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En Turquie, le mathématicien Tuna Altinel, enseignant en France, est sorti de prison

Le mathématicien turc Tuna Altinel embrassant son frère et sa soeur après sa libération de la prison de Kepsut (ouest de la Turquie), le 30 juillet 2019.
Le mathématicien turc Tuna Altinel embrassant son frère et sa soeur après sa libération de la prison de Kepsut (ouest de la Turquie), le 30 juillet 2019. Yasin AKGUL, AFP

Tuna Altinel, mathématicien turc enseignant à l'Université de Lyon, est sorti de prison mardi après 81 jours de détention préventive en Turquie, pour des accusations de "terrorisme", qu'il qualifie "d'absurdes".

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En France, de nombreuses voix s’étaient élevées pour dénoncer la répression dont plusieurs universitaires, dont Tuna Altinel, faisaient l’objet en Turquie, accusés de "propagande terroriste". Mardi 30 juillet, sur décision d’un juge, le mathématicien turc, qui enseigne en France, à l’Université de Lyon, a été remis en liberté sans mesures de contrôle judiciaire.

Jugé en Turquie pour "appartenance à une organisation terroriste", Tuna Altinel était détenu depuis 81 jours. Maître de conférences à l'Université Claude-Bernard Lyon 1, celui-ci est poursuivi en raison de sa participation à une réunion en France d'une amicale kurde accusée par les autorités turques d'être liée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe armé qui livre une guérilla contre l'État turc depuis 1984.

>> À lire aussi : Le sort de centaines d’universitaires poursuivis en Turquie mobilise en France

"Nous sommes heureux de cette décision, cependant nous renouvelons notre question : ‘Pourquoi a-t-il été emprisonné pendant 81 jours de façon totalement arbitraire ?’ 81 jours de sa vie lui ont été volés", a déploré son avocate Meriç Eyüboglu.

Prochaine audience le 19 novembre

Tuna Altinel, qui réside à Lyon depuis 1996, a été arrêté en mai alors qu'il se trouvait en Turquie pour ses congés. Le gouvernement français avait alors exprimé sa "préoccupation".

Peu avant, à l'ouverture de son procès, mardi, un juge avait ordonné sa remise en liberté provisoire en attendant la prochaine audience, le 19 novembre. S'il est libre jusqu'à l'audience, Tuna Altinel reste sous le coup d'une mesure administrative le privant de son passeport, ce qui l'empêche donc de quitter le territoire turc. Son avocat a précisé qu’une demande sera faite pour que le passeport de son client lui soit rendu au plus vite.

À sa sortie de prison dans la province de Balikesir (ouest de la Turquie), Tuna Altinel a été accueilli par ses proches et des dizaines de supporters qui se sont précipités sur lui pour l'enlacer et lui offrir des fleurs.

"Je ressens de la joie, non pas juste d'être libéré, mais en fait de voir le soutien de tant de gens dans la lutte pour la paix, la justice et la démocratie", a-t-il déclaré, arborant un large sourire.

De nombreux soutiens de Tuna Altinel sont venus manifester devant la prison de Balikesir où était incarcéré le mathématicien, le 30 juillet 2019.
De nombreux soutiens de Tuna Altinel sont venus manifester devant la prison de Balikesir où était incarcéré le mathématicien, le 30 juillet 2019. Yasin Agkul, AFP

Pression sur les milieux universitaires

Bertrand Buchwalter, consul général de France à Istanbul, était présent à l'audience mardi, de même qu'une délégation de collègues universitaires venus de France.

"Monsieur le juge, je ne suis membre d'aucune organisation terroriste, la seule raison pour laquelle je suis écroué depuis bientôt trois mois, c'est d'avoir aidé à organiser une réunion légale d'une association légale", a déclaré le mathématicien âgé de 53 ans au cours de l'audience, rejetant les accusations portées contre lui et demandant à être acquitté.

Il est par ailleurs poursuivi dans le cadre d'un autre procès pour avoir fait de la "propagande terroriste" en signant, en 2016, comme plus de 2 000 autres universitaires turcs, une "pétition pour la paix" demandant l'arrêt des opérations des forces de sécurité dans le sud-est de la Turquie. La prochaine audience de ce procès aura  lieu le 26 décembre.

Les milieux universitaires sont soumis à de fortes pressions en Turquie, notamment depuis la tentative de coup d'État du 15 juillet 2016 qui a été suivie de purges massives n'ayant pas épargné les facultés.

Avec AFP

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