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Moscou reconnaît l'accident "nucléaire" sur une base du Grand Nord

La base militaire de Nyonaksa, dans le Grand Nord de Russie, le 9 septembre 2011.
La base militaire de Nyonaksa, dans le Grand Nord de Russie, le 9 septembre 2011. AFP

Deux jours après une explosion meurtrière survenu sur une base de lancement de missiles dans le Grand Nord, la Russie a reconnu, samedi, que l’accident avait un caractère nucléaire. Le niveau de radiation a augmenté brièvement suite à l'accident.

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Après deux jours de silence, la Russie a reconnu, samedi 10 août, le caractère nucléaire de l'explosion survenue jeudi sur une base de lancement de missiles dans le Grand Nord. Le bilan de l’explosion a, lui, été revu à la hausse, s’établissant désormais à au moins cinq morts.

L'agence nucléaire russe Rosatom a en effet annoncé via un communiqué que cinq membres de son personnel ont été tués dans cette explosion, ajoutant que trois autres personnes, victimes de brûlures, avaient été blessées.

Celle-ci a précisé que ses personnels fournissaient de l'ingénierie et du support technique pour "la source d'énergie isotopique" du moteur du missile, alors que l'armée n'avait pas décrit l'accident comme impliquant du combustible nucléaire.

Après l’accident, le ministère russe de la Défense avait seulement indiqué que les faits s’étaient produits lors de l’essai d’un "moteur-fusée à ergols liquides" et avait fait état de deux "spécialistes morts des suites de leurs blessures" et de six autres blessés.

Hausse de la radioactivité

Samedi, alors que le bilan a été revu à la hausse, il n'était pas clair si les cinq morts évoqués par Rosatom incluaient aussi les "spécialistes" dont la mort avait été annoncée par l'armée.

Du côté des autorités, celles-ci n'ont jusqu'à présent publié que peu de détails sur l'accident qui a touché la base du village de Nyonoksa, ouverte en 1954 et spécialisée dans les essais de missiles de la flotte russe, notamment des missiles balistiques.

Si l'armée russe et un porte-parole du gouverneur régional avaient déclaré qu'il "n'y a pas eu de contamination radioactive", la mairie de Severodvinsk, ville de 190 000 habitants à une trentaine de kilomètres de la base, avait quant à elle assuré sur son site internet que ses capteurs avaient "enregistré une brève hausse de la radioactivité".

Le post a toutefois été retiré du site internet de la mairie, qui n'a pas non plus précisé jusqu'à quel niveau était montée la radioactivité.

Un responsable local de la défense civile, Valentin Magomedov, a déclaré à l'agence de presse TASS que le niveau de radiation était monté jusqu'à 2.0 microsievert pendant trente minutes, la limite règlementaire d'exposition étant de 0,6 microsievert par heure.

Greenpeace Russie a publié une lettre de responsables d'un centre de recherche nucléaire donnant le même chiffre. Ceux-ci affirment que les radiations ont duré au moins une heure, sans que cela présente de risques pour la santé, précisent-ils.

Dès vendredi, les habitants de Severodvinsk se sont néanmoins rués sur les stocks d'iode et d'iodifères vendus en pharmacie.

"Les événements d'hier (jeudi) ont bouleversé la ville." a déclaré Elena Varinskaïa, une pharmacienne de la ville. "Les gens ont paniqué. En une heure on a vendu tous les stocks", ajoute-t-elle, précisant avoir "distribué des fiches contenant toutes les règles à suivre en cas de contamination radioactive".

"Pas de danger" pour les utilisateurs

Une vidéo non sourcée a été relayée par des médias russes. Ces derniers affirment que le fichier montre des files d'ambulances traversant Moscou vers un centre spécialisé dans le traitement des victimes de radiations.

Selon l’agence nucléaire Rosatom, les blessés sont soignés dans "un centre médical spécialisé".

Un expert de l'Institut pour la recherche nucléaire de Moscou, Boris Jouïkov, a déclaré au site du quotidien RBK que les sources d'énergie isotopiques servaient principalement dans l'industrie spatiale et ne présentaient habituellement pas de danger pour les utilisateurs.

"Si elles sont endommagées, les personnes alentour pourraient être blessées" explique-t-il, précisant que "différents éléments peuvent être utilisés en qualité de combustible dans les sources isotopiques : plutonium, promethium ou cerium."

Toutefois, selon lui, les niveaux de radioactivité impliqués n'ont "absolument rien de comparable avec ceux d'accidents sérieux dans des réacteurs."

Le pire accident nucléaire de l'histoire a eu lieu en 1986 en Union soviétique, dans la centrale ukrainienne de Tchernobyl. Les autorités avaient alors été accusées d'avoir cherché à cacher l'ampleur du désastre pendant plusieurs semaines.

Avec AFP

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