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Une fête de l'Aïd sous tension au Cachemire

Des forces de sécurité montent la garde dans une rue à Srinagar, le 11 août 2019.
Des forces de sécurité montent la garde dans une rue à Srinagar, le 11 août 2019. Sajjad Hussain, AFP

Dans la vallée du Cachemire, qui subit un black-out total imposé par les autorités indiennes, la célébration de l'Aïd, l'une des fêtes les plus importantes pour les musulmans, risque d'être perturbée, lundi.

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Le confinement imposé par les forces de sécurité à Srinagar, la principale ville du Cachemire sous contrôle indien, risque de compliquer, lundi 12 août, la tradition consistant à sacrifier un mouton pour la fête musulmane de l'Aïd al-Adha.

L'année dernière, Bashir Ahmad avait fait l'acquisition de cinq moutons pour l'occasion, mais, cette fois, il est bredouille. "Je ne pense pas que je sois en mesure d'acheter un mouton cette année et de l'offrir en sacrifice", confie-t-il avec regret. "Les prix sont trop élevés. Les marchands disent qu'ils risquent leur vie pour venir dans les rues", se plaint quant à lui Shakeel Bhat qui a fait dix kilomètres à pied pour arriver au marché de Srinagar.

Le Premier ministre indien, Narendra Modi, un nationaliste hindou, avait pourtant assuré que les musulmans, qui sont majoritaires au Cachemire, pourraient célébrer sans difficulté l'Aïd, célébré une semaine jour pour jour après la révocation de l'autonomie institutionnelle de cette région et la mise en place d'un couvre-feu.

Rassemblements interdits

En temps normal, ce sont des dizaines de milliers de moutons et de chèvres qui sont mis à mort pour cette importante fête musulmane, leur viande étant ensuite distribuée aux proches et aux orphelinats. Mais cela pourrait bien ne pas se reproduire cette année, car, afin d'assurer la sécurité, les autorités indiennes, appuyées par des cohortes de paramilitaires, ont pris des mesures très strictes qui interdisent les grands rassemblements.

Les marchands ne cachent pas non plus pas leur frustration. C'est le cas de Shamsher Khan et de ses deux frères qui appartiennent à la communauté nomade du Cachemire et élèvent depuis des lustres des moutons et des chèvres tout au long de l'année en vue de les vendre à l'occasion de l'Aïd. Samsher Khan a ainsi marché près de 250 km pour se rendre avec son troupeau de 150 moutons du district de Reasi à Srinagar, la semaine passée.

>> À lire aussi : Au Cachemire, Narendra Modi réalise un vieux rêve du nationalisme indien

"Presque personne n'ose sortir de chez lui"

"Nous ne faisons pas de ventes cette année. Les gens n'ont pas de liquidités et la situation est si mauvaise que presque personne n'ose sortir de chez lui" pour aller au marché, déplore-t-il. "Notre seule source de revenus, c'est quand à cette occasion (l'Aïd, NDLR) nous vendons notre troupeau et gagnons de l'argent pour subvenir à nos besoins pendant l'année à venir", poursuit Samsher Khan.

Et ce alors que le chef du gouvernement a promis que la fin de l'autonomie du Cachemire indien non seulement permettrait d'y éradiquer le terrorisme et le séparatisme mais favoriserait son développement économique.

"Pas libre de pratiquer notre religion"

Shuja Rasool, un habitant de cette région himalayenne, ne décolère pas, allant jusqu'à estimer que les mesures prises par New Delhi constituent une "ingérence dans notre religion". Après s'être fidèlement conformé 32 ans durant à la tradition, lui non plus n'a pas réussi à se procurer les sommes nécessaires à l'achat d'animaux à sacrifier.

"Nous ne sommes pas libres de pratiquer notre religion, cela me rend très triste", lâche-t-il.

Avec AFP

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