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SOUDAN

Au Soudan, militaires et opposants signent une déclaration constitutionnelle

Le général Mohammed Hamdan Daglo, numéro deux du Conseil militaire, et Ahmed al-Rabie, leader de la contestation, signent la déclaration constitutionnelle lors d'une cérémonie à Khartoum, le 4 août 2019.
Le général Mohammed Hamdan Daglo, numéro deux du Conseil militaire, et Ahmed al-Rabie, leader de la contestation, signent la déclaration constitutionnelle lors d'une cérémonie à Khartoum, le 4 août 2019. Ashraf Shazly, AFP
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Au Soudan, les militaires au pouvoir et les leaders de la contestation ont paraphé dimanche une déclaration constitutionnelle, censée ouvrir la voie au transfert du pouvoir à une instance de transition majoritairement civile.

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Les militaires au pouvoir au Soudan et les meneurs de la contestation ont paraphé dimanche 4 août une déclaration constitutionnelle. Celle-ci est prévue pour ouvrir la voie au transfert du pouvoir à une nouvelle instance de transition, qui sera à la tête du pays pendant trois ans.

Ahmed al-Rabie, un des principaux responsables de la contestation, et Mohammed Hamdan Daglo, numéro deux du Conseil militaire au pouvoir, ont signé la déclaration lors d'une cérémonie. Selon un correspondant de l'AFP, les médiateurs de l'Union africaine et de l'Éthiopie étaient présents.

Les deux parties ont par ailleurs convenu que "les membres du Conseil souverain seront désignés le 18 août, le Premier ministre le 20 août et les membres du gouvernement le 28 août", a déclaré dimanche Monzer Abou al-Maali, un chef de la contestation.

Le Conseil souverain, instance dirigeante chargée de mener la transition politique et composée de cinq militaires et de six civils, sera chargé de mener la transition pendant un peu plus de trois ans, selon les termes de la déclaration politique convenue entre les deux parties le 17 juillet. Le tout dans un travail commun avec le Parlement.

"Parvenir à une paix permanente"

Monzer Abou al-Maali a précisé que l'accord global sur l'instauration d'un pouvoir civil sera signé le 17 août, à laquelle s'ajoutera la déclaration constitutionnelle. Toutes deux forment l'accord global dont l'application marquera en principe le début d'une nouvelle ère dans ce pays, après le départ de l'ancien président Omar El-Béchir, déchu et arrêté par l'armée le 11 avril sous la pression de la rue.

L'objectif de la transition dans ce pays meurtri par de nombreux conflits et dont l'économie est exsangue est "de parvenir à une paix permanente et globale avec les groupes armés tout en mettant fin à la marginalisation" d'une partie de la population, a souligné le médiateur éthiopien Mahmoud Drir après la cérémonie de signature.

La déclaration constitutionnelle adoptée par les militaires et la contestation inclut les groupes rebelles, a rappelé un des négociateurs pour le mouvement de contestation, Satea al-Haj. "Cet accord est une étape importante pour la réalisation de la paix et de la stabilité", a estimé l'Égypte en le saluant, tout comme l'Arabie saoudite. L'Union africaine "suivra la mise en place de ces accords", a souligné le médiateur mauritanien de l'UA, Mohammed el-Hacen Lebatt.

"Notre gouvernement est civil"

Signe des bouleversements politiques profonds à l'œuvre, ce nouveau Conseil souverain sera mis en place au lendemain du début du procès pour corruption d'Omar el-Béchir.

"Notre gouvernement est civil", "Révolution, révolution", ont chanté des dizaines de Soudanais rassemblés à l'extérieur du bâtiment où a eu lieu la cérémonie pour parapher cet accord accueilli aussi par un concert de klaxons.

"Nous avons tourné une page de l'Histoire du Soudan en paraphant cet accord", a déclaré Mohammed Hamdan Daglo, le numéro deux du Conseil militaire au pouvoir et chef des redoutés paramilitaires des Forces de réaction rapide (RSF). L'accord global soudanais a été obtenu après de longues et difficiles négociations entre les deux parties.

Le mouvement de protestation était né le 19 décembre quand des milliers de Soudanais étaient descendus dans les rues pour protester contre le triplement du prix du pain. Les manifestations s'étaient rapidement transformées en contestation du pouvoir d'Omar el-Béchir. Elles ont continué après le départ de ce dernier, l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la protestation, réclamant l'instauration d'un pouvoir civil aux militaires ayant pris le pouvoir.

Plus de 250 personnes sont mortes lors de la répression des manifestations, dont au moins 127 lors de la dispersion le 3 juin d'un sit-in devant le siège de l'armée à Khartoum, selon un comité de médecins proche des protestataires.

Avec AFP

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