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À Hong Kong, des milliers de militants prodémocratie continuent de défier les autorités

La police tente de disperser des manifestants avec des gaz lacrymogènes durant une mobilisation à Tsim Sha Tsui, à Hong Kong, le 11 août 2019.
La police tente de disperser des manifestants avec des gaz lacrymogènes durant une mobilisation à Tsim Sha Tsui, à Hong Kong, le 11 août 2019. Anthony Wallace, AFP

Des milliers de manifestants étaient de retour dans les rues de Hong Kong, dimanche après-midi, bravant la chaleur, l'humidité et surtout la police, qui n'avait pas autorisé les défilés pour ce dixième week-end de mobilisation d'affilée.

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Des manifestants prodémocratie se sont rassemblés, dimanche 11 août, au cœur de Victoria Park, à Hong Kong, d'où ils ont entamé une marche non autorisée par la police. Des heurts entre manifestants et forces de l'ordre se sont à nouveau produits.

"Que le rassemblement soit illégal ne nous inquiète pas beaucoup (...), explique une manifestante de 25 ans qui se présente simplement sous son nom, Wong. Ce ne serait pas bon pour Hong Kong que tout le monde ait peur et que personne n'ose descendre dans la rue."

La police avait autorisé le rassemblement à Victoria Park mais pas la marche prévue à partir de là en direction de l'est de l'île de Hong Kong.

Les manifestants ont adopté ce week-end la stratégie "du chat et de la souris" pour essayer de minimiser les confrontations directes avec la police. "Notre objectif est d'éviter les blessures, le sang et les arrestations", explique un étudiant de 17 ans qui se trouvait à Victoria Park et dont le nom de famille est Chan.

Lancers de briques et tirs de gaz lacrymogènes

Les militants se sont mobilisés tout l'après-midi en différents lieux de la ville.

Dans le quartier ouvrier de Sham Shui Po, à Kowloon, où toute manifestation avait été interdite, des milliers de personnes ont érigé des barricades de métal et de plastique, et bloqué des routes près d'un poste de police.

Les forces de l'ordre ont procédé à des tirs de gaz lacrymogènes tandis que des cocktails Molotov ont explosé dans le centre de la ville. L'exécutif hongkongais a condamné des "rassemblements illégaux" et affirmé qu'un cocktail Molotov avait été jeté sur un policier.

Il "n'y a plus de lieux ou de durées définis susceptibles d'accueillir ces actes violents et illégaux qui privent la population de son droit de vivre sa vie quotidienne", a prévenu un porte-parole du gouvernement.

Trois revendications principales

À Wan Chai, où est situé le quartier général de la police et à Causeway Bay, sur l'île de Hong Kong, des manifestants ont également barré des rues, clamant le slogan "Reprendre possession de Hong Kong, la révolution de notre temps".

Non loin de là, à North Point, des rixes ont éclaté, impliquant des habitants pro-Pékin, des passants et des journalistes, si bien que la police a dû intervenir.

Samedi soir, la police antiémeute a tiré des gaz lacrymogènes et arrêté 16 personnes, mais les manifestants sont parvenus dans l'ensemble à éviter des confrontations musclées comme celles qui avaient eu lieu ces dernières semaines.

Les autorités ont aussi refusé une deuxième manifestation qui a débuté également dimanche après-midi avec plusieurs milliers de participants, dont beaucoup étaient vêtus de noir, casques jaunes sur la tête, dans le quartier ouvrier de Sham Shui Po, à Kowloon.

"Hong Kong tout entier est mobilisé contre l'exécutif"

Parallèlement, un sit-in se poursuivait pour le troisième jour d'affilée à l'aéroport international de Hong Kong. Les centaines de manifestants présents espèrent ainsi rallier à leur cause les visiteurs étrangers qui débarquent dans l'ex-colonie britannique.

"L'objectif, c'est d'occuper différents quartiers de la ville pour montrer que Hong Kong tout entier est mobilisé contre l'exécutif et que leurs revendications concernent absolument tout le monde", explique Antoine Védeilhé, envoyé spécial de France 24 à Hong Kong.

Les militants prodémocratie demandent l'élection d'un successeur pour Carrie Lam, la cheffe de l'exécutif, au suffrage universel direct, et non sa désignation par Pékin, comme c'est le cas actuellement. Ils exigent également une enquête sur les violences dont ils accusent la police, ainsi que l'abandon pur et simple du projet de loi controversé de l'exécutif hongkongais pro-Pékin qui voulait autoriser les extraditions vers la Chine.

Avec AFP

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