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Suicide en prison, théorie du complot, agressions sexuelles : le point sur l'affaire Epstein

Jeffrey Epstein avait été inculpé le 8 juillet 2019 d'exploitation sexuelle de mineures et d'association de malfaiteurs en vue d'exploiter sexuellement des mineures.
Jeffrey Epstein avait été inculpé le 8 juillet 2019 d'exploitation sexuelle de mineures et d'association de malfaiteurs en vue d'exploiter sexuellement des mineures. Stephanie Keith, AFP

Théories du complot et spéculations font rage depuis la mort, le 10 août, en prison, de Jeffrey Epstein, qui fut longtemps une figure de la jet-set avant d'être incarcéré pour de multiples agressions présumées sur mineures. Le point sur l'affaire.

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Le financier et figure de la jet-set américaine Jeffrey Epstein, accusé d'agressions sexuelles sur mineures, a été retrouvé inanimé, samedi 10 août, dans sa cellule new-yorkaise, avant que son décès soit prononcé dans un hôpital. Sa mort, qualifiée pour l’heure de "suicide apparent" par le procureur de New York, a immédiatement suscité de nombreuses théories du complot en raison de ses nombreuses connexions dans les cercles du pouvoir. De l’autre côté de l’Atlantique, cette affaire défraie la chronique.

  • Des accusations d’agressions sexuelles sur mineures

Jeffrey Esptein est mort en prison un mois après son arrestation, le 6 juillet, sur un aérodrome du New Jersey alors qu'il rentrait de France. Celui qui a fait fortune dans les années 1980 en fondant sa propre entreprise de gestion financière était accusé de trafic sexuel et de conspiration en vue de trafic sexuel, des charges passibles de quarante-cinq années de prison. Son procès devait s’ouvrir au plus tôt en juin 2020.

Cette affaire a fait apparaître au grand jour un réseau tentaculaire de collégiennes et de lycéennes qui auraient été recrutées pour satisfaire l'appétit sexuel de cet ancien professeur de mathématiques.

C’est dans le secret de ses propriétés somptueuses de Palm Beach, New York ou encore de son île privée dans les Îles vierges britanniques que se seraient déroulés les faits. Selon les enquêtes des autorités américaines et les multiples actions en justice de victimes présumées – des dizaines de jeunes filles, certaines âgées de 14 ans seulement –, se succédaient dans ces lieux.

Pour s'assurer un flux continu, il avait missionné une armée de recruteuses, souvent à peine plus âgées que leurs cibles, qu'elles approchaient en douceur, présentant Jeffrey Epstein comme un bienfaiteur. Mais ces séances de massage tournaient presque toujours aux rapports sexuels forcés. Des jeunes filles "de milieu défavorisé", voilà le profil type des recrues que le procureur fédéral de Manhattan, Geoffrey Berman, a décrit comme une "toile" en "constante expansion".

  • Un premier accord de plaider-coupable

Jeffrey Epstein avait déjà été visé par des accusations similaires en 2007 en Floride. Pas moins de 40 victimes avaient alors été identifiées. Grâce à un accord de plaider-coupable, il avait évité un procès et avait été condamné à treize mois de prison durant lesquels il était autorisé à quitter sa cellule pendant la journée pour se rendre à son bureau. Son nom avait aussi été inscrit au fichier des délinquants sexuels.

Un certain Alexander Acosta était procureur de Floride à l’époque. Nommé secrétaire au Travail par Donald Trump, l’ancien juriste a remis sa démission dans la semaine qui a suivi la seconde incarcération de Jeffrey Epstein.

  • Des personnalités internationales

Des centaines de pages de documents judiciaires, rendus publics vendredi 9 août, ont permis de confirmer que Jeffrey Epstein a longtemps été une figure incontournable des soirées mondaines new-yorkaises et qu’il était proche de nombreuses personnalités, y compris les présidents Bill Clinton et Donald Trump ou le prince Andrew, fils de la reine Elizabeth II.

D’après ces mêmes documents, une certaine Virginia Giuffre, qui avait intenté une action au civil, cite plusieurs personnalités avec lesquelles elle aurait été forcée par Jeffrey Epstein d'avoir des relations sexuelles. Parmi eux, un ancien sénateur du Maine, une sommité scientifique du MIT, un professeur de droit de Harvard ou encore un ancien gouverneur du Nouveau Mexique. Tous ont démenti.

  • Les liens avec la France

Les secrétaires d'État Marlène Schiappa (Égalité femmes/hommes) et Adrien Taquet (Protection de l'enfance) ont réclamé lundi 12 août l'ouverture d'une enquête en France concernant l'affaire Jeffrey Epstein.

"L'enquête américaine a mis en lumière des liens avec la France. Il nous semble ainsi fondamental, pour les victimes, qu'une enquête soit ouverte en France afin que toute la lumière soit faite", écrivent les deux ministres dans un communiqué, sans donner plus de détails à ce stade.

Dans une lettre adressée au procureur de la République de Paris et reproduite sur le site de L'Obs, l'association Innocence en danger indique lui avoir adressé un signalement le 23 juillet, dans la foulée de l’arrestation du financier. Dans ce courrier, elle souligne que "la France est concernée par ce dossier puisque des investigations menées par le FBI font apparaître plusieurs personnes de nationalité française". L’une de ces personnes serait le dirigeant d’une célèbre agence de mannequinat.

Innocence en danger cite une "source fiable" selon laquelle "plusieurs victimes du réseau prostitutionnel créé par Jeffrey Epstein et ses complices sont également de nationalité française".

    • Les théories du complot

    Dans l’attente des résultats de son autopsie, les spéculations vont bon train autour de son décès, que certains sur les réseaux sociaux qualifient de meurtre. Jeffrey Epstein avait invité de nombreux puissants dans ses jets privés ou à ses soirées. Certains d'entre eux risquaient de se retrouver, sinon dans le viseur de la justice, au moins dans l'embarras à l'approche de son procès.

    Donald Trump a lui-même encouragé les théories les plus folles, en retweetant une vidéo affirmant qu'Epstein "avait des informations sur [l'ex-président] Bill Clinton" et en sous-entendant que cela serait lié à sa mort.

    De nombreuses personnalités politiques ont exigé des explications de l'administration pénitentiaire et du ministère de la Justice. La prison où se trouvait Epstein, le Metropolitan Correctional Center, est réputée l'une des plus sûres du pays.

    Le ministre américain de la Justice William Barr s'est dit lui-même dès samedi effaré, et a annoncé l'ouverture de deux enquêtes, l'une du FBI, l'autre des services de son ministère, sur les circonstances de la mort du détenu. Sans attendre leurs résultats, des responsables pénitentiaires anonymes ont indiqué, dimanche, à certains médias que les procédures prévues pour la surveillance de Jeffrey Epstein n'avaient pas été respectées. Des rondes prévues toutes les 30 minutes n'avaient pas eu lieu, il était seul dans sa cellule alors que la règle veut qu'ils soient deux. De plus, les gardes en charge de sa surveillance faisaient tous deux des heures supplémentaires. Ces informations n’ont fait qu’alimenter les différentes théories du complot.

    Avec AFP et Reuters

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