, des émeutes sanglantes avaient causé la mort d'une centaine de prisonniers en un mois dans plusieurs États septentrionaux du pays, la plupart sauvagement assassinés, nombre d'entre eux étant décapités, parfois même éviscérés.

Les massacres sont attribués par les autorités aux affrontements entre factions rivales de narcotrafiquants, pour qui le nord du Brésil est une zone stratégique du transport de cocaïne en provenance de pays producteurs voisins comme la Colombie, le Pérou ou la Bolivie.

Disputes de factions sur la route de la cocaïne

Avec près de 727 000 détenus recensés en 2016, le Brésil compte la troisième population pénitentiaire du monde, souvent secouée par des drames.

La capacité des prisons est deux fois moindre, environ 368 000 places, dans ce pays de près de 210 millions d'habitants qui est l'un des plus violents au monde.

Pour Robert Muggah, directeur de recherche de l'Institut Igarape de Rio, "les dirigeants brésiliens ont toujours répondu à ces crises du système pénitentiaire en construisant plus de prisons et en prônant des peines plus lourdes". Il considère qu'une solution plus efficace serait de "chercher des alternatives à la prison" pour certaines infractions moins graves afin de réduire la population carcérale.

Altamira, ville de 110 000 habitants située à plus de 800 km de Belém, capitale du Pará, connaît de graves problèmes de déforestation, des territoires censés être réservés aux tribus indigènes étant régulièrement la cible de trafiquants illégaux de bois et les gros propriétaires terriens.

Avec AFP

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