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PAKISTAN

L'armée pakistanaise apporte son soutien total aux habitants du Cachemire

Des gardes surveillent les rues de Jammu, au Cachemire, le 6 août 2019.
Des gardes surveillent les rues de Jammu, au Cachemire, le 6 août 2019. Rakesh Bakshi, AFP
5 mn

L'armée pakistanaise fera tout pour aider la population du Cachemire, a déclaré le chef d'état-major, mardi, au lendemain de la révocation par l'Inde de l'autonomie de ce territoire, que le Pakistan revendique.

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"L'armée pakistanaise soutient fermement les Cachemiris dans leur juste lutte et jusqu'au bout. Nous sommes prêts et nous ferons tout pour remplir nos obligations", a déclaré, mardi 6 août, le chef d'état-major du Pakistan, le général Qamar Javed Bajwa, d'après un tweet du porte-parole militaire Asif Ghafoor. Cette déclaration fait suite à la révocation par l'Inde, la veille, de l'autonomie constitutionnelle de la partie du Cachemire qu'elle contrôle et que le Pakistan revendique.

La communication a été faite au terme d'une réunion des principaux chefs militaires du pays à Rawalpindi, ville garnison contiguë à Islamabad où l'armée a son quartier général.

Ses participants ont "totalement soutenu" la position du gouvernement pakistanais, qui s'oppose à la mesure indienne, a indiqué le général Ghafoor. "Le Pakistan n'a jamais reconnu les prétendus efforts de l'Inde pour légaliser son occupation", a-t-il ajouté.

Le Cachemire sous tension

Le Cachemire indien, coupé du monde après la décision de New Delhi de supprimer son statut d'autonomie, était sous haute tension, certains habitants faisant état de soldats omniprésents et de manifestations.

Un hôpital de Srinagar, ville principale de ce territoire, a admis six patients blessés notamment par balles, a-t-on appris auprès d'une source de cet établissement sous couvert d'anonymat.

Des témoignages concernant la situation sur place ont pu être recueillis auprès de passagers arrivant de Srinagar à New Delhi. Un voyageur ayant requis l'anonymat a raconté avoir entendu des tirs intermittents depuis lundi ainsi que des cris de soldats durant la nuit. Les troupes gouvernementales sont déployées "tous les deux mètres", a-t-il ajouté. "Ma voiture a été contrôlée au moins 25 fois sur le chemin de l'aéroport et il m'a fallu presque quatre heures pour parcourir un trajet qui prend habituellement à peine trente minutes."

L'analyse de notre correspondante, Sonia Ghezali

Environ 500 personnes ont manifesté en début d'après-midi à Muzaffarabad, la plus grande ville du Cachemire pakistanais. Des rassemblements étaient aussi attendus à Lahore (Est), Karachi (Sud) et dans la capitale Islamabad.

Les parlementaires pakistanais ont également entamé une session conjointe pour discuter d'une réponse possible à la décision de New Delhi.

Une décision de l'Inde qui pourrait mettre le feu aux poudres

Le gouvernement indien a annoncé lundi la révocation de l'autonomie constitutionnelle du Cachemire, une décision explosive qui vise à placer sous une tutelle plus directe de New Delhi cette région rebelle revendiquée par le Pakistan.

L'État du Jammu-et-Cachemire (Nord) bénéficiait jusqu'alors d'un statut spécial garanti par la Constitution indienne. Il permettait à cette région de légiférer sur tous les sujets à l'exception de la défense, des Affaires étrangères et des communications. Le Pakistan, qui revendique le Jammu-et-Cachemire depuis la partition avec l'Inde en 1947, au terme de la colonisation britannique, a qualifié cette décision d'"illégale".

>> À voir aussi : La crainte d'un embrasement régional après la révocation de l'autonomie du Cachemire

Cette mesure devrait exacerber la rébellion sanglante au Cachemire sous contrôle indien, qui a coûté la vie à plus de 70 000 personnes, principalement des civils, depuis 1989. Elle devrait aussi renforcer l'animosité avec le Pakistan, qui comme l'Inde dispose de l'arme nucléaire et revendique l'autre moitié du Cachemire. Les deux voisins se sont déjà livré deux guerres pour ce territoire montagneux majoritairement peuplé de musulmans.

En prévision de possibles troubles, les autorités indiennes avaient déployé ces dix derniers jours plus de 80 000 paramilitaires supplémentaires dans cette zone déjà hautement militarisée. Elles ont aussi coupé les télécommunications, interdit les rassemblements publics et arrêté trois hauts responsables politiques du Cachemire indien pour éviter qu'ils ne "troublent la paix".

Le quotidien pakistanais en langue anglaise, Dawn, a titré mardi en une : "New Delhi cesse de faire semblant et vole le statut spécial du Cachemire".

Avec AFP

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