Accéder au contenu principal

La Tanzanie endeuillée après l'explosion d'un camion-citerne

Des sauveteurs retirent des motos du brasier après l'explosion d'un camion-citerne à Morogoro, en Tanzanie, le 10 août 2019.
Des sauveteurs retirent des motos du brasier après l'explosion d'un camion-citerne à Morogoro, en Tanzanie, le 10 août 2019. Emmanuel Herman, Reuters

Au moins 75 personnes ont été tuées et 70 autres blessées dans l'explosion, samedi, d'un camion-citerne à l'ouest de la capitale tanzanienne. Les victimes tentaient de siphonner du carburant. Le président a décrété un deuil national jusqu'à lundi.

Publicité

C’est l’un des pires accidents survenus en Afrique de l’Est ces dernières années. En Tanzanie, en périphérie de Morogoro, à près de 200 kilomètres de Dar es Salaam, au moins 75 personnes ont péri et plus de 70 autres ont été blessées dans l'explosion, samedi 10 août, d'un camion-citerne accidenté dont elles tentaient de siphonner le carburant.

Parmi les victimes, la plupart sont des conducteurs de motos-taxis et des personnes des alentours qui étaient accourus pour récupérer du carburant qui s'échappait de la citerne.

Les faits se sont déroulés vers 8 h 30 (5 h 30 GMT) sur la commune de Msamvu, dans l'immédiate périphérie de Morogoro.

Après que le camion s’est renversé sur la chaussée, des conducteurs de "boda-boda" – des motos-taxis – ont afflué sur les lieux et ont tenté de récupérer du carburant, suivis par les habitants de la commune. Une vidéo postée sur les réseaux sociaux montre ainsi des dizaines de badauds affairés à tenter de récupérer du carburant dans des jerricanes jaunes.

L'essence s'est ensuite embrasée. Sur une vidéo tournée peu après, on aperçoit des corps de victimes carbonisés, comme pétrifiés, côtoyant au sol effets personnels et carcasses de motos.

"La batterie du véhicule a été arrachée"

Selon le gouverneur, au moment où les habitants remplissaient samedi leurs bidons de carburant, un homme a tenté d'arracher la batterie du camion, provoquant ainsi la déflagration. Une explication corroborée par plusieurs témoins.

"Nous sommes arrivés sur les lieux, avec deux voisins, juste après que le camion s'est renversé", a rapporté January Michael, un jeune enseignant joint par l’AFP. "Pendant que certains bons samaritains essayaient de sortir du camion le chauffeur et les deux autres personnes qui se trouvaient à bord, d'autres se bousculaient, munis essentiellement de jerricanes, pour recueillir de l'essence."

"Au même moment, une personne tentait d'arracher la batterie du véhicule", a-t-il ajouté. "Nous avons averti que le camion pouvait exploser à tout moment mais personne n'a voulu nous entendre. Nous avons alors poursuivi notre chemin. Mais à peine avions nous tourné les talons que nous avons entendu l'explosion."

Tirer les leçons de la tragédie

Artistes, sportifs, politiques et simples citoyens ont multiplié les messages de compassion aux victimes, alors que le drame a suscité une vive émotion dans l’ensemble du pays.

"J'adresse mes condoléances à tous ceux qui sont affectés, en particulier aux familles des victimes et je prie Dieu pour que ces victimes reposent en paix et que les blessés se rétablissent vite", a réagi le président tanzanien John Magufuli dans un communiqué diffusé par la présidence.

Le chef de l'État s'est dit "très choqué que les gens se ruent sur des véhicules accidentés pour piller leur cargaison".

"Il y a des véhicules qui transportent du fuel dangereux comme dans ce cas, à Morogoro", a-t-il déclaré. " Il y en a d'autres qui transportent des produits chimiques toxiques ou encore des explosifs. Arrêtons cette habitude, je vous en prie."

La plupart des victimes ont été inhumées dans le recueillement dimanche 11 août. Autorités politiques et religieuses ont appelé à tirer les leçons de la tragédie qui a endeuillé le pays.

Lors d'une cérémonie supervisée par le Premier ministre Kassim Majaliwa, les victimes ont été enterrées dans le cimetière de Kola, à moins de 20 minutes de route du lieu de la catastrophe.

Des prélèvements ADN ont été effectués sur la grande majorité des corps inhumés à l'exception de cinq d'entre eux qui ont pu être facilement reconnus par des proches. Les autorités n'ont pas précisé le nombre exact de victimes enterrées.

Au lendemain du drame, le chef de l'État a décrété un deuil national jusqu'à lundi inclus.

Avec AFP

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.