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Plus de 40 civils tués après un raid aérien dans le sud de la Libye

Yosri al-Jamal, Reuters
Yosri al-Jamal, Reuters Un membre des forces de sécurité du gouvernement libyen reconnu par l'ONu lors d'une bataille à Tripoli le 22 juin 2019.

Une frappe aérienne à Morzouk, dans le sud de la Libye, a fait au moins 42 morts, a indiqué, lundi, un responsable local qui accuse le maréchal Khalifa Haftar d'être à l'origine de l'attaque.

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Un raid aérien contre le quartier Al-Qalaa à Morzouk, dans le sud de la Libye, a fait au moins 42 victimes civiles dimanche 4 août. Un responsable local accuse les forces de Khalifa Haftar, l'homme fort de l'est de ce pays plongé dans le chaos.

Le gouvernement d'union nationale (GNA), basé à Tripoli et reconnu par l'ONU, a confirmé que cette frappe avait fait "des dizaines de morts et de blessés parmi les civils". Il a lui aussi attribué le raid aux forces du maréchal Haftar, rival du GNA.

Selon Ibrahim Omar, membre du conseil municipal de Morzouk, "dimanche vers 17 h 00 (15 h 00 GMT), un bâtiment gouvernemental où étaient réunies plus de 200 personnes, des notables et doyens de la ville pour régler des différends sociaux, a été visé par trois frappes".

"Les bombardements ont fait 42 morts parmi les civils et plus de 60 blessés dont 30 dans un état grave" a-t-il affirmé, ajoutant que l'hôpital de la ville était "débordé".

Joint par téléphone par l'AFP, Ibrahim Omar a appelé "les organisations locales et internationales à l'aide pour gérer cette catastrophe". Il a expliqué qu'"il n'y avait pas de personnes armées ou recherchées parmi celles réunies, contrairement à ce que certains médias ont prétendu. Haftar a bombardé des civils sans armes".

Les forces d'Haftar en opération dans le sud du pays

Le GNA a, dans un communiqué sur sa page Facebook, condamné "avec force" ce raid et fait porter "aux milices de Haftar l'entière responsabilité de cette attaque mais également celle de toutes les hostilités et les violations depuis la présence de ces milices dans la ville et dans le Sud de manière générale".

Les forces du maréchal Haftar, qui contrôlent la ville de Morzouk, étaient injoignables dans l'immédiat.

Avec ses 50 000 habitants majoritairement de l'ethnie Toubou et son emblématique forteresse construite il y a plus de sept siècles, Morzouk est une oasis du sud-ouest de la Libye située à près de 900 kilomètres au sud de Tripoli.

En février les pro-Haftar sont entrées à Morzouk qui, avec les villes de Sebha et d'Oubari, se trouvent dans une région marginalisée et marquée, depuis 2011, par des combats tribaux et ethniques sanglants entre les communautés Toubou, Touareg et des tribus arabes. Une partie des habitants de Morzouk était hostile à l'opération de l'ANL, redoutant des actes de vengeance de leurs rivaux arabes ayant pour la plupart rallié l'ANL. Certains membres de la communauté Toubou avaient crié au "nettoyage ethnique".

>> À lire aussi : qui sont les soutiens du maréchal Haftar ?

Par ailleurs, un avion de ligne libyen qui s'apprêtait à atterrir à l'aéroport de Mitiga, le seul fonctionnel de la capitale libyenne Tripoli, a échappé de justesse dimanche soir à un bombardement, selon une source aéroportuaire.

Le président français Emmanuel Macron a discuté dimanche avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi de la Libye "avec pour objectif de soutenir le plan des Nations unies en vue d'un cessez-le-feu à brève échéance et d'une reprise du dialogue".

Avec AFP

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