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En Italie, Matteo Salvini fait éclater la coalition et exige des législatives anticipées

Le ministre italien de l'Intérieur et chef de la Ligue, Matteo Salvini, lors d'une conférence de presse à Rome le 15 juillet 2019.
Le ministre italien de l'Intérieur et chef de la Ligue, Matteo Salvini, lors d'une conférence de presse à Rome le 15 juillet 2019. Andreas Solaro, AFP

Matteo Salvini, l'homme fort du gouvernement italien et chef de la Ligue, a exigé jeudi la tenue d'élections législatives anticipées tout en faisant éclater la coalition populiste instaurée il y a 14 mois avec son allié du Mouvement 5 Étoiles.

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Le torchon brûle entre la Ligue et le Mouvement 5 Étoiles. Matteo Salvini, l'homme fort du gouvernement italien et chef de la Ligue, a réclamé jeudi 8 août un retour aux urnes, faisant éclater la coalition populiste instaurée avec son allié populiste et provoquant une crise à l'issue incertaine.

"Allons tout de suite au Parlement pour prendre acte qu'il n'y a plus de majorité (...) et restituons rapidement la parole aux électeurs", a-t-il exigé dans un communiqué, diffusé après une série de rencontres entre dirigeants politiques. "Il est inutile d'aller de l'avant avec des 'non' et des disputes, comme ces dernières semaines, les Italiens ont besoin de certitudes et d'un gouvernement qui travaille", a ajouté le vice-Premier ministre de la Ligue (extrême droite).

Les médias italiens ont évoqué la date du 20 août pour le vote d'une motion de censure qui ferait tomber le gouvernement, avec une dissolution du Parlement dans les jours suivants.

Toute la journée, des consultations ont eu lieu entre le chef du gouvernement Giuseppe Conte et le président Sergio Mattarella d'une part, et entre Conte et Matteo Salvini d'autre part. Luigi di Maio, l'autre vice-Premier ministre et chef de file du M5S (antisystème), est resté enfermé à "travailler" dans son bureau du Palais Chigi, le siège du gouvernement, sans être convié aux discussions.

Une crise provoquée par le projet de ligne grande vitesse

La crise au sein de la coalition a été déclenchée par le dernier vote de la session parlementaire sur la ligne Lyon-Turin, mercredi. Le M5S s'est retrouvé à voter tout seul une motion contre cette liaison franco-italienne à grande vitesse, tandis que la Ligue apportait son soutien à deux motions de l'opposition en faveur du projet.

Matteo Salvini a dénoncé, dans son communiqué, "les insultes répétées à moi et à la Ligue de la part de prétendus alliés", dans une allusion au ministre des Transports, Danilo Toninelli, qui avait qualifié l'homme fort du gouvernement de "nain assis sur les épaules de géants".

Les crises politiques en Italie ne se produisent généralement jamais en été, encore moins en plein mois d'août, mais Matteo Salvini a estimé que cela n'avait pas d'importance.

"Les vacances ne peuvent pas être une excuse pour perdre du temps et les parlementaires peuvent revenir travailler la semaine prochaine, comme le font des millions d'Italiens, à moins qu'ils ne veulent sauver leurs privilèges", a conclu le chef de la Ligue.

La Ligue en position de force

La tension entre les deux ex-alliés gouvernementaux, la Ligue et le M5S, couvait depuis de longues semaines, plus spécialement depuis les élections européennes qui se sont traduites par un triomphe de la Ligue et un échec cuisant pour le Mouvement.

Ces élections ont marqué un retournement de situation par rapport aux législatives de mars 2018 qui avaient attribué au M5S plus de 32 % des voix et à la Ligue environ 17 %. Les européennes ont vu la Ligue pulvériser toutes les prévisions en obtenant plus de 34 % des suffrages, soit environ le double du M5S, tombé à 17 % environ.

Depuis ce scrutin, tous les observateurs italiens se demandaient combien de temps Matteo Salvini allait accorder au gouvernement de Giuseppe Conte avant de le faire chuter, fort de sondages qui le donnaient à 36/38 % des intentions de vote, voire plus, lui permettant potentiellement de gouverner presque seul, ou avec l'appui acquis d'avance du parti néofasciste Fratelli d'Italia.

Luigi di Maio, très contesté en interne et peu offensif depuis les européennes, qui faisaient déjà suite à une série de défaites dans des scrutins locaux, s'est contenté d'affirmer que son mouvement "est prêt" à retourner aux urnes.

La grande inconnue reste la réaction du chef de l'État, Sergio Mattarella, qui a seul le pouvoir de dissoudre le Parlement, après consultation des présidents des deux Chambres et des principaux dirigeants politiques avant de convoquer un scrutin.

Or Sergio Mattarella est notoirement opposé à des élections à l'automne – septembre-octobre –, période où le gouvernement doit préparer le budget de l'année prochaine, en discuter avec Bruxelles et le présenter pour adoption au Parlement.

Selon l'agence AGI, le Sénat pourrait se réunir le 20 août pour décréter la fin de la majorité gouvernementale et le Parlement pourrait être dissous quelques jours plus tard. De nouvelles élections devraient alors être convoquées dans un délai de 50 à 70 jours, selon la Constitution italienne.

Avec AFP

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