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Pékin prévient les manifestants de Hong Kong qu'il ne faut pas "jouer avec le feu"

Trois manifestants masqués tiennent une conférence de presse à Hong Kong, le 6 août 2019.
Trois manifestants masqués tiennent une conférence de presse à Hong Kong, le 6 août 2019. Vanessa Yung, AFP

Défiant les menaces de Pékin, trois membres du mouvement prodémocratie hongkongais ont pris l'initiative, mardi, d'organiser une conférence de presse, durant laquelle ils ont réclamé la protection des libertés pour chaque citoyen.

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Une conférence organisée "par le peuple, pour le peuple". Trois membres du mouvement prodémocratie hongkongais ont organisé, mardi 6 août, une très inhabituelle conférence de presse afin, selon eux, de ne pas laisser le monopole de la communication à l'exécutif de la ville, qui est aligné sur Pékin.

Vêtus de la tenue emblématique de la contestation, un tee-shirt noir et un casque de chantier jaune, deux jeunes hommes et une jeune femme portant des masques ont présenté ce point presse, le premier aussi formel. "Nous appelons le gouvernement à redonner le pouvoir au peuple et à répondre aux demandes des citoyens de Hong Kong", ont-ils affirmé, assurant qu'aucun ne s'exprimait au nom d'un quelconque mouvement ou parti politique.

"Redonner le pouvoir au peuple"

"Le gouvernement actuel devrait se sentir concerné par l'émotion de la population, mais il a choisi de ne pas prendre ses responsabilités", ont-ils déclaré, lisant des déclarations en anglais et en cantonais. "Un tel comportement scandaleux doit être condamné", a affirmé l'un d'eux, en anglais.

Les trois manifestants ont ensuite dénoncé la violence des forces de l'ordre qui témoigne d'une "perte totale d'autodiscipline" et de leur "incompétence". "La quête de la démocratie, de la liberté et de l'égalité est pour chaque citoyen un droit inaliénable. Nous appelons le gouvernement à ne pas exterminer ce droit", ont-ils ajouté.

Cette conférence de presse intervient au lendemain d'une des journées les plus violentes depuis le début du mouvement, qui a été marquée par une grève générale, de nombreuses manifestations parfois émaillées de heurts avec la police et une action de grande ampleur de blocage du métro de la ville.

>> À lire : La police disperse les manifestants après une nouvelle journée de mobilisation à Hong Kong

"Ceux qui jouent avec le feu finissent par se brûler"

De son côté, le bureau chinois des affaires hongkongaises a voulu prévenir, mardi, dans un communiqué, "tous les criminels violents" de ne "pas prendre la retenue des autorités pour de la faiblesse". "Nous disons clairement au petit groupe de criminels violents et sans scrupules et aux forces répugnantes qui sont derrière eux : ceux qui jouent avec le feu finissent par se brûler [...]. Et ils finiront par être punis".

Lundi, la cheffe de l'exécutif pro-Pékin, Carrie Lam, avait dénoncé, lors d'une conférence de presse, des "perturbations intensives" qui "ont sérieusement sapé la loi et l'ordre à Hong Kong et poussent la ville au bord d'une situation très dangereuse".

"Une guerre psychologique"

Selon notre journaliste Armelle Charrier, l'avertissement de l'exécutif chinois vis-à-vis des manifestants n'est "pas à prendre à la légère". "On est en train de regarder le point de bascule qui fera qu'on passera de cette guerre psychologique à la guerre réelle, ce qui est un vrai risque aujourd'hui". Et d'ajouter : "Trente ans après, tout le monde se dit 'impossible de refaire Tiananmen' mais la réalité chinoise peut être autre".

Depuis début juin, les manifestants demandent notamment la démission de Carrie Lam, une enquête sur l'action de la police, une amnistie pour les manifestants, en plus du suffrage universel et d'un abandon définitif d'un projet de loi controversé sur les extraditions vers la Chine.

Avec AFP et Reuters

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