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L'appel de l'ONU pour éviter le pire désastre humanitaire du XXIe siècle à Idleb

Les dégats après une frappe aérienne à Idleb, le 16 juillet 2019.
Les dégats après une frappe aérienne à Idleb, le 16 juillet 2019. Reuters

Mark Lowcock, responsable à l'ONU, a une nouvelle fois dénoncé, mardi, le carnage en cours à Idleb, en Syrie, et fustigé l'indifférence de la communauté internationale. Il implore d'intervenir pour éviter le pire désastre humanitaire du XXIe siècle.

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"Allez-vous à nouveau hausser les épaules ... ou allez-vous écouter les enfants d'Idleb et faire quelque chose à ce sujet ?", a demandé Mark Lowcock devant le Conseil de sécurité de l'ONU, mardi 30 juillet. Exaspéré par ce qu'il considère comme "un carnage sanglant", le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l'ONU a exhorté le Conseil d'intervenir pour éviter que le conflit à Idleb se transforme en pire désastre humanitaire du XXIe siècle.

Il a également rappelé aux membres du Conseil qu'ils avaient ignoré ses appels à la fin des bombardements dans la province d'Idleb par des avions de guerre russes et syriens et qu'ils "n'ont rien fait depuis 90 jours [l'offensive a débuté le 29 avril, NDLR] alors que le carnage se poursuit sous [leurs] yeux".

Le conflit syrien a profondément divisé le Conseil de sécurité depuis le début de celui-ci en 2011 : la Russie soutient le gouvernement tandis que les nations occidentales appuient l'opposition. Une division a empêché l'organisme le plus puissant de l'ONU de prendre des mesures importantes.

>> À lire aussi : Dans le nord-ouest de la Syrie, une guerre sans fin

La désescalade ratée à Idleb

Idleb était censée être une zone de désescalade dans le cadre d'un accord conclu entre la Russie et la Turquie qui soutient l'opposition. Mais cet accord a dans les faits échoué depuis que le gouvernement a lancé dans cette province une offensive, affirmant qu'il voulait se débarrasser des "terroristes" qui y seraient réfugiés.

Mark Lowcock a pris soin de rappeler au Conseil de sécurité le fonctionnement prévu pour le système de désescalade à Idleb : les organisations humanitaires, principalement des ONG, transmettent à l'Ocha (le bureau de la coordination des affaires humanitaires) les informations concernant la localisation des sites civils statiques et des déplacés humanitaires. L'ONU partagent ensuite ces coordonnées avec les forces de la coalition internationale, la Turquie et la Russie.

"Savoir si les informations fournies à travers le système de désescalade sont utilisées par les parties pour protéger les installations civiles des attaques ou pour les prendre pour cible est une question extrêmement importante", a interrogé Mark Lowcock, qui demande à la Russie de clarifier son utilisation des coordonnées transmises par l'Ocha. "Je continue d'espérer recevoir d'autres éclaircissements."

Mark Lowcock a déclaré que les différentes parties du conflit avaient été informées de six attaques différentes dans le nord-ouest de la Syrie cette année, et que "dans l'environnement actuel, le système de désescalade ne permet pas de protéger efficacement les utilisateurs de celui-ci". Il a également affirmé que son équipe rencontrerait prochainement les organisations humanitaires "pour les tenir au courant de la situation actuelle et déterminer si [ils doivent] continuer à notifier les nouveaux sites ou mouvements humanitaires".

"Il n'y a pas de refuge pour les habitants d'Idleb"

Le 26 juillet, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme annonçait avoir identifié au moins 450 civils tués depuis la fin du mois d’avril - dont plus d’une centaine rien qu’au cours des deux dernières semaines.

"Il n'y a pas de refuge pour les habitants d'Idleb", a souligné Lowcock. "Des centaines d'entre eux ont été tués, des centaines d'autres blessés, dont 440 000 déplacés, mais ils n'ont nulle part où aller."

Avec AP

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