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Des centaines d’arrestations lors d'une manifestation de l’opposition à Moscou

Des membres des forces de l'ordre russes lors de la manifestation de l'opposition le 27 juillet 2019, à Moscou.
Des membres des forces de l'ordre russes lors de la manifestation de l'opposition le 27 juillet 2019, à Moscou. Kirill Kudryavtsev, AFP

Des centaines de manifestants ont été arrêtés, lors d’une nouvelle marche de l’opposition russe à Moscou selon le réseau d'information OVD-Info. Les opposants continuent de réclamer des élections libres malgré les pressions des autorités.

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Au moins 828 personnes ont été interpelées lors d’une manifestation non autorisé, samedi 3 août, à Moscou selon le réseau d'information OVD-Info. Une semaine après l'arrestation de plus de mille personnes lors d'un rassemblement, l'opposition continue à défier les autorités qui ont multiplié les menaces et les pressions cette semaine.

Les autorités semblent cette fois déterminées à tuer dans l'œuf le mouvement de contestation, l'un des plus importants de ces dernières années.

Selon des témoins sur place, il n’a fallu que quelques minutes aux policiers des forces anti-émeutes pour intervenir.Selon l'ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi des arrestations, au moins 828 personnes, dont six journalistes, ont été interpellés par la police.

Pourtant selon la police, seulement 1 500 personnes ont participé au rassemblement. Selon des journalistes de l'AFP, qui ont assisté à des dizaines d'interpellations, le nombre des manifestants devrait se chiffrer en milliers bien qu'une estimation précise soit difficile en raison de leur dispersion dans plusieurs quartiers. Soit une faible mobilisation, sous une pluie fine et sous la surveillance d'un important dispositif de policiers et de soldats de la garde nationale, selon des journalistes de l'AFP.

La manifestation s'est pratiquement déroulée sans leader. L'opposante Lioubov Sobol, qui avait appelé à manifester samedi contre le gouvernement et une des dernières opposantes d'envergure encore en liberté, a été interpellée pour sa part alors qu'elle se rendait en taxi sur les lieux du rassemblement. Elle a été emmenée dans un fourgon de police. L'avocate de 31 ans observe une grève de la faim pour protester contre l’invalidation de sa candidature aux élections municipales programmées le mois prochain à Moscou.

Elle a été frappée d'une amende de 300 000 roubles (4 130 euros) pour participation à un rassemblement le 15 juillet, et était soumise à un interrogatoire dans la soirée, selon ses proches. "Les autorités font tout ce qu'elles peuvent pour essayer d'intimider l'opposition, pour s'assurer que les gens ne sortent pas dans la rue pour protester pacifiquement", avait-elle déclaré avant son arrestation. En grève de la faim depuis trois semaines, elle a jusqu'ici échappé à la prison du fait qu'elle a un enfant en bas âge.

Amnesty International a condamné un "usage non nécessaire et excessif de la force" ainsi que des tentatives "non fondées" de présenter des manifestations pacifiques comme une insurrection.

Analyse du correspondant de France 24 Paul Gogo à Moscou

Enquête ouverte contre l'organisation de Navalny

Un autre chef de file de l'opposition russe, Alexeï Navalny, purge une peine de trente jours de prison pour avoir appelé à une précédente manifestation interdite samedi dernier. Celle-ci s'est soldée par près de 1 400 interpellations, du jamais vu depuis le retour du président Vladimir Poutine au Kremlin en 2012. La justice russe a par ailleurs annoncé samedi l'ouverture d'une enquête pour "blanchiment" contre l'organisation d'Alexeï Navalny, le Fonds de lutte contre la corruption, à l'origine de nombreuses enquêtes sur le train de vie et les combines des élites.

Jeudi, le Fonds de lutte contre la corruption avait répondu à la répression en accusant dans une enquête l'adjointe du maire de Moscou, Natalia Sergounina, d'avoir détourné des milliards de roubles d'argent public dans la gestion du parc immobilier de la mairie.

Accentuant encore la pression d'un cran avant la manifestation de samedi, la justice a également inculpé plusieurs personnes dans le cadre d'une enquête pour "troubles massifs", une accusation lourde qui fait planer la menace de peines allant jusqu'à 15 ans de prison. Quatre d'entre elles, dont des avocats travaillant pour des ONG de défense des droits, ont été placés en détention provisoire vendredi dans l'attente de leur procès.

La police a pour sa part appelé à renoncer à la manifestation, promettant de "réagir immédiatement". Le maire de Moscou, le très loyal au Kremlin Sergueï Sobianine, a mis en garde l'opposition contre toute "nouvelle provocation".

>> À lire aussi : Manifestants arrêtés à Moscou : "On assiste à une crispation du pouvoir russe"

Perquisitions et visites du service des impôts

La contestation a démarré après le rejet des candidatures indépendantes aux élections locales du 8 septembre, qui s'annoncent difficiles pour les candidats soutenant le pouvoir. Cela à cause du contexte de grogne sociale. Il s'agit de l'un des mouvements de protestation les plus importants depuis les manifestations contre le retour au Kremlin de Vladimir Poutine, sévèrement réprimées en 2012.

Selon l'opposition, la détermination des autorités à barrer l'entrée de ses candidats au Parlement de Moscou lors du scrutin du 8 septembre s'explique par le fait qu'ils pourraient découvrir et dénoncer en cas de victoire les nombreux circuits de corruption et de détournement dans la gestion d'une ville au budget annuel faramineux de 38 milliards d'euros.

De nouvelles perquisitions ont eu lieu vendredi 2 août chez des partisans des opposants Dmitri Goudkov et Lioubov Sobol. La chaîne de télévision indépendante Dojd, qui couvre abondamment les actions de l'opposition, a de son côté reçu la visite du service des impôts jeudi après avoir décidé d'accorder aux Russes un accès gratuit à plusieurs de ses reportages.

Avec AFP et Reuters

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