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Présidentielle tunisienne : cacique ou jeune premier, qui succédera à Essebsi ?

Le Premier ministre tunisien et président du parti politique Tahya Tunis, Youssef Chahed, a annoncé sa candidature à la présidentielle, à Tunis, le 8 août 2019.
Le Premier ministre tunisien et président du parti politique Tahya Tunis, Youssef Chahed, a annoncé sa candidature à la présidentielle, à Tunis, le 8 août 2019. Hasna, AFP

Les candidats à la présidentielle anticipée du 15 septembre en Tunisie ont jusqu’à vendredi minuit pour déposer leur dossier. Figure historique ou jeune premier : France 24 revient sur les principaux prétendants à la succession de Béji Caïd Essebsi.

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Ils sont une soixantaine à convoiter le palais de Carthage. Les candidats à l’élection présidentielle en Tunisie ont jusqu’à vendredi 9 août, minuit, pour déposer leur dossier. Initialement prévu en novembre, le scrutin a été avancé au 15 septembre à la suite de la mort du président Béji Caïd Essebsi.

Sur la ligne de départ, plusieurs personnalités historiques de la politique tunisienne mais aussi de nouveaux visages, qui, une fois leur candidature validée par l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), pourront faire campagne du 2 au 13 septembre.

  • Abdelfatah Mourou est le cofondateur et vice-président d’Ennahda, principale formation politique en Tunisie. C’est la première fois que le parti, qui se dit musulman démocrate, présente un candidat à une élection présidentielle. Il misait sur une coalition avec le chef du gouvernement, Youssef Chahed, mais, sans réponse de sa part, le parti a désigné une personnalité de son propre sérail.
    L’homme à l’habit traditionnel, souvent présenté comme le plus modéré du parti, paraît comme le personnage consensuel capable "d’unir les Tunisiens". Abdelfatah Mourou, 71 ans, avocat de formation, est le vice-président de l'Assemblée des représentants du peuple et, depuis la mort de Béji Caïd Essebsi, le troisième homme du pays.

>> À lire : Tunisie : "Abdelfattah Mourou est capable de rassembler au-delà de la base électorale d’Ennahda"

  • Le Premier ministre, Youssef Chahed, a tardé avant d’annoncer sa candidature. À 43 ans, cet ingénieur agronome est le plus jeune chef du gouvernement de l’histoire tunisienne. À la tête du parti qu’il a fondé, Tahya Tounes, deuxième force du pays, il participe à sa première élection. Le candidat libéral se présente comme candidat de la jeunesse. Mais après avoir été en tête des sondages, Youssef Chahed a vu sa popularité chuter à cause des difficultés économiques que traverse le pays, comme le chômage.
  • Inversement, les derniers sondages donnent l’homme d’affaires, Nabil Karoui, en première position. Magnat des télécoms, à la tête de Nessma TV, une des principales chaînes privées de Tunisie, le candidat surfe sur la tendance de méfiance envers l’État et se présente comme un antisystème. Qualifié de populiste par ses détracteurs, il a multiplié ces dernières années des campagnes de charité, distribuant nourriture, vêtements et électroménagers sous l'œil des caméras de sa chaîne. Nabil Karoui a été inculpé le 8 juillet par la justice tunisienne pour blanchiment d’argent. Celle-ci a gelé ses avoirs et lui interdit de quitter le territoire. Une modification du Code électoral votée au Parlement, mais non promulguée avant la mort d'Essebsi, permet à l'homme d'affaires de concourir malgré ses déboires judiciaires.
  • Abdelkarim Zbidi est un autre favori de cette élection présidentielle. Il a annoncé sa candidature, mercredi 7 août, après avoir démissionné le même jour de son poste de ministre de la Défense. Candidat indépendant, il bénéficie du soutien des partis laïques Nidaa Tounes et Afek Tounes. Technocrate et médecin de formation, Abdelkarim Zbidi est perçu par une partie de l'opinion publique tunisienne comme au-dessus des partis politiques et des luttes de pouvoir qui ont ralenti les nécessaires réformes économiques dans le pays ces dernières années.
  • Moncef Marzouki, ancien président de la République, désigné comme tel par le Parlement après la révolution, a une nouvelle fois rejoint la course au fauteuil présidentiel. Mais l’ancien défenseur des droits de l’Homme de 74 ans n’a jamais pu passer l’épreuve du suffrage universel. En 2014, il avait échoué au second tour face à Béji Caïd Essebsi. Médecin de formation et fondateur du mouvement Tounes El Irada (aujourd’hui Hizb el-Harak), il a été à la tête du Congrès pour la République.
     
  • Pour la première fois dans l’histoire du monde arabe, un candidat à la présidentielle affiche son homosexualité. L’avocat Mounir Baatour, président du Parti libéral, se présente comme défenseur des droits de la communauté LGBTQ alors même qu’il est contesté par celle-ci. Ce dernier a purgé trois mois de prison pour sodomie avec un lycée de 17 ans. Des faits que l'avocat a toujours niés. Dans un communiqué accompagnant une pétition, 18 associations LGBTQ affirment que : "Monsieur Baatour ne représente en aucun cas la communauté LGBTQ, ni [leur] mouvement en Tunisie".
  • Candidat de la gauche, Hamma Hammami brigue la magistrature suprême. Secrétaire général du parti des Travailleurs, il était arrivé en troisième position lors de l’élection de 2014, derrière Béji Caïd Essebsi et Moncef Marzouki.
     
  • Rare femme à être candidate à cette élection, Abir Moussi est une pasionaria de l'ancien régime du dictateur déchu Zine el Abidine Ben Ali. À 44 ans, cette farouche opposante aux islamistes prône leur exclusion de l’échiquier politique tunisien, Ennahda y compris.
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