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Débat démocrate : à gauche toute, Sanders et Warren s'opposent aux plus modérés

Elizabeth Warren et Bernie Sanders débattent avec huit autres candidats à Détroit, mardi 30 juillet 2019.
Elizabeth Warren et Bernie Sanders débattent avec huit autres candidats à Détroit, mardi 30 juillet 2019. Brendan Smialowski, AFP

Les deux figures de l'aile gauche, les sénateurs Bernie Sanders et Elizabeth Warren, ont fait front uni, lors du débat mardi soir à Détroit, face à des candidats démocrates plus modérés et soucieux de ne pas s'aliéner l'électorat centriste.

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Faut-il un programme de réformes radicales pour remporter l'investiture démocrate et battre Donald Trump à la présidentielle de 2020 ? Ou, au contraire, tenter ne pas effrayer les électeurs modérés ? Ces questions ont parcouru le débat entre dix prétendants à la Maison Blanche, organisé à Détroit, mardi 30 juillet, avant un second round avec dix autres concurrents mercredi.

Sur scène, les projecteurs étaient tournés vers Elizabeth Warren et Bernie Sanders, deux sénateurs très à gauche. Amis dans le privé, ils sont rivaux dans cette campagne électorale : chacun avoisine 15 % des intentions de vote, loin derrière le favori Joe Biden, 32 %. Ils se sont pourtant serré les coudes mardi soir face à des candidats dénonçant l'extrêmisme de leurs propositions.

L'ex-rival de Hillary Clinton en 2016, Bernie Sanders, est le chantre d'une "révolution politique" depuis le début de sa carrière. Ce pourfendeur de Wall Street prône la gratuité des universités ou encore l'assurance santé publique universelle, le fameux "Medicare for all" adopté par plusieurs candidats à l'investiture. "La santé est un droit, pas un privilège", a-t-il répété.

"Pourquoi devons-nous être aussi extrêmes ?"

Le modéré John Delaney, ancien parlementaire du Maryland, s'est lui dit favorable à une assurance santé pour tous. Il  souhaite toutefois laisser le choix du système public ou privé aux citoyens. "Nous ne voulons pas être le parti qui dit à la moitié des Américains ayant une assurance privée que leur assurance santé est illégale", a-t-il lancé. Elizabeth Warren, qui prône de "grands changements structurels", est alors intervenue pour soutenir Bernie Sanders : "N'utilisons pas l'argumentaire des républicains pour nous affronter", a glissé l'élue du Massachusetts, au-dessus de la mêlée.

"Pourquoi devons-nous être aussi extrêmes ?", a insisté l'ex-représentant Delaney, qui craint que les centristes soient effrayés par les propositions du sénateur socialiste. "Nous devons faire campagne sur de réelles solutions, pas des promesses impossibles", a-t-il ajouté. Et Elizabeth Warren d'enfoncer le clou : "Je ne comprends pas pourquoi s'embêter à être candidat à la présidence des États-Unis, si c'est juste pour parler de ce qu'on ne peut pas faire." Selon cet ancienne professeure à Harvard, il faut "donner aux électeurs des raisons d'aller voter".

En réponse à la crise climatique, Bernie Sanders a défendu son plan d'interdire les ventes de voitures à essence d'ici à 2040. "Je commence à être un peu fatigué des démocrates qui ont peur des grandes idées", a-t-il lancé. "On est foutus" si on adopte une telle proposition, lui a répondu le représentant de l'Ohio Tim Ryan. "Il nous faut être très agressifs si nous aimons nos enfants et si nous voulons leur laisser une planète saine", a insisté le socialiste du Vermont.

"Je me demande pourquoi vous êtes démocrates !"

La candidate Marianne Williamson, une auteure à succès qui s'essaie à la politique avec un style assez lyrique, a fini par prendre la défense des deux progressistes : "À en écouter certains d'entre vous ce soir, je me demande pourquoi vous êtes démocrates !"

John Hickenlooper, ex-gouverneur du Colorado, est lui venu à la rescousse du camp modéré. "Nous voulons une évolution, pas une révolution", a-t-il proclamé. Tout comme la sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar, qui s'est vantée d'avoir "des idées audacieuses mais ancrées dans la réalité" et d'avoir les capacités de "rassembler". Elle espère convaincre les électeurs des États industriels du Midwest qui ont basculé vers le Parti républicain en votant Donald Trump en 2016.

Le jeune maire de l'Indiana Pete Buttigieg a bien tenté de jouer les arbitres, en vain. "Nous devrions cesser de nous soucier des commentaires des républicains", a-t-il conseillé à ses collègues. Quelles que soient les propositions sur la table, "ils diront que nous sommes une bande de socialistes ahuris", a-t-il relevé.

Mercredi, les têtes d'affiche du deuxième débat seront Joe Biden et la sénatrice californienne Kamala Harris. Les analystes se demandent si l'ex-vice-président, qui a laissé quelques plumes face à cette procureure tenace le mois dernier, saura s'affirmer cette fois comme le favori incontesté.

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