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Les États-Unis sortent officiellement du traité de désarmement sur les armes nucléaires FNI

Un char du carnaval de Dusseldorf, le 4 mars 2019, représente Donald Trump et Vladimir Poutine déchirant le traité FNI.
Un char du carnaval de Dusseldorf, le 4 mars 2019, représente Donald Trump et Vladimir Poutine déchirant le traité FNI. Marcel Kusch, DPA, AFP

Washington se retire officiellement vendredi du traité de désarmement nucléaire FNI entre la Russie et les États-Unis. La fin de cet accord, conclu pendant la Guerre froide, devrait entraîner une nouvelle course aux armements.

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C'est la fin du contrôle traditionnel des armes nucléaires hérité de la guerre froide. Les États-Unis sortent officiellement vendredi 2 août du traité de désarmement FNI, accusant Moscou de l'avoir violé pendant des années, ce qui ouvre la voie à une nouvelle course aux armements dirigée contre la Russie, mais surtout contre la Chine.

"Le traité FNI nous a été utile, mais il ne fonctionne que si les deux parties le respectent", a indiqué récemment le nouveau chef du Pentagone, Mark Esper. "Les États-Unis vont respecter le traité et toutes leurs obligations jusqu'au 2 août, après quoi nous ferons ce qui est dans notre intérêt", a-t-il précisé devant les élus du Sénat.

La France a affirmé vendredi "regretter" qu'"aucune solution n'ait pu être trouvée pour maintenir en vigueur" le traité nucléaire, dont la fin, selon Paris, "accroît les risques d'instabilité en Europe et érode le système international de maîtrise des armements".

Le 1er février, les États-Unis avaient lancé la procédure de retrait de cet accord bilatéral signé pendant la Guerre froide, procédure qui s'étend sur six mois.

Le président russe Vladimir Poutine a ratifié le 3 juillet la suspension de la participation de la Russie et faute d'évolution, le retrait des deux pays provoque la fin du traité FNI qui, en abolissant l'usage de toute une série de missiles d'une portée variant de 500 à 5 500  km, avait permis l'élimination des missiles balistiques SS20 russes et Pershing américains déployés en Europe.

Le ministère russe des Affaires étrangères a pris acte vendredi de la fin de cet accord-clé "à l'initiative" de Washington, proposant de nouveau en parallèle un "moratoire sur le déploiement d'armes de portée intermédiaire".

La fin d'"un outil précieux contre la guerre nucléaire"

Mais pour l'Otan, la proposition de Moscou "n'est pas crédible", a déclaré vendredi son secrétaire général, Jens Stoltenberg. "La Russie a déployé des missiles en violation du traité FNI. Comment croire en sa bonne foi ? C'est risible et ridicule", a-t-il accusé au cours d'une conférence de presse au siège de l'Alliance atlantique à Bruxelles.

Réagissant à la fin du traité, l'Otan a annoncé ne pas vouloir s'engager dans une nouvelle course aux armements. Mais l'Alliance veut faire en sorte que "sa capacité de dissuasion reste crédible" face au déploiement du nouveau système de missiles russes "capables de transporter des têtes nucléaires et de frapper les villes européennes en quelques minutes", a-t-il affirmé.

"Le monde va perdre un outil précieux contre la guerre nucléaire", avait regretté dès jeudi le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. "Cela va probablement renforcer, et non affaiblir, la menace posée par les missiles balistiques."

De fait, la mort du traité FNI arrange bien les États-Unis, comme le notait le mois dernier l'ancien ministre américain de la Défense, Ash Carter. "D'un point de vue militaire, et non politique, ce n'est pas si mal que ça", remarquait-il lors d'une conférence au centre d'études Council on Foreign Relations. "On pourrait faire bon usage de ce que nous appelons une frappe conventionnelle rapide."

En fait, le Pentagone se réjouit de pouvoir moderniser son arsenal pour contrer la montée en puissance de la Chine, qui cherche à affirmer sa suprématie militaire en Asie.

Pas de promesses sur le déploiement d'armes conventionnelles

"La plus grande partie de l'arsenal chinois est composé de missiles de portée intermédiaire et nous devons nous assurer que nous avons les mêmes capacités si par malheur nous devions entrer en conflit avec eux un jour", a souligné Mark Esper.

Washington a promis de ne pas déployer de nouveaux missiles nucléaires en Europe, mais n'a fait aucune promesse sur le déploiement d'armes conventionnelles.

Avec AFP

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