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Le ton monte entre l'Inde et le Pakistan, 500 personnes arrêtées au Cachemire

D'importants contingents de soldats indiens sont positionnés au Cachemire, comme ici à Srinagar le 7 août.
D'importants contingents de soldats indiens sont positionnés au Cachemire, comme ici à Srinagar le 7 août. Danish Ismail, Reuters

L'Inde a indiqué jeudi que la révocation de l'autonomie du Cachemire indien relevait d'une affaire interne tandis que le Pakistan a écarté le recours à la force. Parallèlement, plus de 500 personnes ont été arrêtées dans la région côté indien.

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La situation diplomatique se tend davantage entre l'Inde et le Pakistan après la révocation de l'autonomie du Cachemire indien par New Delhi. Toutefois, Islamabad a écarté, jeudi 8 août, le recours à l'armée.

"Le Pakistan n'envisage pas l'option militaire", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Shah Mehmood Qureshi lors d'une conférence de presse.

Le pays avait annoncé, mercredi soir, l'expulsion de l'ambassadeur indien à Islamabad et le rappel de son propre représentant à New Delhi. Islamabad avait également suspendu le commerce bilatéral, une mesure principalement symbolique.

Modi a révoqué l'autonomie du Cachemire pour le "libérer du terrorisme"

Le Premier ministre indien Narendra Modi s'est adressé à la nation jeudi soir pour expliquer la décision de son gouvernement de révoquer de force l'autonomie constitutionnelle du Cachemire indien – une décision susceptible d'embraser cette région revendiquée par le Pakistan et en proie à une insurrection séparatiste, d'autant plus que les nationalistes hindous ont également fait voter par le Parlement la dislocation de la région, qui sera désormais formée de deux entités administratives distinctes, le Jammu-et-Cachemire et le Ladakh.

"Mes amis, je suis convaincu que nous pourrons libérer le Jammu-et-Cachemire (nom actuel de l'État correspondant à la partie du Cachemire contrôlée par l'Inde, NDLR) du terrorisme et du séparatisme avec cette forme d'organisation", a affirmé le dirigeant nationaliste hindou. "J'ai la conviction que le peuple du Jammu-et-Cachemire, après avoir vaincu le séparatisme, progressera vers de nouveaux espoirs et de nouvelles aspirations", a-t-il ajouté, qualifiant cette mesure d'"historique".

Arrestations massives sur place

Dans la région concernée, plus de 500 Indiens ont été arrêtés et placés en détention ces derniers jours, rapportait également jeudi la presse indienne.

Des professeurs d'université, des hommes d'affaires, des militants et responsables politiques indiens figurent parmi les 560 personnes placées dans des centres de détention après leur arrestation, parfois au milieu de la nuit, d'après l'agence Press Trust of India et le quotidien The Indian Express.

Un recours judiciaire a été déposé devant la Cour suprême indienne pour demander la levée des restrictions au Cachemire et la libération des personnes interpellées.

Rupture diplomatique entre les deux États

L'Inde a déployé des dizaines de milliers de paramilitaires en renfort depuis le début du mois au Cachemire, une région himalayenne parmi les plus militarisées du monde, où elle comptait déjà près d'un demi-million de membres des forces de sécurité.

Pour New Dehli, "les récents événements liés à l'article 370 [de la Constitution, qui a été révoqué, NDLR] sont entièrement une affaire interne à l'Inde", a répondu jeudi le ministère des Affaires étrangères indien dans un communiqué, dénonçant des "actions unilatérales" du Pakistan. "L'intention derrière ces mesures est clairement de présenter au monde une image alarmante de nos liens bilatéraux."

>> À lire aussi : Au Cachemire, Narendra Modi réalise un vieux rêve du nationalisme indien

L'UE et Malala appelle à une solution diplomatique

Le cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini s'est entretenue par téléphone avec ses homologues indien et pakistanais sur le dossier. "L'Union européenne soutient une solution politique bilatérale entre l'Inde et le Pakistan sur le Cachemire, qui reste le seul moyen de résoudre un vieux litige qui cause instabilité et insécurité dans la région", ont indiqué ses services dans un communiqué.

"Je suis inquiète pour la sécurité des enfants et femmes cachemiris, les plus vulnérables à la violence et les plus susceptibles de souffrir du conflit", a tweeté la prix Nobel de la paix Malala Yousafzai.

"Nous représentons des cultures, religions, langages, gastronomies et traditions différentes. Et je crois que nous pouvons vivre en paix", a lancé cette jeune Pakistanaise qui avait survécu à une attaque des Taliban.

Les habitants du Cachemire indien connaissaient jeudi leur quatrième journée de confinement, totalement coupés du reste du monde. Tous les moyens de communication sont bloqués depuis dimanche soir, les déplacements et rassemblements interdits. Militaires et paramilitaires sont déployés en nombre dans les rues par ailleurs désertes.

Le Cachemire est disputé par l'Inde et le Pakistan depuis la partition de l'empire colonial britannique des Indes en 1947, et est divisé de fait entre les deux frères ennemis d'Asie du Sud.

L'insurrection armée contre New Delhi, qui a culminé durant les années 1990 avant de décliner, y connaît un regain depuis 2016. Les Cachemiris craignent que le confinement de la population, en grande partie hostile à l'Inde, n'exacerbe le ressentiment local.

L'agence de sécurité aérienne indienne a demandé aux aéroports à travers le pays de renforcer leur dispositif de sécurité à la suite des événements liés au Cachemire, indiquant que "l'aviation civile présentait une cible facile pour les attaques terroristes".

Avec AFP

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